31.03.2009

Les internautes invités à participer à la réforme de la recherche (France Info)

France-info.com - PARIS, 31 mars 2009 (AFP) - Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a ouvert mardi au public un forum sur internet pour enrichir les travaux de neuf groupes de travail installés il y a trois mois et chargés de définir les priorités de la recherche en France dans les 4 ans à venir.

Les travaux de ces groupes, qui doivent se conclure en juin et déboucher sur "un document de référence sur la stratégie à 4 ans", "ont vocation à devenir la référence pour la définition de l’allocation des moyens au budget de l’Etat", a déclaré la ministre Valérie Pécresse devant les membres de ces groupes. Les groupes sont composés de dizaines de représentants du monde universitaire, de l’industrie, du monde associatif et des ministères. Le forum internet s’articule autour de trois grandes rubriques : "Repousser les frontières de la connaissance", "Rapprocher recherche, innovation et société", et "Renforcer par l’innovation l’attractivité et la compétitivité de nos territoires". "Les internautes disposeront de trois semaines pour enrichir les premières propositions des groupes de travail", selon un communiqué du ministère. "Je voudrais que nos concitoyens aient une vision très positive de la recherche", a encore dit Mme Pécresse, qui a souligné la nécessité de communiquer "en amont" pour éviter des blocages sur certaines innovations, afin que les scientifiques puissent travailler "sereinement". La consultation internet est ouverte jusqu’au 19 avril sur le site http://forums.snri.enseignmentsup-recherche.gouv.

Le site de Rennes 2 fermé jusqu'à nouvel ordre (Le Télégramme)

LeTelegramme.fr - Le président de l'université de Rennes 2 Marc Gontard a annoncé ce mardi la fermeture administrative "jusqu'à nouvel ordre" de l'établissement, invoquant notamment les problèmes de sécurité sur le campus.

Bastion de la fronde contre les réformes universitaires du gouvernement, Rennes 2 avait recommencé la semaine dernière à fonctionner partiellement, une assemblée générale d'environ 3.000 étudiants s'étant prononcée pour un blocage deux jours par semaine, lors des mobilisations nationales.

"Cagoulés ou armés de batons"

Mais hier, lundi, une nouvelle assemblée générale de près d'un millier de personnes, qualifiée de "sauvage" par le président de l'université, a de nouveau voté un blocage total de l'établissement. Et ce matin, les étudiants et personnels arrivant sur les lieux se sont trouvés confrontés à "environ 150 bloqueurs, dont certains cagoulés ou armés de bâtons", a déclaré Marc Gontard.

"On ne peut pas continuer comme ça"

"La situation était très tendue et dangereuse, on ne peut pas continuer comme ça", a-t-il dit. La fermeture a été décidée "sans date de réouverture", a précisé Marc Gontard, qui affirme ne plus pouvoir compter désormais que sur la mobilisation des étudiants non bloqueurs et des syndicats pour débloquer la situation.

Le débat Pécresse-Fabbri (Libération)

Liberation.fr - Après 9 semaines de conflit entre le gouvernement et les enseignants-chercheurs, Libération a organisé un débat entre la ministre de l'enseignement supérieur et le responsable du principal syndicat du supérieur.

Neuf semaines de conflit, plus long qu’en 1968 ! Avec grèves, manifestations, initiatives publiques (die-in, lectures, freezings), soutenues par un front allant des contestataires les plus à gauche aux doyens de droit. Le projet sarkozyste de remodelage de l’université et de la recherche s’est heurté à une révolte puissante des universitaires. Ebranlé, le gouvernement a fait, et fera, des concessions. Leur ampleur va mesurer la capacité de «résistance» à l’offensive ultra-libérale. Elles se jouent dans les contacts entre le gouvernement et les acteurs syndicaux, mais dépendent aussi de la capacité du mouvement à peser sur ce début de discussions, avec la journée de manifestations du 2 avril en prochain rendez-vous.

Libération a organisé un débat entre Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, et Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup-FSU. Ils débattent des principaux points des réformes engagées par le gouvernement qui fâchent les universitaires. Vous pouvez retrouver la synthèse des extraits les plus intéressants de ce débat en kiosque, dans Libération du mardi 31 mars.


Textes des décrets modifiant le statut des enseignants-chercheurs et le CNU après les votes du CTPU des 24 et 25 mars (31 mars 2009) (Sauvons l'Université)

SauvonslUniversité.com

Pour lire les amendements et les décrets modifiés, veuillez ouvrir les documents ci-dessous.

Documents joints

La sécurité de l'emploi

Depuis le début du mouvement, dans la rue, les insultes des passants fusent contre les étudiants et les professeurs.

Une petite réponse, juste pour rire un peu. Ceux qui insultent les professeurs ne voudraient pas faire ce métier... Etrange.

Compte-rendu de la rencontre entre l’intersyndicale et V. Pécresse le 30 mars 2009 (Sauvons l'Université)

SauvonslUniversite.com - Lundi 30 mars, l’ensemble des organisations syndicales étaient invitées au ministère pour une réunion sur la recherche. Les organisations de la CGT, de la FSU, de SUD ; de FO ont intégré les associations SLR et SLU à leur délégation. Les accès au ministère étaient bloqués par tout un dispositif policier. Nous avons dû parlementer pendant 20 minutes pour faire entrer SLR et SLU.

Après une déclaration liminaire de la ministre sur l’importance de la recherche, la délégation a lu le texte présenté ci-dessous qui reprend les revendications d’ensemble des personnels des universités et des organismes de recherche.

Les autres organisations non signataires sont intervenues, en insistant sur quelques points souvent proches de notre déclaration. Dans l’ensemble, le protocole de discussion que nous avons choisi et imposé à V. Pécresse a permis d’obtenir des réponses claires, ou à peu près, sur un certain nombre de points et a laissé moins de place à l’interprétation que ses réponses habituelles.

La ministre a commencé par un discours d’autosatisfaction sur sa politique, notamment en matière budgétaire. Elle a fait l’éloge du Crédit Impôt Recherche, envié selon elle par Obama et Mme Merkel. Elle rappelle que depuis janvier 2009 il profite plus à la recherche publique par un mécanisme qui favorise la sous-traitance de la recherche privée par les laboratoires publics (doublement du crédit dans ce cas). Elle se prononce pour une évaluation de cet impôt (nombre de docteurs recrutés, aide aux labos publics).

la ministre n’a donné aucune réponse satisfaisante à nos questions. Seule petite évolution le financement possible des chaires par d’autres moyens que des postes pris dans les EPST, tout en gardant le principe de la chaire. Il a fallu la contraindre à répondre à nos questions. Rien sur les suppressions d’emploi 2009, et refus d’un plan pluriannuel de création d’emploi, car elle s’inscrit dans la politique de Nicolas Sarkozy de suppression d’un poste de fonctionnaire pour deux départs en retraite. Elle a proposé 6 groupes de travail : certains aspects du plan carrière, les modalités de recrutement sur les chaires, la prospective de l’emploi scientifique, les UMR, les contrats d’objectifs et de moyens, les modalités de versement du préciput de l’ANR.

La ministre a commencé par répondre aux questions les plus faciles et les plus qualitatives. Nous avons regroupé ses réponses en respectant l’ordre des questions.

1. Mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires, notamment pour résorber la précarité. Suppression des chaires. Restitution des 1030 emplois supprimés en 2009.

Réponse négative car le président de la république s’est engagé dans sa campagne électorale à supprimer un poste de fonctionnaire pour deux départs en retraite. Elle a réussi à limiter à un poste pour 6 retraites. Elle ne peut pas rendre les postes supprimés en 2009 ni s’engager pour les années suivantes. De plus, elle prétend ne pas arriver à collecter les chiffres de l’emploi ! Le seul point qu’elle accepte de discuter c’est les 130 postes boqués pour les chaires, dont elle fait observer que le gel ne correspond pas « à la volonté du législateur ». Elle est prête à trouver un autre financement mais tient absolument à maintenir le principe des chaires qui favorisent l’excellence. Elle accepte de discuter des modalités de leur mise en place.

2. Retrait du projet de décret sur les enseignants chercheurs et du projet de décret sur le contrat doctoral

Non sur le retrait du décret des EC qui a été discuté en CTPU la semaine dernière. Le contrat doctoral sera discuté en CTP ministériel le 6 avril. Elle liste les révisions qu’elle a déjà annoncées.

3. Retrait du projet de réforme actuelle de formation des enseignants et des concours de recrutement

Les interlocuteurs, ce n’est pas vous, nous sommes là pour parler de recherche. Il y a des négociations en bilatérale avec Darcos et moi-même et les syndicats de l’enseignement secondaire et primaire.

4. Arrêt du démantèlement des organismes et réouverture des discussions sur les contrats Etat-Organismes. L’Etat doit s’engager sur les moyens nécessaires, notamment les postes et les crédits de base, pour chaque contrat. C’est notamment le cas pour le projet actuel de contrat Etat-CNRS. Le contrat Etat-CEMAGREF doit être revu. L’Inserm ne doit pas se transformer en en agence de financement mais rester un EPST de plein exercice. Le projet de consortium de l’agroalimentaire doit être abandonné et retiré de l’ordre du jour du prochain CA de l’INRA.

Elle affirme qu’elle n’a jamais voulu démanteler les organismes, pas plus que le président de la république ! Elle souhaite des organismes de recherche confortés dans leur rôle d’agence de moyens et pouvant jouer un rôle dans la programmation de l’ANR. Elle donne son accord pour discuter du contrat d’objectif et de moyens qui doit être adopté en juin pour le CNRS en précisant que sa structuration en 10 instituts accroîtra sa visibilité. Elle est prête à s’engager sur les moyens ‘(sans préciser s’ils doivent augmenter). Elle refuse d’arrêter le consortium de l’agro-alimentaire, et de retirer ce point du prochain CA de l’INRA. Pour l’INSERM, aucune inquiétude à avoir, car le décret qui vient d’être publié conforte l’INSERM dans son rôle d’EPST de plein exercice.

5. Arrêt du processus de « déUMRisation ». Statut unique des UMR dans le cadre d’un partenariat équilibré entre leurs tutelles scientifiques. Les organismes et les universités doivent être co-opérateurs de recherche pour les unités auxquelles participent leurs personnels. Les UMR doivent être libres de choisir leurs gestionnaires.

La ministre ne veut pas de déUMRisation. Elle l’a déjà écrit, dit-elle. Elle nous demande de lui indiquer les cas et est prête à intervenir. Elle signale que l’IRD va être entièrement UMRisée. Les UMR auront 2 tutelles. Le gestionnaire doit être l’hébergeur. Affaire à suivre, car ce n’est pas tout à fait la logique du COM du CNRS !

6. Evaluation des unités de recherche par les instances scientifiques représentatives existantes (Comité national, etc.) comme le permet la loi.

La ministre refuse de transférer l’évaluation aux instances scientifiques représentatives. Elle maintient le rôle de l’AERES, qui sera elle-même évaluée par un organisme européen de certification fin 2009.

7. Reversement aux organismes et aux universités au profit du soutien de base des laboratoires et pour la transformation des emplois sur CDD en postes statutaires des financements de l’ANR

La ministre rejette nos demandes. Les organismes doivent porter la programmation de l’ANR. Elle est prête à accepter l’augmentation du préciput et discuter de sa répartition entre l’hébergeur et le laboratoire. Elle a dit que les crédits de l’ANR ne devaient pas faire baisser la dotation de base des labos. Est-ce la reconnaissance du fait que l’ANR déstabilise les labos ? Elle est prête à augmenter les programmes blancs à 50% des appels d’offre ANR. Malgré notre insistance, elle a nié l’existence de contractuels sur fonctions de nature permanente. Pour elle, il n’y aurait, à l’ANR, que des post doc et elle se félicité que ces derniers trouvent facilement un emploi. Elle prétend ne pas avoir les mêmes chiffres que nous sur la précarité.

8. Un engagement à reprendre les discussions sur la revalorisation des salaires et des carrières, sur des bases indiciaires et statutaires mais non indemnitaires.

Elle refuse de remettre en cause la revalorisation sur la base d ‘un système indemnitaire individualisé. (prime d’excellence scientifique, et primes de performance). Elle est prête à discuter des carrières, mais n’a pris aucun engagement.

Au bout de deux heures, les organisations signataires ont demandé une suspension de séance et sont revenues pour lire le communiqué ci-dessous, avant de quitter la salle.

Les organisations syndicales et les collectifs qui viennent d’interpeller avec clarté le gouvernement après 8 semaines de grève et de manifestations, constatent avec stupeur et colère son immobilisme auto-satisfait sur l’ensemble des revendications. Madame la Ministre, des milliers de collègues et d’étudiants n’ont comme seul recours que l’amplification de leur mobilisation, et en premier lieu la manifestation du 2 avril.

Appel de la Coordination Nationale Etudiante de Tolbiac (28-29 Mars) (StrasbourgEnLutte.com)

StrasbourgEnLutte.com - Nous, étudiant-e-s mobilisé-e-s, délégués de 39 universités, en lutte depuis mi-janvier sommes réunis ces 28 et 29 mars à Tolbiac Paris I (Saint-Hippolyte) pour la VIe coordination nationale étudiante (CNE). Nous réaffirmons que la CNE, émanation directe des Assemblées Générales qui réunissent des dizaines de milliers d’étudiant-e-s en France, est la seule et unique instance légitime pour représenter le mouvement étudiant dans son ensemble et qu’aucune direction syndicale ou politique ne saurait se substituer à son rôle.

Nous constatons que la mobilisation se poursuit dans les universités. Il est important d’amplifier la grève, mais aussi de l’étendre à d’autres secteurs. De la maternelle à l’université, mêmes attaques, même combat ! Etudiant-e-s, enseignant-e-s, lycéen-ne-s se sont mobilisés pour l’instant tour à tour. Il est temps d’agir tou-te-s ensemble en même temps. Nous appelons aux manifestations communes « de la maternelle à l’université » du 2 et du 8 avril.

Après le 19 mars, nous dénonçons l’attentisme des directions syndicales. La seule stratégie conséquente est la construction de la grève générale qui seule peut nous permettre de gagner sur nos revendications. A cet égard, les organisations syndicales doivent prendre leurs responsabilités et s’inscrire dans cette perspective. Sans attendre, construisons à la base partout un front unitaire réunissant étudiant-e-s, lycéenne- s, salarié-e-s, précaires, chômeur-euse-s organisations et collectifs pour poser des perspectives, notamment par des AG et forums interprofessionnels dans la réalisation concrète d’une véritable convergence des luttes. Nous proposons une journée d’action interprofessionnelle le 7 avril.

Nous dénonçons la tactique du gouvernement qui vise à diviser le mouvement par des effets d’annonce. Nous répondons : Darcos a été obligé de reculer d’un an la mise en place de la masterisation. C’est le produit de la lutte et de la non-remontée des maquettes des diplômes. Mais comme pour le reste, nous ne voulons pas de report mais le retrait. Nos revendications sont claires et plus que jamais nous exigeons l’abrogation de la LRU, l’abandon de ses différents plans d’application et le retrait des décrets qui en découlent :

Plan Campus
Plan réussite en Licence
réforme dite de la « masterisation de la formation des personnels éducatifs »
réforme du financement des universités sur des critères de performance
réforme du contrat doctoral unique
réforme du statut des enseignants-chercheurs

Globalement nous rejetons toute la politique universitaire initiée depuis le processus de Bologne qui impose une même logique de rentabilité et de mise en concurrence des universités sur l’Europe entière (contre-sommet de Louvain les 28 et 29 avril prochains qui s’oppose à ce processus). Cela se traduit concrètement par les différentes mesures contre lesquelles nous luttons actuellement.

Aujourd’hui un-e étudiant-e sur deux est contraint de se salarier pour financer ses études. Avec la destruction du système d’aide sociale, le démantèlement des CROUS (rapport Lambert) et du planning familial, la dégradation des conditions de vie va encore s’aggraver. Aussi, nous réclamons l’augmentation en nombre et montant des bourses sur critères sociaux et leur indexation sur le coût de la vie ainsi que la construction massive de logements sociaux.

Nous demandons également le retrait immédiat du projet de loi sur les prêts étudiants qui ouvre la porte à une augmentation des frais d’inscription. Toute forme de sélection à l’université est inacceptable. Nous réaffirmons notre attachement à un système éducatif totalement public, gratuit, laïc et accessible à tou-te-s. La mission de l’université ne doit pas être la marchandisation du savoir, ni une professionnalisation à outrance, mais bien la diffusion de connaissances et la promotion de l’esprit critique, et la délivrance de diplômes de qualité reconnus par les conventions collectives donnant accès à des droits sur le marché du travail. Face aux mouvements sociaux en cours, la seule réaction des dirigeant-e-s est le déploiement d’un arsenal sécuritaire particulièrement violent (vigiles, forces de l’ordre sur les campus, arrestations massives, contrôles d’identités, fichages…) et la criminalisation de la contestation. Nous appelons au soutien de tout-e-s nos camarades victimes de la répression policière, judiciaire et administrative et à l’abandon de toutes les poursuites engagées, ainsi qu’à la création de collectifs de soutien.

Parmi les plus touché-e-s par ce système oppressif, se trouvent aussi en première ligne les sans-papier. Nous soutenons leur lutte et exigeons la régularisation immédiate et inconditionnelle de chacun-e d’entre eux/elles.

La coordination nationale appelle tou-te-s les étudiant-e-s à continuer la grève jusqu’à satisfaction, à la radicalisation, à l’extension du mouvement et :
à amplifier les blocages d’universités, à tenir des piquets de grève en continu ou, à défaut, les jours de mobilisation nationale
au blocage économique
au blocage des CA Nous appelons à la participation aux journées :
du 2 avril, manifestation nationale de la maternelle à l’université appelée par la CNU
du 7 avril, journée d’action interprofessionnelle
du 8 avril, manifestation nationale de la maternelle à l’université appelée par la CNU

La prochaine CNE se tiendra à Orléans le 4 et 5 avril.

Le village anti-OTAN s'installe à Strasbourg (StrasTV.com)

Interview de MAM à Strasbourg (DNA)

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