29.06.2009
Université de Strasbourg : Soutien à David Romieux, menacé de rétrogradation professionnelle
MesOpions.com - A l'attention de : M. Alain Béretz, président de l'Université de Strasbourg et Jean Déroche, secrétaire général.
Responsable administratif à l’UFR Physique et Ingéniérie à l’Université de Strasbourg depuis septembre 2008, notre collègue David Romieux, s’est vu signifier le 23 juin, une nouvelle affectation au département des marchés.
Apparemment anodine, justifiée à la fois par les « compétences » de M. Romieux et par « l’absence de connivence » entre M. Romieux et son Directeur d’UFR, cette mutation, qui n’avait pas été demandée par l’intéressé, nous apparaît comme une mesure précipitée et injuste.
En effet, M. Romieux a jusqu’à présent montré entière satisfaction dans son travail, ne négligeant aucun des dossiers à traiter ; aucune faute professionnelle ne lui est reprochée.
Il occupe actuellement un poste à responsabilité, dirige une équipe de 40 personnes, bénéficie d’une indemnité NBI. Le poste qui lui est imposé lui retirera tout pouvoir hiérarchique, réduira ses compétences à un rôle d'expertise sur une partie des marchés (par exemple le nettoyage et l'entretien) et sera accompagné de la perte de son indemnité NBI à partir de décembre.
Du fait de sa précipitation (M. Romieux est sommé de vider son bureau pour le 1er juillet) et des procédés de harcèlement au terme duquel elle intervient, nous soupçonnons cette mutation forcée d’être une mesure disciplinaire déguisée : M. Romieux s’est principalement rendu coupable d’une grande implication dans le mouvement de lutte de notre communauté universitaire durant l’année écoulée.
C’est pourquoi nous, personnels administratifs, enseignants et chercheurs, demandons à M. le président de l’Université M. Beretz, ainsi qu’à son secrétaire général M. Déroche, de suspendre leur décision et de trouver, en réelle concertation avec M. Romieux, une solution professionnelle réellement adaptée à ses compétences et qui ne puisse être interprétée comme une « mise au placard » punitive indigne de notre Université.
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25.06.2009
Darcos annonce 16 000 suppressions de postes dans l'Education : cadeau empoisonné pour Luc Chatel
LeMonde.fr - Nommé mardi ministre du travail, le ministre sortant de l'éducation, Xavier Darcos, a annoncé à La Tribune à paraître mercredi 24 juin que le budget 2010 prévoira seize mille suppressions de postes dans l'éducation. La quasi-totalité sont des postes de stagiaires, supprimés par la réforme de la formation des enseignants.
"J'ai proposé de ne pas renouveler seize mille emplois en 2010, conformément à la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite", a déclaré M. Darcos. "Il s'agit de six cents postes d'agents administratifs et de quatorze mille postes d'enseignants stagiaires affectés en institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l'enseignement privé (à hauteur de mille quatre cents)", a-t-il ajouté.
La réforme de la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que la formation des futurs enseignants incombe aux universités, et non plus aux IUFM. Du coup, pour la première année d'application de la réforme, à la rentrée 2010, les étudiants qui auront réussi le concours d'enseignant ne seront plus affectés en IUFM, mais directement en classe, ce qui permettra d'économiser cette rentrée-là les quinze mille quatre cents postes de fonctionnaires stagiaires cités.
M. Darcos a été nommé mardi soir ministre du travail et est remplacé à l'éducation nationale par Luc Chatel.
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24.06.2009
Calendrier du 25 au 28 juin 2009
CNRS à Genève
Réunion du Conseil d’Administration du CNRS à Genève (hors de portée des manifestants) pour voter définitivement sur le contrat d’objectif et la modification du décret d’organisation de 1982.
Déclaration des élus au Conseil d’Administration du CNRS avant sa tenue le 25 juin 2009 au CERN à Genève
Nous allons à Genève uniquement pour voter NON
Pour la première fois, le Conseil d’Administration ne se tiendra pas au siège du CNRS, mais au CERN à Genève en Suisse. La Direction a préféré cette solution plutôt que d’affronter les personnels qui dénoncent depuis plus d’un an la mise sous tutelle du CNRS par le Ministère de la Recherche.
Même si ce Contrat d’Objectifs a connu des évolutions, il ne porte pas moins en germe l’éclatement et la perte d’autonomie du Centre et il conduit au renforcement inexorable du pilotage de la recherche par le ministère.
Valérie Pécresse est venue défendre ce Contrat devant le Conseil scientifique du 15 juin dernier pour qu’il le vote. Ses déclarations ne se traduisent pas dans les textes du Contrat et encore moins dans le projet de modification du décret du CNRS.
Le Conseil scientifique a émis un vote qui n’est ni un soutien au Contrat d’Objectifs ni un réel rejet (6 Pour, 5 Contre, 2 abstentions). Alors que les syndicats représentés au CTP ont voté unanimement contre.
Dans ces conditions, les quatre élus représentant les personnels iront à Genève pour dire non, car ils ne veulent pas laisser les sièges vides ni faire cadeau d’un vote unanime à la direction et au ministère. Ils dénonceront cette réforme du CNRS et exprimeront leur désaccord à ce Contrat d’objectifs sans Moyens, reportés à une négociation à l’automne, dans un contexte où le projet de modification du décret conduit à retirer notamment l’évaluation au Comité National de la Recherche Scientifique.
Paris le 23 juin 2009
Charles Antoine Arnaud (SGEN-CFDT), Pierre Girard (SGEN-CFDT), Patrick Monfort (SNCS-FSU), Daniel Steinmetz (SNTRS-CGT)
Appel de SLR, avec le soutien de SLU
Le véritable CNRS ne sera pas à Genève où la direction a délocalisé un Conseil d’administration décisif pour l’avenir de l’organisme et de la recherche française. Le véritable CNRS sera avec ses personnels rassemblés dans les diverses actions prévues ce jour là au siège (rue Michel Ange, 75016 Paris, à 11H) et dans les délégations régionales pour dire leur écoeurement devant cette fuite.
SLR s’associe à ces actions et appelle plus largement la communauté scientifique à y participer pour s’opposer à une politique délétère et réitérer ses exigences en matière de recherche et d’enseignement supérieur.
Tours
16 étudiants de l’université de Tours sont convoqués jeudi 25 et vendredi 26 juin devant un conseil de discipline pour avoir perturbé le 15 mai le déroulement d’un examen de Licence de sociologie délocalisé à l’IUT.
Contre la criminilisation des mouvements universitaires, contre l’autoritarisme présidentiel, le comité SLU-Tours appelle les personnels et les étudiants de l’université de Tours à se rassembler le jeudi 25 mai à 14h devant la salle où se tiendra le conseil, à l’UFR de Droit, avenue Portalis, pour apporter leur soutien aux étudiants.
11:59 Publié dans Evénements à venir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Luc Chatel à l'éducation, Pécresse reste en place
e-orientations.com
Luc Chatel passe à l’Education, Pécresse reste en place
Luc Chatel, ancien secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation vient d’être nommé ministre de l’Education nationale dans le cadre du remaniement ministériel annoncé par Nicolas Sarkozy.
Une promotion importante mais ardue pour cet ancien de l’Oréal. Dès son investiture, le nouveau ministre devra en effet s’attaquer à deux dossiers brûlants laissés par son prédécesseur Xavier Darcos : la réforme du lycée suspendu cet hiver et la suppression de 16 000 postes dans l’Education nationale annoncée aujourd’hui juin par Xavier Darcos dans une interview donnée à la Tribune.
Les universités continuent vers l’autonomie avec Pécresse
Concernant l’enseignement supérieur, Luc Chatel travaillera avec Valérie Pécresse. La ministre est maintenue à son poste. La collaboration devrait se dérouler sans heurt, notamment sur le dossier des universités. En effet, sur son blog, le nouveau ministre de l’Education nationale, ancien diplômé de la Sorbonne, s’est déjà vivement prononcé en faveur de l’autonomie des universités.
11:57 Publié dans Presse écrite Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.06.2009
Retour sur le mouvement étudiant (IEP de Lyon) (Media Part)
MediaPart.fr - Ce qui nous a poussé à l’action, c’est d’abord un sentiment de révolte. Une révolte contre l’injustice mais aussi et surtout contre notre propre indifférence. Cette révolte est individuelle mais elle cherche à s’accomplir dans et par le groupe. Cela ne signifie pas que nous ayons agis par pure passion car l’indignation et la réflexion se nourrissent l’une l’autre. La révolte n’est possible que lorsqu’elle se fonde sur la réalité, qui n’est perceptible que par la réflexion critique.
Le temps de l’analyse critique
Durant les mois de décembre et de janvier nous avons cherché à décrypter les réformes mises en place dans l’Université depuis 2007 et la loi dite LRU. Nous avons examinés la politique menée dans nos universités à la lumière d’une interrogation centrale : ces réformes sont-elles justes ?
Une fois l’analyse juridique, économique et politique plus ou moins poussée de ces dernières effectuée lors des débats et autres ateliers de réflexion, nous en sommes arrivés à la conclusion qu’elles menaçaient les principes fondamentaux de notre bien-commun en réservant le savoir d’ « excellence » à une élite restreinte sélectionnée par la fortune. D’un côté les établissements capables de performances au niveau mondial, de l’autre des universités populaires abandonnées par l’Etat ayant le choix entre la disparition et l’adaptation au « marché du travail ».
Le temps des Assemblées et des manifestations
Après l’analyse, notre travail s’est centré sur l’action. Nous avons organisé des Assemblées générales en faisant le choix de respecter les principes démocratiques au nom desquels nous nous battons pour être légitimes : liberté de parole, tribune « arbitre », cadre propice à l’écoute et à la réflexion… Nous avons reconstruit un espace démocratique au cœur de notre institut qui souffrait terriblement de cette absence. Ce pouvoir reconquis était presque aussi important que les buts que nous poursuivions. Je dirais même qu’il était un but en soi. Nous avons tenu à mener tout notre mouvement avec une sorte de sincérité et cela a payé. Car l’Assemblée générale, sereinement installée au cœur de l’IEP a pu prendre de sérieuses décisions comme le boycott des cours, la participation aux manifestations puis le blocage. L’Institut a pris un tour d’avance dans la mobilisation en ne manquant aucun rassemblement depuis le mois de janvier. La machine était lancée. Durant cette période, le blocage a été plusieurs fois proposé et rejeté en AG qui estimait que le moment n’était pas encore venu.
Le temps du blocage
Le 23 février, à la sortit des vacances nous sommes passés à la vitesse supérieur. Après, comme je l’ai rappelé, qu’il ait été plusieurs fois discuté et rejeté en AG. Au lendemain du vote du blocage, le « comité de mobilisation » se crée et tout s’accélère. Le blocage total des cours était pour nous l’unique moyen de pouvoir nous mobiliser de manière intense. Nous nous levions tôt le matin pour occuper l’institut et nous couchions tard le soir après les réunions et les actions du jour. Cela nous a permis d’organiser sérieusement les AG devenues régulières en présentant des bilans de nos actions, en établissant des contacts avec les autres Universités etc… En même temps, le blocage a créé certaines tensions inévitables avec les étudiants « anti ». Pour une grande partie d’entre eux, il s’agissait d’étudiants contre le mouvement en général qui prenaient prétexte du blocage pour le discréditer. Les débats ont été rudes et souvent bien menés, bien que répétitifs à la longue, ce qui nous a amené à limiter le temps de parole et de débat à 2h. Au final, l’AG a toujours reconduit le blocage et nous a accordé sa confiance : qui a dit que la démocratie ne pouvait pas trancher ?
La tension est à son comble le 10 mars lorsque la tenue d’un vote à bulletin secret est décidée en AG, suite à une mobilisation massive des « anti-bloqueurs ». Les étudiants mobilisés craignent pour le mouvement : le bulletin secret est l’instrument briseur de grève étudiante par excellence. Mais le 10 mars, une fois de plus, le blocage est reconduit et cette fois-ci à bulletin secret par 52% des votes (70% de participation). Après 2 semaines de blocage total, alors que les étudiants craignent pour leur semestre et que la fatigue se fait sentir, ils témoignent massivement de leur soutien au mouvement et de leur opposition à la politique gouvernementale. C’est une formidable victoire de la démocratie étudiante et une belle récompense aux mobilisés pour avoir respecté les règles du jeu démocratique. Comment ne pas exprimer notre dégoût lorsque les médias ne cessent de véhiculer les clichés en masse sur les « inquiétudes » des étudiants et les prises d’otage des universités par une minorité « ultra-gauchiste » ?
Le temps de la critique des médias
Le rapport aux médias est un élément important du mouvement. En effet, ce n’est que lorsqu’on est confronté directement à leurs manquements que l’on comprend tout l’enjeu de l’indépendance du journaliste et du droit à l’information.
Certains journalistes ont accusé le mouvement d’être confus dans ses objectifs et dans sa communication. Les idées reçues sont une nouvelle fois invalidées par notre expérience. A l’IEP, le comité de mobilisation s’est doté d’une « commission communication » dont je faisais partie. Dès le lendemain du blocage, nous sommes allés voir les journaux locaux en personne, avons établi une liste de contact et publié des communiqués réguliers. Autant dire que nous avons fourni des efforts de communication importants en plein mouvement de grève ! Quel étrange inversement des rôles : le journaliste n’a plus besoin d’enquêter et d’investir les réseaux, ce sont les acteurs qui doivent vendre leur information. Comme si nous n’existions pas avant de paraître dans le journal, alors qu’en réalité, c’est l’information qui est fausse si elle ne nous mentionne pas.
Mais notre mouvement étudiant, qui se déroulait alors plutôt bien et qui était massivement soutenu n’intéressait pas plus que cela les médias. Comme s’il n’était pas encore temps d’en parler. Les quelques étudiants grévistes étaient pour eux un simple « soutien » aux enseignants-chercheurs qui frôlaient la manipulation.
Tout au long du mouvement, on a très clairement senti que les médias locaux comme nationaux agissaient par « vague » autour de certains thèmes à la mode plus vendeurs que d’autres. Le problème démocratique que cela pose est que d’une part ces « vagues » sont bien souvent dictés par le pouvoir (sous la forme de communiqués gouvernementaux) et d’autre part que l’information s’uniformise comme un tout. La liberté d’expression et d’information, même si elle subsiste, devient un leurre dans ces conditions.
Ainsi, il y a eu la « vague » sur le blocage des facultés et les tensions qu’il a généré entre les étudiants. A l’IEP, nous avons eu une très mauvaise expérience qui témoigne des effets catastrophiques de ces manquements journalistiques. Un peu avant le vote à bulletin secret du 10 mars qui allait reconfirmer un soutien massif des étudiants au blocage, l’équipe TV de France 2 est venue nous voir (peut-être sur appel d’un « anti-mouvement »). Elle a filmé les amphis vides, a accordé 2 passages aux anti-bloqueurs et à peine 5 secondes à un étudiant bloqueur. Le reportage rapporte les « inquiétudes » des étudiants et la désertion des amphis, et ne fait aucun cas de la reconduction du blocage en AG depuis plus de 2 semaines. Cela n’est ni plus, ni moins que de la désinformation.
La conséquence de cet effet « vague » est que les journalistes ont bien souvent déjà leur reportage en tête quand ils viennent nous voir, et il est toujours surprenant de se faire interroger par quelqu’un qui ne prend en note que certaines expressions qui « collent » à son projet d’article en se désintéressant de tout le reste, parfois essentiel. Quand on discute avec certains d’entre eux, on arrive parfois à retirer un élément d’explication de cette crise du journalisme : tout est dicté par les directions de rédaction, et non par l’actualité des faits.
Les médias ont un pouvoir monumental dans notre société et beaucoup d’entre eux font semblant de l’ignorer. A l’heure de la communication massive et du tout-numérique, la liberté d’information reste un combat de tous les jours. Ce n’est pas un hasard si les anciens résistants sont les premiers à se scandaliser à travers ce fameux appel du 15 mars 2004 de la soumission des grands groupes d’information aux intérêts privés. Les militants d’hier et d’aujourd’hui savent à quel point la liberté de la presse, d’information, est précieuse pour la démocratie. D’autant que les affaires qui nous poussent à un réveil citoyen ne cessent de se multiplier.
Le temps de la répression
La violence policière était jusqu’alors pour beaucoup d’entre nous une abstraction. Elle est devenue au cours de ce mouvement une réalité. Il y aurait beaucoup à dire sur ce que nous avons vécu, mais je vais essayer d’aller à ce qui me paraît essentiel, c’est-à-dire le plus inquiétant.
Il y a d’abord la violence du rapport du policier avec les citoyens en elle-même : les CRS comme toutes les « forces de l’ordre » n’ont-ils pas pour mission de protéger les citoyens et leurs droits avant tout ? Au contraire, ils apparaissent aujourd’hui comme une force de répression dans les manifestations, armés comme des soldats, et non comme une force protectrice. De même, il faut dénoncer les dérives de la BAC : qu’est-ce qui justifie, et je l’ai vue de mes yeux, un flashball pointé à moins d’un mètre de distance sur le visage d’une étudiante apeurée qui n’oppose aucune résistance ? Et ce n’est pas une exception lyonnaise : un étudiant de Toulouse a perdu un œil par un tir de flashball durant le mouvement, les autres « accidents » de ce type sont nombreux. De même, le fameux « outrage et rébellion » devient un outil prétexte à une répression systématique dont nous avons fait les frais.
Mais l’autre aspect de la répression et peut-être encore plus inquiétant est sa dimension organisée. En effet, autour du 20 mars, il y a eu une vague simultanée d’arrestations et de violences massive dans plusieurs villes comme en témoignent les comptes-rendus de la Coordination nationale des étudiants qui les ont dénoncées. Je n’ai aucune preuve qu’un ordre ait été donné au niveau national. Mais cela nous interroge : comment expliquer que les CRS se mettent à charger au moment de la dispersion des manifestations si ce n’est pour semer la panique et laisser le champ libre aux agents de la BAC qui peuvent pratiquer des interpellations individuelles ? C’est malheureusement la volonté de « faire du chiffre » dans les arrestations qui transparaît à travers ces faits. En plein mouvement, le rapport d’Amnesty international dénonçant les « violences policières » et l’impunité des forces de l’ordre en France est venu confirmer notre expérience sur le terrain.
Ces deux dernières critiques très présentes dans notre mouvement, celle des médias et celle de la violence policière, nous ne sommes pas les premiers à les avoir portées. Ainsi les clichés véhiculés par les médias, tout comme les « violences policières » ne font-ils pas comme premières victimes les classes populaires ? Notre expérience nous a persuadé, si cela était nécessaire, que nous ne luttions pas uniquement pour défendre nos propres intérêts, ceux des étudiants et de l’Université, mais pour la société toute entière, portés par une espérance de démocratie et de justice qui nous dépassait largement.
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Les dix ans de la Déclaration de Bologne : la formation universitaire au 21e siècle appliquée à l'Allemagne (TV5 Monde)
TV5.org - Le 19 juin 1999, 29 ministres européens de l'Éducation se rencontraient dans la ville italienne de Bologne dans l'objectif ambitieux de créer, par le biais de réformes en profondeur, un espace européen unique de l'éducation.
Beaucoup de choses ont changé en Allemagne depuis la "Déclaration de Bologne". Les cursus de "Diplom" et "Magister" ont été déclaré modèles de fin de série. Ils ont déjà largement cédé la place aux nouveaux diplômes internationaux, le "bachelor" (premier grade appelé aussi, notamment, "licence" ou "baccalauréat" suivant les pays) et le "master". Les universités allemandes ont été placées devant le défi de mettre en oeuvre les décisions de la conférence des ministres de l'Éducation et de mettre en place de nouveaux règlements d'études et d'examens.
Entre-temps, 76% des cursus d'études offerts en Allemagne débouchent sur un "bachelor" ou un "master". Après l'Abitur (baccalauréat allemand), les élèves allemands peuvent désormais choisir parmi plus de 5000 cursus de bachelor, et ceux qui ont leur bachelor en poche après trois ans d'études ont encore l'embarras du choix, avec plus de 4000 cursus de master.
Le bachelor étant considéré comme le premier titre professionnel, de plus en plus de jeunes Allemands décident, depuis Bologne, d'entreprendre des études, et de les mener à terme. Les nouveaux inscrits au bachelor voient comme un avantage décisif de ce type de programme la possibilité qu'ils ont de faire une "excursion" dans le monde du travail après seulement trois ans, sans avoir à interrompre leur cursus d'études. Et si, après un certain temps, ils se languissent des amphithéâtres de la faculté, il leur est toujours possible - parfois même avec le soutien de leur employeur - de compléter leur formation par un cursus de master de deux ans.
Ce ne sont pas seulement les jeunes qui profitent des nouveaux diplômes. En effet, le nouveau système modularisé ouvre les portes à un apprentissage tout au long de la vie. Peu importe l'âge ou l'origine, chacun a la possibilité de se perfectionner et de se requalifier en bâtissant sur ses connaissances déjà acquises. Pour une société de la connaissance moderne comme l'Allemagne, cela est d'une grande importance afin de pouvoir continuer de faire face à la concurrence internationale en innovant. Seul un système d'éducation ouvert et transparent tel que celui qui se met en place avec le processus de Bologne peut être en mesure d'assurer l'égalité des chances pour tous et d'exploiter de manière satisfaisante le potentiel créatif des étudiants.
La réforme de Bologne avait également pour objectif de favoriser la mobilité des étudiants à l'intérieur de l'Europe. Avec l'introduction du système ECTS (Système européen de transfert et d'accumulation de crédits), un premier pas important a été fait dans cette direction. Grâce au nouveau système de crédits, les unités de cours deviennent comparables entre les pays qui participent à la réforme. Cette dernière était urgente, notamment en Allemagne, où le simple fait de changer d'université pouvait impliquer d'importants tracas bureaucratiques.
Quelque 23% des étudiants allemands vont à l'étranger dans le cadre de leurs études. Comparés aux étudiants d'autres pays comme les États-Unis, la France ou la Grande-Bretagne, les étudiants allemands sont très "mobiles". Cependant, seuls 15% des étudiants au bachelor effectuent un séjour d'études à l'étranger, ce que les experts désignent en tant que "faible mobilité horizontale". En revanche, la "mobilité verticale" a augmenté avec l'introduction des nouveaux diplômes. De plus en plus d'étudiants décident en effet de partir à l'étranger avec leur bachelor en poche, afin d'y entreprendre un master. La proportion d'étudiants qui vont à l'étranger dans le cadre d'un master est ainsi deux fois plus élevée: elle représente 30%.
L'une des raisons principales de la faible mobilité des étudiants au bachelor est leur programme très intensif qui se reflète dans un emploi du temps souvent très rempli. Afin de remédier à ce problème et à d'autres, on a créé en 1998 la "Stiftung zur Akkreditierung von Studiengängen in Deutschland" (fondation pour l'accréditation des cursus d'études en Allemagne). L'accréditation de nouveaux cursus d'études vise notamment à assurer que la charge de travail demandée corresponde bien à la période de trois ans en moyenne requise pour compléter un bachelor, et de deux ans pour le master. L'accréditation incite en outre les universités à améliorer les conditions et l'organisation de l'enseignement, car seuls les cursus qui correspondent à toutes les hautes exigences de qualité de la fondation la reçoivent. Enfin, la désignation "cursus d'études accrédité" se veut un sceau de qualité qui, d'une part, promeut la concurrence entre les universités et la mobilité des étudiants et, d'autre part, garantit aux étudiants et à leurs futurs employeurs une certaine qualité de la formation.
Au cours des dix années qui ont suivi la rencontre phare de Bologne, 46 pays se sont joints à cette restructuration du système d'éducation. Ce grand tournant au sein de la politique éducative a également été suivi attentivement de l'autre côté de l'Atlantique. D'ailleurs, trois États américains ont lancé début mai un projet intitulé "Tuning USA", qui a pour objectif d'introduire là-bas les mesures de Bologne ayant fourni les meilleurs résultats.
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SLR réagit au discours de Valérie Pécresse au Cnrs (Libération)
Sciences.blogs.liberation.fr - Le discours de Valérie Pécresse devant le Conseil Scientifique du Cnrs, lundi dernier, continue de susciter des réactions.
Après celle du président du CS, Gilles Boetsch, Sauvons la Recherche vient de publier un communiqué qui tout en réaffirmant une opposition franche, souligne les inflexions de cette politique, mis au compte de "batailles de la communauté scientifique et universitaire depuis plusieurs mois". Par ailleurs, Henri Audier s'est livré à une analyse détaillée du discours, que l'on peut trouver ici. Et ici les différentes versions du contrat d'objectifs et de moyens (COM) sur lequel le CS a voté.
Le Conseil d'Administration du Cnrs doit se tenir... à Genève, au siège du Cern, le 25 juin. Une "délocalisation" probablement plus provoquée par la venue de scientifiques protestataires lors des dernières réunions que par la volonté de saluer le Cern et son LHC toujours en réparation. Pour leur part, les syndicats ont décidé hier le boycott du Comité technique paritaire qui devait discuter du COM, voici ici leur communiqué commun. Ils appellent à un rassemblement au siège du Cnrs le 25 juin. Ces syndicats se sont rendus à une "réunion d'un groupe de travail sur l'emploi scientifique" aujourd'hui au ministère. A leur surprise, déclarent-ils, leurs interlocuteurs n'avaient aucun document de travail à leur remettre, les leur promettant "pour septembre"... du coup, les syndicats ont quitté le ministère.
Voici le communiqué de Sauvons La Recherche.
Dans son discours du 16 juin, devant le Conseil scientifique du CNRS qui devait se prononcer sur un texte fondamental pour l’avenir de l’organisme (le Contrat d’Objectifs et de Moyens), la ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur a réaffirmé les grands principes de sa politique, principes que SLR a condamnés à maintes reprises et qui contredisent les propositions dégagées lors des Etats Généraux de la recherche dont la ministre ne cesse pourtant de se prévaloir.
► La stratégie nationale de recherche et d’innovation élaborée par quelques commissions entièrement nommées.
► La réaffirmation du rôle central de l’Agence Nationale pour la Recherche (dont tous les membres sont nommés) au détriment des crédits de base (même si la place des projets « blancs » est appelée à s’accroître, tout comme le « préciput » au bénéfice des laboratoires).
► L’apologie de la division du CNRS en Instituts « verticaux » et la volonté de créer un dixième Institut au CNRS dans le domaine des sciences et technologies de l’information malgré le désaveu du CS.
► Le remplacement de fait du Comité national de la recherche scientifique (composé d’experts nationaux et internationaux au 2/3 élus) par l’AERES, alors que nous contestons sa méthodologie d’évaluation et la réalité de son indépendance affichée (puisque tous ses membres sont nommés par le gouvernement).
► La confirmation de l’Alliance des Sciences de la Vie et du Consortium dans l’agronomie et la santé animale, qui se voient confier un rôle dans la « prospective » scientifique.
► La réaffirmation du bien fondé d’une politique de primes et la défense des chaires.
► Un renforcement du pouvoir administratif et bureaucratique puisque, parmi les directeurs généraux délégués prévus par les nouveaux textes, un seul sera scientifique et que le Secrétaire général (administratif), devenu Directeur général adjoint, aura des pouvoirs sur les aspects scientifiques.
Toutefois, même si les engagements mainte fois trahis incitent à la plus grande méfiance, certains des propos de Valérie Pécresse marquent un changement par rapport à la brutalité des déclarations antérieures :
1- les suppressions d’emplois dans les deux prochaines années sont abandonnées ;
2- les postes liées aux chaires sont réaffectés au CNRS ;
3- le rôle central des UMR est réaffirmé, même si c’est dans le cadre du gestionnaire unique, dont il n’est plus dit que c’est obligatoirement l’hébergeur ;
4- l’organisation en instituts se fera après décision du CNRS, répartition des moyens par celui-ci, avis du Conseil scientifique sur la politique de l’organisme ; de plus, contrairement aux précédents projets, les Conseils scientifiques des Instituts seraient composés comme ceux des départements ;
5- les sections [du Comité national] continueront à rendre leurs avis sur la création, le renouvellement ou la suppression des unités, même si elles devront s’appuyer sur les évaluations de l’AERES, ce qui correspond à la revendication, a minima, "d’une discussion collective et contradictoire du rapport des experts par une commission composée en majorité de pairs élus" ;
6- une ouverture semble se dessiner sur les carrières.
7- la ministre se déclare « prête à prendre » dans le cadre du contrat d’objectifs des engagements sur les moyens nouveaux qui seront attribués au CNRS dès 2010.
Ces reculs sont à mettre au crédit des batailles menées depuis des mois par la communauté scientifique et universitaire. Ils demeurent insuffisants et il est à redouter que comme par le passé, ils ne soient qu’éphémères, d’autant que le chef de l’Etat a réitéré récemment sa volonté d’appliquer l’intégralité du rapport Zerhouni et donc d’exclure la biologie du CNRS.
Poursuivant l’action, SLR maintient donc ses exigences, notamment concernant la recherche, celles sur l’emploi scientifique (afin de résorber la précarité chez les jeunes scientifiques) et celles sur la pérennité et l’autonomie du CNRS. Plus largement, nous appelons nos concitoyens à défendre avec nous la liberté d’initiative des scientifiques et la possibilité pour les établissements de recherche (organismes et universités) de pouvoir développer une politique scientifique sans intrusion constante du pouvoir politique dans toutes les étapes et tous les détails de son élaboration et de sa mise en œuvre.
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Connexe : Le décret "anti-cagoule" officiellement publié (Le Monde)
LeMonde.fr - L'interdiction de dissimuler volontairement son visage lors d'une manifestation publique a été officialisée, samedi 20 juin, avec la publication d'un décret du premier ministre au Journal officiel. Le texte punit d'une amende maximale de 1 500 euros "le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d'une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage afin de ne pas être identifiée dans des circonstances faisant craindre des atteintes à l'ordre public".
Ce document, aussi connu sous le nom de "décret anti-cagoule", prévoit une amende de 3 000 euros en cas de récidive. Il ajoute que des exceptions sont prévues, notamment pour les "manifestations conformes aux usages locaux ou lorsque la dissimulation du visage est justifiée par un motif légitime".
"MESURE GROTESQUE"
Au moment de son annonce, plusieurs syndicats de police avaient émis des doutes sur l'application réelle de cette mesure. "Il sera quasiment impossible d'aller chercher les gens cagoulés au cœur d'une manifestation", rappelait au Monde.fr Fabrice Ribeiro, secrétaire général adjoint du syndicat d'officiers Synergie. Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue de droits de l'homme, dénonçait, pour sa part, "une mesure grotesque qui va créer plus de problèmes qu'elle n'en résoudra".
L'idée derrière ce décret émane du ministère de l'intérieur. Après les débordements en marge du sommet de l'OTAN à Strasbourg, en avril, Michèle Alliot-Marie avait annoncé son intention d'étudier l'interdiction de masquer son visage lors des manifestations. Mme Alliot-Marie avait ensuite transmis un décret à Matignon.
La publication du décret intervient alors que la proposition de loi du député UMP Christian Estrosi, pour créer notamment un délit de "participation à une bande violente" aggravé en cas de dissimulation du visage, a été adopté le 10 juin par la commission des lois. La proposition de loi doit être examinée par les députés à partir de mardi.
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18.06.2009
Connexe : Ecoles : La gauche monte au créneau (Sud Ouest)
SudOuest.com - Rien de tel que la défense de l'école publique, laïque et républicaine pour affirmer les « valeurs de la gauche ». C'est ce qu'ont fait hier en fin d'après-midi, à la mairie de Bègles, les maires et adjoints de 17 communes de gauche de la Communauté urbaine de Bordeaux, autour de Noël Mamère (Bègles), Vincent Feltesse (Blanquefort) et Jean-Jacques Benoît (Pessac).
Michel Héritier (Ambarès), Maurice Pierre (Ambès), Christine Bost (Eysines), Pierre Soubabère (Saint-Louis-de-Montferrand), les autres maires présents, et les adjoints d'Artigues, Bassens, Cenon, Floirac, Le Haillan et Le Taillan, Lormont, Mérignac et Saint-Médard-en-Jalles (manquaient Parempuyre et Carbon-Blanc), ont décliné leurs raisons de se mobiliser. En tant que maires confrontés au « désengagement de l'État », et comme élus de gauche, au nom souvent des « quartiers populaires fragiles ».
Tout y est passé, le détail et les grands principes : suppressions de postes en Rased (Réseau d'aide spécialisé), fermetures de classes, défense des Emplois vie scolaire, hostilité au service minimum lors des grèves, dénonciation des « jardins d'éveil » concurrents des maternelles, sans oublier la « base élève » qualifiée de fichier « liberticide », ou la défense des infirmiers et psychologues.
Des cahiers de doléances
Noël Mamère, puissance invitante après que la mobilisation béglaise d'enseignants et parents lui a suggéré l'initiative, a étendu le propos à l'université : « Beaucoup de gâchis et de frustration ». Vincent Feltesse a annoncé « deux initiatives » : l'ouverture de « cahier de doléances », débouchant en septembre sur un « Livre noir de l'école ». Puis la tenue d'assises de l'école publique en Gironde, qui pourraient rejoindre un débat national : « On est contre la casse, mais il faut de la réforme. » Le maire de Blanquefort a concédé : « On peut nous faire le reproche d'arriver trop tard. » Rendez-vous à la rentrée des classes pour relever les copies.
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Allemagne : Les étudiants descendent dans la rue (Courrier International)
CourrierInternational.com - Etudiants et professeurs ont manifesté ensemble le 17 juin dans 70 villes d’Allemagne pour réclamer de meilleures conditions d’études et d’enseignement. Ils étaient 240 000 selon les organisateurs, moitié moins selon la police. Ils ont dénoncé les dernières réformes entrées en vigueur (raccourcissement de la scolarité au Gymnasium, processus de Bologne) et le manque chronique de moyens dont pâtit l’université. Le mouvement devrait durer jusqu’à la fin de la semaine, sous-forme de sit-in et d’occupations de bâtiments.
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