31.05.2009

Strasbourg : Débat sur la loi LRU

Mail envoyé par Jean Déroche, reçu sur la messagerie officielle des étudiants : L’université de Strasbourg vous invite à un premier débat sur l’avenir de l’Université. Le thème en sera la loi L.R.U. qui aura lieu le mercredi 3 juin 2009 de 14 h 30 à 18 h 00 à l’amphithéâtre Carré de Malberg (faculté de droit). 

Ce débat, introduit par des étudiants, sera contradictoire. Des arguments pour et contre seront présentés sur les trois aspects de la gouvernance, de l’autonomie et du financement.

Le débat débouchera sur un certain nombre de pistes de réflexion, voire de propositions de portée nationale.

Le comité d'organisation.

Tous ensemble à la 11e Coordination Nationale des Universités ! - Message du comité d’organisation de la 11e CNU, 30 mai 2009

 

 

SauvonsLUniversite.com - La 11ème Coordination Nationale des Universités aura lieu à l’Université Paris Nord 13, campus de Villetaneuse le mercredi 3 juin de10h à 18h (accueil de 9h à 10h) et nous avons évidemment besoin de votre collaboration pour son bon déroulement.

Délégations :

Les délégations désignées par vos AG (5 personnes maximum) doivent nous faire savoir leur venue en écrivant à delegues@cnu11.org . Nous vous invitons à indiquer les catégories des mandatés. Cette adresse sert également à recueillir les demandes d’hébergement en région parisienne.

Motions :

Nous accueillons toutes vos motions, propositions de motions et d’actions à l’adresse motions@cnu11.org avant samedi 19h (essayez de respecter cette limite !). Nous vous prions d’indiquer clairement en tête du message la nature de celui-ci : motion d’AG d’université, d’UFR, de conseil d’UFR, de CA, proposition personnelle, etc.

Etat de la mobilisation :

Nous comptons aussi sur vous pour établir un "état de la mobilisation". Merci de nous faire parvenir à l’adresse mobilisation@cnu11.org toutes les informations concernant la situation de votre établissement en renseignant les catégories suivantes établies par Marne-La-Vallée lors de la dernière CNU :

Rétention de notes

Grève

Grève perlées

Blocage

Démissions administratives

Boycott du bac

Examens normaux

Examens aménagés

Examens repoussés

Examens non tenus

Solutions adoptées de validation

Rétentions des notes du 2nd semestre

Actions locales (rondes, etc...)

Rattrapage du 2nd semestre

Nous ajoutons d’autres catégories concernant :

les modes d’application de la LRU : Modulation/ Entretiens professionnels/ Mise en place des compétences élargies etc.../

Merci de préciser si des résistances locales contre ces nouvelles procédures se sont mises en place.

les consultations/ referendum sur les réformes en cours que certaines universités ont mis en place : questions posées, résultats, participation, modalités d’organisation...

Répression :

Nous établissons une synthèse des actes de répression que personnels et étudiants mobilisés ont pu subir, qu’ils soient de nature policière, administrative ou hierarchique. Faites-nous parvenir les informations les plus précises possibles à l’adresse repression@cnu11.org

Enfin, nous attendons vos propositions indviduelles et collectives sur la suite du mouvement.

Au plaisir de vous accueillir,

Le comité d’organisation de la 11ème Coordination Nationale des Universités.

Masterisation : fissure du front syndical lors du CTPM


Se-UNSA.org - Le vote en abstention de la FSU sur un certains nombre de projets de texte conforte le ministère. Alors que l’UNSA-Education, le Sgen-CFDT, la FSU et la CSEN avait d’un commun accord décidé du boycott de la première séance du CTPM au motif que « ces textes étaient présentés alors même que les multiples groupes de travail institués sur cette question étaient loin d’avoir achevé leur travail et d’avoir abouti à des conclusions », la FSU, sur les textes relevant du champ de syndicalisation du SNES(certifiés, agrégés, CPE) a voté en abstention, tout comme le SNALC. De son coté le SNEP-FSU a refusé de prendre part au vote sur le texte EPS ;

Cette abstention apporte de l’eau au moulin du ministère et affaiblit considérablement les conclusions de la commission Marois-Filatre. Si les textes sont publiés en état, les épreuves d’admissibilité et d’admission se dérouleront toutes en M2. Les débats en Ctpm ont montré que s’opposent deux visions différentes du métier d’enseignant et donc deux conceptions de la formation initiale qui doit en découler. Nous avons demandé un ajournement du Ctpm et lors des débats défendu la nécessité d’attendre les conclusions de la commission Marois-Filâtre avant de figer la place des épreuves d’admissibilité en M2.

Le SE-Unsa a voté CONTRE, sur la totalité des textes proposés au Ctpm. Lors du Csfp (Conseil Supérieur de la Fonction Publique) qui doit se tenir le 12 juin pour étudier les mêmes textes, la délégation de l’Unsa continuera à demander l’ajournement de ces projets pour laisser le temps à la concertation en cours d’aboutir.

Dans le même temps, le SE-Unsa a décidé de continuer à siéger dans les groupes de travail pour y défendre les Iufm et la formation professionnelle par alternance. En effet, de nombreux sujets importants qui ne relèvent pas des décrets statutaires doivent encore être débattus : l’organisation des stages, leur suivi, leur évaluation, la place des Emf du premier degré, les modalités d’affectation et de titularisation des stagiaires, la question du cadrage national des masters, l’avenir des formation Ash, etc...

Ronde des obstinés : c'est reparti pour un tour - Appel aux candidats aux européennes (2-6 juin 2009) (Fabula)

Points de vue et débats

Information publiée le samedi 30 mai 2009 par Fabula

 

Prochaines manifestations


C'est reparti pour un tour !
La Ronde des obstinés lance un appel aux candidats aux européennes.

Depuis plus de quatre mois, l'université française connaît un mouvement d'une force et d'une durée sans précédent.
Non seulement le gouvernement refuse de nous entendre, mais il s'est efforcé, durant ces dernières semaines, de dépolitiser le débat, de le réduire à la question des validations d'examens, alors qu'il ignore avec constance la totalité de nos revendications, multipliant pressions, menaces, et parfois même actions répressives.

La Ronde infinie des obstinés lance donc un appel aux candidats aux élections européennes.

Rejoignez nous nombreux du 2 au 6 juin, de 12h à minuit devant le Panthéon !
Nous sommes obstinés et notre vigilance, infinie.
Inscriptions sur : http://www.doodle.com/kcsdy84bb2tup5as
rondeinfinie@gmail.com
http://rondeinfinie.canalblog.com/

Lettre aux candidats :

100 heures pour faire de l'enseignement et de la recherche un débat de campagne.
« Il est plus que temps…»
À Mesdames et Messieurs les candidats aux élections européennes du 7 juin 2009, Pendant près de quatre mois, l'université française a vécu un mouvement de grève, de manifestations, d'occupations, de rondes infinies des obstinés. Nous, qui faisons, pensons, et rêvons l'université, nous, enseignants, chercheurs, personnels et étudiants, affirmons que les réformes actuelles qui atteignent l'université sont permises par la soumission du politique au champ économique.
Pendant près de quatre mois, nous avons fait face à une entreprise gouvernementale de propagande et de dénigrement délibéré de l'université, des hommes et des femmes qui la font vivre, une entreprise de destruction de son image et de sa fonction dans la société. Pourtant, pendant près de quatre mois, le mouvement de rejet des conséquences de la loi « Libertés et responsabilités des universités » (LRU) s'est renforcé parce que nous en mesurons tous aujourd'hui les vices profonds et le danger mortel qu'elle fait peser sur l'université : présidence toute-puissante, gestion managériale, marginalisation des critères scientifiques dans les prises de décisions, précarisation généralisée des personnels, explosion à terme des droits d'inscription. Cette loi produira en France ce qu'elle a produit partout où les mêmes principes sont déjà à l'oeuvre : gestion arbitraire des carrières et des équipes de
recherche, dépendance aux bailleurs de fonds privés, cloisonnement des savoirs, destruction de pans entiers de l'enseignement, injustice sociale croissante. Est-ce donc ainsi que l'Europe conçoit l'université et la recherche ?
En effet, à la fois bureaucratique dans son principe, autoritaire dans sa mise en oeuvre, et liberticide pour le monde universitaire dans ses effets, cette loi LRU n'est que la caricature française d'un processus qui confronte le système universitaire européen à une transformation et un reformatage, le volet académique de la soumission de l'ensemble de la société à la « main invisible du marché ». Les promoteurs de cette société et leurs artificiers nationaux ont associé à cette opération de destruction le nom de deux des plus anciennes universités européennes, celles de la Sorbonne (déclaration du 25 mai 1998) et de Bologne (déclaration du 19 juin 1999). Or, ce qu'il est désormais convenu d'appeler le « processus de Bologne » et qui est au coeur de la politique universitaire européenne n'a jamais été discuté publiquement. Son inscription dans la Stratégie de Lisbonne (2000) a été suivie d'une série de conférences ministérielles et de sommets qui ont renforcé la soumission des acteurs de l'université à des objectifs utilitaristes à court terme. Ces orientations détruisent l'université comme lieu de formation de citoyens éclairés et pensants, elles
entendent forclore les valeurs d'élaboration et de transmission des savoirs sur lesquelles doivent reposer les universités européennes. En faisant mine de valoriser les missions de l'université, elles les nient. En imposant à l'université et à la recherche des règles managériales et des critères de gestion qui ne peuvent lui être appliquées, elles détruisent l'université comme lieu d'élaboration et de transmission d'un savoir libre et non contraint. Enfin, en s'appuyant sur la théorie du « capital humain », ces orientations conduisent désormais à faire payer aux étudiants le prix du désengagement public.
Il est donc temps d'affirmer que le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne ont pour fonction d'introduire dans les universités une concurrence généralisée placée sous les auspices de la rentabilité économique. Il est temps d'affirmer que la notion d' « employabilité » n'est qu'un outil de destruction des savoirs humanistes qui sont au coeur de notre civilisation. Il est temps d'affirmer que la notion d' « économie de la connaissance » dissimule la transformation de la connaissance en bien économique. Il est temps d'affirmer que le slogan d' « adaptation de l'université à la société » ne dit pas que cette société est réduite à sa seule finalité économique. Aujourd'hui, nous affirmons que l'adaptation de l'université européenne ne passe pas nécessairement par sa réduction utilitariste à l'employabilité de ses diplômés. Nous refusons la soumission de l'université à
une logique marchande qui réduit le rationnel à ce qui est utile et calcule l'utilité à l'aune du profit.
L'université n'est pas le lieu du pur utilitarisme calculé en termes exclusivement économiques.
L'acquisition et l'invention des savoirs est un droit pour tous et ne peut être limité. Le savoir, la création et la recherche ne sont pas des marchandises, mais le bien de tous : ils ne sont pas à vendre.
Dans la dernière semaine de cette campagne, nous, citoyens obstinés qui ne demandons qu'à être éclairés sur vos ambitions pour l'université et la recherche, vous soumettons les interrogations suivantes :
1/ L'université a-t-elle vocation à être « gouvernée » comme une entreprise ? Le mariage systématique entre recherche et rentabilité est-il possible et même souhaitable ?
2/ Les personnels sont-ils les variables d'ajustement du nouveau modèle de « bonne gouvernance » ? Devront-ils désormais exercer leur métier sous la menace des retraits de financement pour hétérodoxie ou au premier coup de blizzard boursier ?
3/ La multiplication des structures bureaucratiques et administratives d'évaluation est-elle la « Nouvelle frontière » de la « qualité » universitaire ? L'émulation académique est-elle d'ailleurs réductible à la « concurrence non faussée » ?
4/ L'université doit-elle former des citoyens libres et pensants ou des salariés prêts à l'emploi ? Les étudiants devront-ils pallier le déficit d'investissement public dont nos universités ont souffert depuis près de trois décennies et qu'ils paient d'ores et déjà lourdement ?

En d'autres termes, à l'instar de l'association « Sauvons l'Université » (SLU) dont nous partageons les valeurs et les analyses, nous vous demandons aujourd'hui à vous, candidats à la députation européenne, une formulation claire de votre vision de l'université de demain. Nous vous demandons également de vous saisir du sujet fondamental qu'est la formation des générations futures de citoyens éclairés et libres. Il est encore temps de faire de la question de l'université et de la recherche, de la formation et de l'éducation un thème majeur de la campagne européenne et d'assumer devant le pays ou de rejeter avec force la soumission complète de l'université, de la recherche et du système d'éducation à la logique marchande et aux intérêts purement économiques.
Nous vous demandons d'affirmer avec la plus grande fermeté que l'éducation, l'université et la recherche sont un service public et non pas des « services », qu'elles ne peuvent en aucun cas être régies par les règles du marché, et d'en tirer toutes les conséquences. Nous ferons connaître les réponses que vous voudrez bien apporter à nos questions. Nous sommes obstinés et notre vigilance, infinie.

Veuillez croire, Mesdames et Messieurs les candidats, en l'expression de nos sentiments les plus cordiaux.
Paris, le 29 mai 2009.
La Ronde infinie des obstinés

Blogne, quel processus? (Media Part)

MediaPart.fr - Aujourd’hui que les facultés sont rentrées dans le rang pour cause de préparation et de validation des examens plus que de renoncement à une opposition frontale à la réforme des universités (autonomie, statuts, masterisation), certains n’hésitent pas à mettre en cause le « processus de Bologne » comme responsable initial du malaise actuel.

 

A huit jours d’un scrutin européen peu mobilisateur, la question mérite d’être posée. En effet, la grogne dans l’enseignement supérieur ne s’est pas limitée à la France, mais a gagné aussi en Italie où l’on portait en procession dans les rues l’effigie de la ministre Gelmini, en Espagne où l’on pointait du doigt l’augmentation inconsidérée des frais d’inscription, en Grèce où les kouloukoufori ont fait leur apparition (1).

 

Or, s’il avait été appliqué correctement, le processus de Bologne aurait sans doute été un exemple d’intégration et d’identification européenne.

 

Né d’une déclaration commune des ministres chargés de l’enseignement supérieur à la conférence de Bologne le 19 juin 1999, le processus visait, dans un domaine délaissé jusque-là par l’UE, à construire d’ici 2010 un espace européen de l’enseignement supérieur, organisé autour d’un cadre commun de cycles d’études (court pour la licence en 3 ans, long pour un master en deux ans suivi le cas échéant d’un doctorat en 3 ans, système dit 3/5/8 ou L/M/D), d’une harmonisation des diplômes délivrés afin de les faire reconnaître comme équivalents partout en Europe et d’un système commun de crédits afin de promouvoir la mobilité des étudiants en leur permettant de suivre des études dans plusieurs universités européennes pour compléter leur formation.

 

On imagine le résultat sur une génération : au lieu d’avoir des citoyens arc-boutés sur leurs savoir-faire nationaux, on n’aurait plus que des européens parfaitement adaptés aux changements et conscients de leurs différences nationales autant que de leur identité européenne. D’ailleurs, à aucun moment, il ne s’est agi de créer un système universitaire unique mais de reconnaître les systèmes nationaux dans un cadre harmonisé.

 

Curieusement, même si la mise en œuvre du cadre commun n'est pas allée sans difficulté, compte tenu des spécificités de chaque Etat membre, ce n’est pas là-dessus que la grogne s'est focalisée mais sur des mesures nationales d’application jugées indispensables par les Etats bien que non demandées à Bologne :

 

-         ainsi, l’Espagne de Jose Luis Zapatero a vite réalisé qu’accroître les moyens des universités par le biais de frais d’inscription exorbitants entrainerait une sélection par l’argent incompatible avec l’accès de tous à tous les savoirs, d’où sa décision d’augmenter en contrepartie le nombre de boursiers.

 

-     en revanche, dans l’Italie de Silvio Berlusconi, la Grèce de Kostas Karamanlis et  la France de Nicolas Sarkozy où l’accès de tous au savoir est le cadet des soucis, seul comptant la culture de la performance et la demande de l’entreprise, il est évident que le modèle n’est pas de construire un espace européen de l’enseignement universitaire mais un système à l’américaine et l’insertion dans le classement de Shanghai, l’autonomie des universités étant comprise comme une possibilité d’abandonner leur financement au marché et leurs performances à la concurrence internationale tout en mettant au pas ces foyers d’agitation permanente en modifiant leur gouvernance.

 

Ce n’est donc pas le processus de Bologne qui est à l’origine de la fronde des universités, mais bien le processus de droitisation politique qui gagne tous les pays de l’Union européenne.

 

Lincunable, 30 mai 2009.

 

________

 

(1)   personnes qui portaient des masques et cassaient les vitrines des magasins à Athènes à la fin des manifestations.

29.05.2009

Pétition - Sauvons l'archéologie!

Communiqué du Syndicat Général des Personnels de l'Archéologie - CGT Culture


*Le ministère de la culture, dans le cadre du plan de restructuration de
la défense nationale, projette de délocaliser les 150 agents du siège de
l’Inrap.
Le projet de délocalisation du siège de l'Inrap met gravement en danger
notre institut.
Ce projet aura des conséquences sociales lourdes pour le personnel et
pour la survie de l’établissement.
On ne peut penser revitaliser des territoires en déconstruisant le
service public de l‘archéologie, lui-même au service de ces territoires.

SIGNEZ LA PETITION : http://archeoendanger.canalblog.com/

28.05.2009

Les projets de décrets de Darcos suscitent de vives réactions (Actualitte.com)

Actualitte.com - Les projets de décrets de Xavier Darcos concernant la réforme de la formation des enseignants ont suscité de vives réactions. En effet, le ministre s'avance un peu dans ce domaine étant donné que le rapport de la commission chargée d'étudier la question n'est pas encore établi.

La CPU (Conférence des présidents d'université) a envoyé une lettre mercredi au ministre de l'Éducation nationale dans laquelle elle exprimait son « profond étonnement [de] ne pas avoir été informé de ces projets ». L'AFP relate en outre que la CPU affirme dans sa lettre : « Sur le fond, il nous apparaît difficilement acceptable de découvrir un certain nombre de dispositions dites permanentes qui donnent à la réforme un cadre pré-établi ».

Elle a ajouté : « La CPU s'est engagée fortement au sein de la commission de concertation sur la formation des maîtres : Daniel Filâtre, président de l'université Toulouse-II [...] a accepté de coprésider cette commission [...] Par cet engagement, la CPU entendait prendre toute sa part à l'indispensable débat ». Elle a demandé à ce que « ce débat se déroule au préalable à toutes dispositions permanentes » et a affirmé : « Nous ne pouvons accepter ces projets ».

Les présidents des quatre Écoles Normales Supérieures ont eux aussi réagi à ces propositions de décrets dans une lettre adressée au ministre lundi. Ils notent leur « extrême surprise » et avouent être « choqués » qu'on ne les ait pas prévenus. Et ils déclarent que ces projets de décrets instituant que « tous les candidats devront avoir obtenu un master complet au moment où ils s'inscriront au concours, suscite notre consternation collective ».

En ce qui concerne les syndicats, la réaction a été vive aussi. Sept d'entre eux ont décidé de ne pas se rendre à la réunion prévue hier au ministère. Ils ont déclaré : « Les textes sont présentés alors même que les multiples groupes de travail institués sur cette question sont loin d'avoir achevé leur travail ».

Le ministère qui ne voit dans cet acte qu'« une démarche classique des syndicats » a reporté cette réunion à aujourd'hui même. De plus, selon lui la commission Marois-Filâtre ne travaille que sur le contenu de la formation et non pas sur la forme.

Connexe : Sarkozy veut "sanctuariser les établissements scolaires" (Le Monde)

LeMonde.fr - "Nous devons sanctuariser les établissements scolaires." Après avoir énuméré les incidents des dernières semaines, Nicolas Sarkozy a annoncé, jeudi 28 mai, en fin de matinée à l'Elysée, une série de mesures, qui reprennent les propositions du ministre de l'éducation Xavier Darcos, à l'exception des sanctions financières infligées aux parents.

"J'entends les bonnes consciences qui crient au scandale quand le ministre de l'éducation nationale propose d'installer des portiques de sécurité à l'entrée des établissements. Bien sûr qu'il est regrettable d'en arriver là. Mais comment agir autrement dans un tel contexte. Attendre que l'irréparable se produise ?", a déclaré M. Sarkozy, citant les 17 morts de Winnenden en Allemagne en mars.

184 établissements parmi les plus sensibles vont faire l'objet d'un "diagnostic de sécurité à l'issue duquel seront adoptées toutes les mesures nécessaires", qu'il s'agisse de l'installation de portiques ou de mesures de vidéo-surveillance. L'idée est de faire du cas par cas.

M. Sarkozy estime que "les personnels de direction et d'encadrement [des établissements scolaires] devront à l'avenir disposer des moyens de s'assurer que les élèves ne transportent pas d'armes. A cette fin, ils recevront une habilitation spécifique qui leur permettra de faire ouvrir les cartables et les sacs". La fouille des cartables nécessite selon les juristes une modification de la loi.

S'y ajoute le durcissement de la répression : l'intrusion dans un établissement scolaire ne sera plus une infraction, mais un délit. Les violences contre un agent de l'éducation nationale constitueront à l'avenir des circonstances aggravantes, également lorsqu'elles se produisent à l'extérieur de l'établissement. Enfin, les établissements scolaires sont invités à avoir un "policier référent" dans le commissariat voisin.

CRITIQUES POUR "MAM"

Ce plan s'inscrit dans un plan de lutte global, contre l'insécurité, alors que la délinquance repart à la hausse. M. Sarkozy, qui a assis son crédit politique sur la lutte contre la délinquance, se livre à une critique à peine voilée des résultats obtenus par sa ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie : "Il faut tout autant dire la vérité quand surviennent des évolutions moins favorables. Les résultats de ces derniers mois contrastent avec l'évolution observée depuis sept ans."

Les crimes et délit ont augmenté de près de 4 % en mars, d'un peu plus de 2 % en avril. "Les chiffres de mai ne seront sans doute pas très bons", a affirmé M. Sarkozy qui estime que "la priorité, aujourd'hui, c'est la reconquête des quartiers sensibles".

Le chef de l'Etat veut se concentrer sur vingt-cinq quartiers, dont vingt-et-un en région parisienne, qui sont "rongés par la délinquance, le trafic de drogue et le trafic d'armes". "Aucune rue, aucune cave, aucune cage d'escalier ne doit être abandonnée aux voyous. Je veux que se multiplient immédiatement les opérations coups de poings".

M. Sarkozy propose la création d'une police d'agglomération, d'abord en région parisienne. Le préfet de police de Paris aura la responsabilité de la sécurité de la capitale mais aussi la petite couronne. Il demande à ce que 200 fonctionnaires de police en plus soient affectés en Seine-Saint-Denis.

M. Sarkozy demande la constitution d'un groupe de travail pour lutter contre le trafic d'armes. Il veut que tous les services de l'Etat marchent mais dans la main, y compris le fisc et les douanes. Pour le chef de l'Etat, "il n'y a pas à mes yeux de secret professionnel qui tienne, entre services de l'Etat, lorsque la sécurité des Français ou celle de l'Etat est en jeu". Il demande l'accélération du rapprochement police-gendarmerie. "J'ai voulu cette réforme et j'entends qu'elle soit menée à son terme, Madame la ministre, dans les plus brefs délais." Michèle Alliot-Marie est prévenue.

Arnaud Leparmentier

27.05.2009

Les syndicats boycottent la réunion sur la formation des enseignants (NousVousIls.fr)

NousVousIls.fr - Les principaux syndicats d'enseignants du primaire et du secondaire ont décidé de boycotter la réunion prévue mercredi au ministère de l'Education au sujet des modifications de statut des enseignants liées à la réforme de la formation des enseignants, ou "masterisation".

"Ces textes sont en effet présentés alors même que les multiples groupes de travail institués sur cette question sont loin d'avoir achevé leur travail et d'avoir abouti à des conclusions", ont déploré sept syndicats appartenant aux fédérations Unsa, FSU, Sgen-CFDT et Csen dans un communiqué.

"Les modifications" présentées à ce Comité technique paritaire "ne sauraient préjuger des conclusions des groupes de travail et des auditions" et sa "tenue est prématurée", ont-ils ajouté, en demandant "de le reporter à une date qui permettra pleinement de prendre en compte les propositions issues des groupes de travail et de la commission Marois-Filâtre".

Cette commission, chargée de recommandations sur la formation et le recrutement des enseignants, doit rendre ses conclusions le 15 juillet.

Dans un autre communiqué, la Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM) a estimé que ces projets de décrets modifiant le statut des enseignants sont "mal venus".

La CDIUFM prône de ne pas publier ces décrets "en ce moment", ce qui "permettrait de conforter le retour de la sérénité, sans réactiver des tensions inutiles en cette fin d'année universitaire".

Une "ronde intempestive des obstinés" est aussi prévue en début d'après-midi devant le ministère de l'Education nationale contre ces projets de décrets.

La réforme de la formation et du recrutement des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que les futurs enseignants soient recrutés au niveau "master 2" (bac +5). La formation incombera aux universités via des masters, et non plus aux Instituts de formation des maîtres (IUFM).

Terrifiant, et très inquiétant : A LIRE ABSOLUMENT : Un enseignant-chercheur en histoire jugé pour "violence" sur un policier



FranceSoir.fr - Clément Onimus, 27 ans, vit depuis deux mois dans l’attente et l’angoisse de son procès, qui se tient aujourd’hui à Paris. Il est accusé d’avoir, lors d’une manifestation étudiante en mars dernier, lancé une bouteille sur un policier. Ce qu’il nie fermement. Il risque d’être interdit d’enseigner.

Clément Onimus n’en revient toujours pas d’être ce matin sur le banc des accusés de la 24e chambre du tribunal de grande instance de Paris. Cet enseignant à la Sorbonne et doctorant en histoire, qui n’avait jamais eu de démêlés avec la police auparavant, se retrouve aujourd’hui accusé par un policier de « coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail de moins de huit jours ». Concrètement, il aurait lancé une bouteille de vin contre le bouclier d’un CRS lors d’une manifestation le 26 mars. Un acte qu’il nie fermement depuis le début.

« Lui, on le garde »

Ce jour-là, la mobilisation universitaire contre les réformes bat son plein. Clément Onimus arrive à la Sorbonne vers 15 h 30. Il aperçoit de nombreux CRS.

« Ils bloquaient l’entrée, nous explique-t-il. Une centaine d’étudiants et de profs étaient rassemblés devant les policiers. L’ambiance était calme et bon enfant, jusqu’à ce que les CRS nous repoussent jusqu’à la place de la Sorbonne. J’ai aperçu des œufs et des bouteilles voler vers eux. Sur le coup, je n’y ai pas prêté attention. Peu après, je me suis rendu compte que les gendarmes nous avaient encerclés. L’un d’eux a expliqué par mégaphone qu’ils allaient contrôler toutes les identités. Tollé général. Je me suis tout de même dirigé vers un gendarme. Là, pendant qu’il me contrôlait, un CRS m’a tiré par le bras en disant : “Lui, on le garde.” Sur le coup, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une interpellation anodine… »

Plongé dans la « souricière »

Clément Onimus atterrit en garde à vue, sans savoir pourquoi. Après quelques heures et plusieurs fouilles à corps, il apprend que le CRS qui l’accuse affirme le reconnaître comme étant « le lanceur de bouteille ». Plus étrange, il clame que le jeune homme portait une capuche et un bandana sur le visage. « J’étais en pull tout l’après-midi… » lâche Clément Onimus, ahuri. Vingt-deux heures après, dans un état de stress et d’épuisement, il est déféré au dépôt du Palais de Justice, la « souricière ».

Des cachots sinistres et insalubres. « J’y ai passé une vingtaine d’heures, dans une cellule avec deux autres personnes. Pour tout lit, une planche en bois, sans matelas, sans couverture. Les toilettes ? Un trou dans la même pièce, sans chasse d’eau, sans papier. »

Deux jours après son arrestation, c’est un Clément hagard, résigné, qui arrive devant le procureur. « Ses premiers mots ont été de me faire la morale et de me dire qu’il y avait encore un Etat de droit en France. Un Etat de droit ? Cela m’a fait rire jaune… » Elle finit par le convoquer le 27 mai (NDLR : aujourd’hui) et le libère.

« J’espère la relaxe »

Depuis, Clément Onimus a remué ciel et terre pour recueillir témoignages et photos du 26 mars. « Deux témoins oculaires sérieux se sont manifestés, et plusieurs photos montrent bien que je ne porte ni capuche ni bandana.

J’espère que cela suffira à obtenir la relaxe », nous confie-t-il. Il sort de cette affaire très amer et fatigué. « J’ai demandé qu’il n’y ait pas d’inscription dans mon casier judiciaire. Ce serait une catastrophe pour moi, je serais interdit d’enseigner. Et trouver un autre métier après dix ans d’études en histoire n’est pas évident… »

Ironie de l’histoire, le CRS qui a reçu la bouteille de vin sur son bouclier ne l’aurait même pas senti ni remarqué. Il n’a pas été blessé. C’est un de ses collègues qui a porté plainte pour lui.

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