30.04.2009

STRASBOURG - MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE - VENDREDI 1er MAI 2009

MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE

VENDREDI 1er MAI 2009

RASSEMBLEMENT UNIVERSITAIRE à 9h30

DEVANT LA FAC DE DROIT

Université de Caen : le conseil d'administration interrompu par les militants du mouvement étudiant (Ouest France)

Ouest-France.fr - Le conseil d'administration de ce jeudi après-midi n'a pu aller à son terme. Une cinquantaine de militants du mouvement étudiant l'ont interrompu au bout d'une heure. "Majoritairement des étudiants, qui n'avaient pas préalablement demandé à être entendus et qui n'ont pas formulé de demande précise", commente la présidente de l'université Josette Travert, qui a suspendu la séance.Plusieurs membres du conseil expriment leur "inquiétude et dénoncent cet acte" par le biais d'un communiqué. Celui-ci ajoute que le conseil d'administration "s'est prononcé à plusieurs reprises contre les réformes en cours."

Universités : le bras de fer se durcit sur les examens (AFP)

ALeqM5hpyde1M2f65Kn_XlW3gM4-_P9fXg?size=s2PARIS (AFP) — L'épreuve de force sur les examens universitaires s'est durcie jeudi, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse affirmant qu'ils se tiendraient "dans de bonnes conditions" en réponse à la coordination nationale des universités qui appelle à ne pas les organiser.

"Les rattrapages auront lieu et les examens se tiendront dans de bonnes conditions", a affirmé sur France 2 Mme Pécresse.

Elle répondait à l'appel lancé mercredi soir par la Coordination nationale des universités (CNU) réunie à Paris-IV "à ne pas organiser la tenue des examens jusqu'à la satisfaction de ses revendications".

La CNU, à l'origine du lancement du mouvement de grève dans les universités le 2 février, continue la mobilisation pour obtenir le retrait des réformes contestées.

Elle s'oppose notamment au décret réformant le statut des enseignants-chercheurs et à la réforme de la formation des enseignants des premier et second degrés.

Jugeant cet appel "irresponsable" et contraire" aux valeurs de l'université, Mme Pécresse en a appelé "à la responsabilité éminente des présidents d'université" et "des doyens", qui organisent les examens.

Interrogée par l'AFP, la porte-parole de la Conférence des présidents d'universités (CPU) Simone Bonnafous, a condamné cet appel, estimant qu'"on ne peut pas sacrifier l'année des étudiants", tout en jugeant "hyper minoritaires" les enseignants qui pourraient mettre à exécution une telle menace.

"Il y a beaucoup de gens responsables à l'université", a-t-elle ajouté. En tout état de cause, "des solutions" seront trouvées "au cas par cas", a-t-elle assuré.

La Fage, deuxième organisation étudiante, a pour sa part "condamné" un "appel irresponsable à prendre en otage les étudiants" estimant que "la fin ne justifie pas tous les moyens".

De son côté, le président de l'Unef (premier syndicat étudiant), Jean-Baptiste Prévost, a déploré que l'on "fasse un cadeau au gouvernement" en "enfermant le débat sur la question des examens universitaires".

"A Valérie Pécresse de permettre les conditions d'une sortie de crise en apportant aux étudiants et personnels mobilisés les réponses qui s'imposent", a-t-il lancé.

"Ca fend le coeur d'avoir à voter une telle motion, mais on en arrive à un point où on doit appeler à la non-tenue des examens. La balle est dans le camp des deux ministres (Mme Pécresse et Xavier Darcos, ministre de l'Education, ndlr) maintenant", avaient fait valoir les responsables de la CNU, en justifiant leur appel.

Par ailleurs, selon la CNU, 14 universités (sur 83 au total) ont appelé au "boycott des jurys de baccalauréat" où siègent des professeurs d'université.

Un appel plutôt symbolique: en effet, si un enseignant-chercheur désigné comme président de jury refusait ou était dans l'impossibilité de présider, il serait alors remplacé par un autre enseignant ou bien par le vice-président du jury (un enseignant de collège ou lycée).

De plus, les jurys de bac de cette année n'ont pas encore été désignés, a expliqué le ministère de l'Education.

Les conditions d'achèvement de l'année universitaire, quoi qu'il en soit, restent marquées d'un point d'interrogation, alors que le mouvement de fronde dans les universités vient d'atteindre sa treizième semaine.

De nouvelles actions et manifestations sont prévues en mai et juin et des universités (Paris-IV, Bordeaux-III, Toulouse II) n'ont toujours pas repris les cours.

Les appels à la reprise des enseignements se sont multipliés, émanant de certains syndicats d'enseignants ou d'organisations étudiantes européennes.

Université de Bourgogne : la présidente appelle à la levée du blocage (VousNousIls.fr)

VousNousIls.fr - La présidente de l'université de Bourgogne, Sophie Béjean, a lancé un "appel solennel pour la levée du blocage dès mardi 5 mai" du bâtiment Droit et Lettres et a annoncé un "plan de rattrapage des cours", jeudi dans un communiqué.

Les accès du bâtiment Droit-Lettres de l'université de Bourgogne sont obstrués par des monceaux de chaises empilées depuis le 27 mars et ce blocage a été reconduit dernièrement, par une assemblée générale hostile à la réforme, d'un millier d'étudiants, jusqu'au 5 mai.

"Les examens devront se dérouler dans des conditions normales pour garantir la sérénité nécessaire à la réussite et à l'équité des étudiants. Pour cela, la liberté d'accès au bâtiment Droit-Lettres doit être retrouvée au plus vite", a déclaré Mme Béjean.

Et la présidente d'"en appeler à la responsabilité de tous" et de faire "un appel solennel pour la levée du blocage, dès ce mardi 5 mai".

Par ailleurs la présidente a annoncé la "mise en place d'un plan de rattrapage des cours mobilisant l'ensemble des bâtiments du campus dijonnais".

Selon elle, "chaque jour 350 à 500 cours seront délocalisés" ce qui permettra "de maintenir les examens du 18 au 29 mai prochain".

Quelques filières, toutefois "sont concernées par un décalage des examens d'une à deux semaine", a toutefois reconnu Mme Béjean.

Le tribunal administratif de Dijon a rejeté, le 13 avril dernier, la requête de l'organisation étudiante Uni (droite) demandant la "libération" des locaux "au besoin en s'assurant le concours de la force publique".

L'université de Bourgogne regroupe quelque 27.000 étudiants, 2.000 enseignants-chercheurs et 1.500 agents administratifs et techniques.

Valérie Pécresse : "les examens se tiendront" (France 2)

image_46805068.jpgInfo-France2.fr - Pour la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, les épreuves auront lieu "dans de bonnes conditions"

Elle répondait sur France 2 à l'appel de la Coordination nationale des Universités qui avait appelé mercredi les enseignatns-chercheurs et les personnels administratifs à ne pas organiser la tenue des examens jusqu'à la satisfaction de ses revendications".

"Irresponsable" a jugé la ministre.

"Contraire aux valeurs de l'université"
Fermement, Mme Pécresse a déclaré : "je mettrai tout en oeuvre pour que les rattrapages aient lieu. Les rattrapages auront lieu et les examens se  tiendront dans de bonnes conditions", jugeant que "ce que dit la Coordination est radicalement contraire" aux valeurs de l'université et que c'"est irresponsable".

Elle en appelle ainsi "à la responsabilité éminente des présidents d'université" et "des doyens" car "c'est à eux d'organiser les examens . S'il y a des défections ils peuvent faire appel à d'autres enseignants" et si des enseignants "pressentis ou qui ont dans leur service l'obligation de faire passer les examens ne le font pas, ça s'apparente à du service non fait" qui  sera donc "requalifié en fait de grève" avec "retenues sur salaire possibles".
"Il est inconcevable quand on est universitaire de refuser de faire passer  les examens  à ses étudiants", a estimé Mme Pécresse, selon laquelle le gouvernement a répondu aux "inquiétudes, une par une".

"L'autonomie est la clé de tout succès"
S'agissant de la réforme du statut des enseignants-chercheurs, dont le décret a été publié samedi, elle a précisé : "Nous rédigeons actuellement une circulaire d'application pour garantir aux universitaires que ce décret ne donnera pas lieu à ce qu'on pourrait appeler des abus de faiblesse, c'est-à-dire que ce décret ne serait pas une façon pour la direction d'une université de profiter de ce qu'une personne est jeune ou inexpérimentée pour lui faire faire des services qu'elle ne veut pas faire. Aujourd'hui l'accord de tout universitaire est nécessaire pour la modification de son service".

Jugeant que l"autonomie c'est la clé de tout succès" pour les universités, elle a fustigé la "radicalisation" de certains de ses détracteurs, évoquant "la séquestration de présidents", la "violence de groupes cagoulés" qui font  irruption "dans des salles où les professeurs essaient de rattraper les cours".

Universités : Bataille sur les examens entre la CNU et Pécresse (Actualitte.com)

Actualitte.com - Alors que la manifestation d'hier n'a pas rameuté grand monde dans les rues - lassitude ou fin de combat ? - la coordination nationale des universités a appelé « les enseignants-chercheurs et les personnels administratifs à ne pas organiser la tenue des examens jusqu'à la satisfaction de ses revendications ».

Pas d'examens, la balle dans le camp des ministres

Pour la CNU, il est impératif que ces examens n'aient pas lieu, mais pour Mme Hatchuel, professeur d'anglais au Havre la situation a pris une tournure fatale. « C'est bien dommage d'en arriver là, ça fend le coeur d'avoir à voter une telle motion, mais on en arrive à un point où on doit appeler à la non-tenue des examens. La balle est dans le camp des deux ministres maintenant » précise-t-elle, en évoquant les deux ministres.

Demain, une grande journée de manifestation est encore attendue et la CNU a voté hier « la poursuite de la grève dans les universités et les laboratoires ». En effet, 49 universités sur 83 « retiennent les notes du premier semestre ; 51 universités sont en grève totale ou partielle ; 44 universités sont bloquées ; 14 universités ont appelé au boycott des jurys de baccalauréat ».

Pécresse monte au créneau : que si des examens !

Réaction immédiate ou presque ce matin sur France 2 de la concernée, Valérie Pécresse pour qui « les examens se tiendront dans de bonnes conditions ». Et d'accuser la CNU avec son appel de la veille d'irresponsabilité crasse. D'ailleurs, la réponse de la ministre est implacable : rattrapages et examens auront lieu, elle mettra « tout en oeuvre » pour que ce soit le cas.

Invoquant la sagesse des doyens d'universités, qui sont les garants des examens, la ministre brandit le bâton - avec lequel elle se fera battre. « Il est inconcevable quand on est universitaire de refuser de faire passer les examens à ses étudiants », d'autant que si des petits malins « pressentis ou qui ont dans leur service l'obligation de faire passer les examens ne le font pas, ça s'apparente à du service non fait ». Et dans ce cas, des retenues sur salaire pourraient avoir lieu.

Enfin, alors que le décret sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs a été publié samedi au Journal Officiel, la ministre pointe que le travail n'est pas achevé : « Nous rédigeons actuellement une circulaire d'application pour garantir aux universitaires que ce décret ne donnera pas lieu à ce qu'on pourrait appeler des abus de faiblesse, c'est-à-dire que ce décret ne serait pas une façon pour la direction d'une université de profiter de ce qu'une personne est jeune ou inexpérimentée pour lui faire faire des services qu'elle ne veut pas faire. Aujourd'hui l'accord de tout universitaire est nécessaire pour la modification de son service. »

Occupation du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche

HNS-Info.net - Ce 29 avril, à 10h00, une vingtaine de personnes s’est engouffrée avec détermination mais sans violence dans la cour du MESR (Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche). Certaines de ces personnes faisaient partie des organisations (SLR, SLU), d’autres leur étaient extérieures (la formation de groupes transversaux compte au nombre des acquis de ce mouvement). Toutes ensemble ont déployé sur le perron d’honneur une banderole "SAUVONS LA RECHERCHE ET L’UNIVERSITE".

L’objectif initial de cette occupation était double : après trois mois de mobilisation dans l’enseignement supérieur et la recherche, il s’agissait de dénoncer les mensonges systématiques d’un gouvernement qui prétend être ouvert au dialogue et mettre en place les réformes que la communauté scientifique attend, quand rien de tout cela n’est vrai ; d’attirer par une action spectaculaire et symbolique l’attention de médias qui ont tendance à négliger ce mouvement (en particulier les télés).

Un représentant du ministère a proposé aux occupants qu’une délégation soit reçue. Or, ce même jour, la 9e coordination universitaire se réunissait à la Sorbonne. Comme cette structure informelle n’avait jamais été reçue au ministère, il est apparu judicieux et légitime aux occupants de proposer que ce soit une délégation issue du porte parolat de la 8e coordination qui soit reçue, ce qui a été accepté. Il a également été négocié que ce soit le directeur de cabinet de V. Pécresse, Philippe Gillet, et non quelqu’un de moins élevé dans la hiérarchie, qui reçoive cette délégation.

A 11h30, sous les acclamations des collègues qui nous avaient rejoints au MESR, se sont croisés dans la cour du Ministère la délégation de 6 personnes de la Coordination et les occupants d’un matin du MESR.

Universités : la coordination nationale appelle à ne pas tenir les examens (Le Monde)

LeMonde.fr - La 9ème coordination nationale des universités, réunie mercredi 29 avril à l'université Paris IV-Sorbonne, a appelé les enseignants-chercheurs et les personnels non-enseignants à "ne pas organiser les examens et ce jusqu'à satisfaction de [ses] revendications ". Cet appel, intitulé "Nous ne tiendrons pas les examens !" a été voté par les représentants de 73 établissements universitaires.

Cet appel a fait réagir Valérie Pécresse. La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, a répondu sur France 2 à la coordination nationale des universités : "les examens se tiendront dans de bonnes conditions" a-t-elle soutenu,  jugeant l'initiative "irresponsable". Et la ministre d'en appeler "à la responsabilité éminente des présidents d'université" et "des doyens" car "c'est à eux d'organiser les examens. S'il y a des défections ils peuvent faire appel à d'autres enseignants".

La coordination, où sont représentées toutes les composantes du mouvement universitaire, avait lancé le mot d'ordre initial de grève à partir du 2 février pour protester, notamment, contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Elle attribue au gouvernement "l'entière responsabilité" de la situation actuelle situation de blocage "qui a entraîné une suspension des cours depuis trois mois dans la plupart des universités".

FAIBLE PARTICIPATION À LA MANIFESTATION MERCREDI

Dans sa motion, la coordination refuse "d'évaluer les enseignements qui, soit n'ont pas été dispensés (…) ou bien qui ont été dispensés dans des conditions de grève ne permettant pas un accès équitable des étudiants à ces contenus". "Si les ministres [de l'enseignement supérieur, de l'éducation nationale] tiennent à ce que les étudiants retournent en cours, alors qu'ils écoutent enfin la communauté universitaire", a déclaré Sarah Hatchuel, professeur d'anglais à l'université du Havre et l'une des porte-parole du mouvement.

Cet appel, signe supplémentaire de radicalisation, a été lancé au lendemain d'une journée de manifestations marquée par la plus faible participation depuis le début du mouvement. Selon ses représentants, ce mouvement évolue dans ses formes, mais ne faiblit pas. La coordination affirme que, sur 83 universités, 49 retiennent les notes du premier semestre, 51 sont en grève totale ou partielle, 44 sont bloquées, et 14 ont appelé au boycott des jurys de baccalauréat où siègent des professeurs d'université.

Le 1er mai, les universitaires sont appelés à se joindre aux cortèges unitaires organisés par les syndicats.

Montpellier III : la mauvaise réputation (Midi Libre)

MidiLibre.com - Depuis 11 semaines,  la fac de lettres montpelliéraine est à la pointe de la contestation universitaire « Si mes enfants avaient voulu faire des études littéraires, je me serais opposée à ce qu'ils aillent à Montpellier III. Cette université donne une image de chaos, de bazar, de glandeurs... » Cette phrase, c'est une représentante de parents d'élèves de l'Hérault qui l'a prononcée il y a quelques semaines, interrogée par un journaliste parisien. Elle est dure pour la présidente et les enseignants de Paul-Valéry (Montpellier III). Elle est dure, mais elle reflète bien une réalité : l'image de la faculté de lettres et de sciences sociales de Montpellier est sérieusement écornée.

En dix ans, les effectifs de Paul-Valéry ont chuté de 17 %. Depuis cinq ans, ils sont en baisse

constante, étant passé de 19 995 à 15 421, ce qu'il faut un peu relativiser, 2 000 de ses étudiants étant partis à Nîmes.

Cependant, malgré ces chiffres et les événements actuels, Anne Fraïsse, une présidente très engagée contre les réformes gouvernementales, et son équipe pédagogique assurent la plupart des cours afin que l'année universitaire ne soit pas perdue.
« Que l'on soit montré du doigt comme cela avec Rennes ou Toulouse, beaucoup plus perturbées que nous, est tout à fait injuste, assure Michel Crespy, chargé de communication de la présidence. Depuis le début du deuxième semestre, il y a eu trois semaines de blocage. Or, un semestre en comporte treize. Soit nous rattrapons ces deux ou trois semaines "perdues", soit ce n'est pas possible et les examens de ce semestre porteront sur les dix semaines d'études. En tous les cas, ce semestre ne sera pas validé "au rabais". »

Anne Fraïsse, la présidente, ne dit pas autre chose : « Toutes les universités sont aujourd'hui perturbées, sinon bloquées. Sachez que nous sommes la seule de Sciences humaines de France à avoir fait dix semaines de cours au deuxième semestre. Mais on préfère parler des chaises qui bloquent certaines salles de cours plutôt que du travail effectué dans d'autres... Certains non-bloqueurs aimeraient que je fasse camper la police dans nos locaux. Il n'en est pas question, même si je suis farouchement opposée au blocage. D'après moi, celui-ci dessert les intérêts des étudiants qu'il est censé défendre en créant des tensions et en vidant le campus. Il est le fait de moins de 200 jeunes en lutte contre la société ou de déçus de la fac ou encore de quelques autres qui oublient le point de départ de leur combat. Je ne suis pas très inquiète quant à la tenue de nos examens mais plus embêtée par la gêne provoquée par les blocages : travailler par à-coups n'est pas une bonne façon de travailler, surtout pour les primo-étudiants qui ont souvent des difficultés à se remettre au travail après quelques jours d'arrêt... »

Même si la présidente montre quelque pudeur à "vendre" les résultats de "son" université - le département égyptologie est pourtant le deuxième de France et elle possède un des quatre masters AES avec les meilleurs labels européens -, Anne Fraïsse hausse le ton lorsqu'il s'agit de parler de réputation : « C'est ici que j'ai fait mes études et j'ai le sentiment que Montpellier n'a jamais aimé son université de lettres. C'est vrai, nous sommes, sinon volcaniques, du moins réactifs. Mais face à cette réputation, j'oppose des résultats : notre taux d'insertion est tout à fait bon. Croyez-moi, ici, on peut vraiment étudier sereinement. » Peut-être pas vraiment en ce moment ...

Un 1er mai en pleine montée de fièvre sociale (Sud Ouest)

SudOuest.com - Depuis hier, 700 salariés landais de l'entreprise de meubles Capdevielle vivent encore davantage dans l'angoisse d'un éventuel licenciement. « 700 de plus », serait-on tenté de dire. Pas une journée ne passe sans une mauvaise nouvelle supplémentaire sur le front économique. Cette litanie de dépôts de bilan, plans sociaux et suppressions d'emploi va être, à coup sûr, le ferment de ce 1er Mai exceptionnel. Exceptionnel parce que unitaire (lire ci-dessous), mais aussi en raison d'un contexte particulièrement inquiétant qui peut faire craindre une explosion sociale en ce printemps 2009.

1 Tout va très vite dans cette crise

À la différence d'autres crises économiques, celle-ci se caractérise par une montée rapide et massive du chômage. « Il est frappant de constater que l'ajustement sur le marché du travail se fait très vite, explique Bertrand Blancheton, professeur d'économie à l'université de Bordeaux 4. « Les gens perdent leur emploi en quelques jours. Alors que la Bourse continue à progresser. Il existe aujourd'hui un décalage entre la profondeur de cette crise et la réaction des marchés financiers. Le public le perçoit bien. » Le filet de protection sociale français et les organisations syndicales jouent certes un rôle d'apaisement. Mais l'inquiétude est désormais plus profonde. D'autant qu'à un certain niveau de chômage, chaque Français connaît personnellement quelqu'un inscrit à l'ANPE.

2 Peur sur l'emploi : à qui le tour ?

À qui le tour ? La question est maintenant dans la tête de nombreux salariés qui craignent, parfois à juste titre, de subir les retombées d'une crise profonde et durable. « Il faut comprendre que ce pays a le moral dans les chaussettes depuis trente ans. Il porte un sentiment de rupture du contrat social et du modèle d'intégration, souligne François Dubet, professeur de sociologie à l'université de Bordeaux 2. Jusqu'à présent, ce sentiment reposait plus sur l'imaginaire que sur des faits. Cette crise économique lui donne brutalement une réalité. Les gens pensent que leurs enfants n'auront plus de positions garanties, qu'ils ne vivront pas mieux qu'eux. Même ceux qui imaginaient avoir un emploi à vie se mettent à angoisser. Le niveau d'anxiété augmente parce que le monde devient incertain. »

3 Une explosion possible

À cette pesante incertitude du lendemain, s'ajoutent la médiatisation de conflits très durs et la révélation quasi quotidienne de bonus financiers indécents à des dirigeants de grandes entreprises. Mais ce n'est pas tout. La contestation sociale a gagné de vieilles institutions et leurs représentants, que sont les professeurs d'université et les médecins. « C'est une crise d'une tout autre nature que la résistance de ces institutions à des réformes, qu'on les approuve ou non », explique François Dubet.

« Si cette crise rencontre la crise économique, une explosion est possible, ajoute le sociologue. Mais elle viendrait du fait qu'il n'existe plus de mécanisme politique pour la stopper. Entre un président tout- puissant qui agit de manière personnelle et l'extrême gauche, il n'y a plus rien. Il est étonnant de voir que Nicolas Sarkozy gagnerait l'élection présidentielle demain alors que les gens sont majoritairement mécontents. L'explosion sociale peut naître de ce vide politique. »

4 Une reprise pour plus tard

D'autant que le monde politique n'a plus guère de repères économiques. « Beaucoup parlent d'une reprise en 2010. En réalité, personne ne le sait. Et ce scénario me semble très optimiste », tempère Bertrand Blancheton. Le professeur d'économie rappelle à juste titre qu'après une année de croissance négative (2009), elle devrait être autour de zéro en 2010. « Le niveau de chômage devrait donc continuer à augmenter avant une véritable reprise. Les statistiques sur l'investissement sont quand même alarmantes. Et les indices de confiance se sont stabilisés à des niveaux très bas. » Pas de quoi se réjouir en cette veille de 1er Mai.

Toutes les notes