17.07.2009
ET SI C'ETAIT MAINTENANT QUE CA COMMENCAIT? (Sauvons L'Université)
SauvonsLUniversite.com - Le 10 août 2007 est promulguée la loi LRU (Libertés et responsabilités des universités), adoptée à la sauvette le 1er août : prenant en charge cette élaboration hâtive, Madame Pécresse a pu croire longtemps que la rupture du paradigme universitaire qu’elle promouvait ainsi allait passer sans trop de difficultés. Certes, en octobre 2007, les étudiants engagent un mouvement dans une bonne moitié des universités françaises ; certes, ils sont soutenus çà et là par des universitaires et des collègues du personnel administratif ; certes, un vrai débat est lancé dans certains des syndicats et certaines des associations de l’enseignement supérieur et de la recherche dont l’une, SLU, voit justement le jour à cette occasion ; certes, le débat - et le combat - connaissent une nouvelle étape au printemps 2008 avec le mouvement lié à la remise en cause des organismes publics de recherche. Reste toutefois qu’il y a un an et demi, le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche ne s’était pas massivement saisi des questions posées par cette nouvelle loi. Pas plus qu’il ne s’était vraiment emparé l’année précédente des conséquences du Pacte pour la Recherche ou de la création des deux agences nationales (ANR et AERES), dont on allait vite percevoir le rôle essentiel dans le nouveau dispositif voulu par le gouvernement. Toutes celles et tous ceux qui avaient tenté de mobiliser leurs collègues durant cette période partagent sans doute ce constat.
Le premier semestre 2009 nous met devant une situation de nature profondément différente. On pourrait l’expliquer en posant que les acteurs de ce mouvement ont agi à la fois parce qu’ils étaient touchés en tant que personnes et parce qu’ils étaient atteints en tant que membres d’un corps. Du même coup, les conditions commençaient à être réunies pour que le dossier devienne politique aux yeux d’une bonne part des collègues concernés : comme dans tout agir politique, s’y sont croisés ethos individuel, conscience des droits et devoirs d’un groupe constitué et réinscription de l’université dans le champ social et politique. Pour beaucoup, et ce n’est pas un hasard, la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré a joué un rôle essentiel dans cette prise de conscience, parce qu’elle touche au cœur de la fonction sociale des universités, parce que s’y noue de manière évidente l’ensemble de ces dimensions. Dans un milieu éminemment individualiste, où toute explication des dynamiques et de l’idéologie mises en œuvre dans l’université est souvent perçue avec suspicion ou incrédulité et où la tension vers la recherche d’une « vérité scientifique » tend à gommer toute analyse politique du monde et de nos pratiques, ce regain d’action collective est riche de perspectives à moyen terme. Il pourrait déboucher sur une repolitisation du milieu universitaire. Il a d’ores et déjà refait de l’université un objet politique.
Ce qui a changé ou l’irruption du politique dans le débat universitaire
Au terme de quatre mois de mouvement, nous devons admettre que nous ne sommes pas parvenus à bloquer la dynamique des projets ministériels. S’agit-il d’une défaite ? Le mouvement reprendra-t-il, et sous quelles formes, à la fin de l’été ou plus tard ? Telles sont les deux questions principales posées de façon récurrente depuis le début du mois de juin par tous ceux qui ne se satisfont pas d’être enfin sortis d’une situation que plus personne ne contrôlait vraiment.
Le propos qui suit entend moins répondre à ces deux questions que revenir sur ce qui importe peut-être tout autant que ces réponses, dès lors que la fin de cette histoire n’est pas encore écrite. L’évidence de la dimension politique de ce qui s’est passé s’est imposée à une bonne part des acteurs de la mobilisation, ce qui représente une rupture étonnante par rapport à deux attitudes caractéristiques de notre société, qui n’épargnent pas la communauté universitaire.
D’abord, la tendance à qualifier de « politique » toute logique revendicative globale, au sens négatif de « partisan », d’« illusoire », voire d’« idéologique », comme s’il s’agissait là d’une sorte d’aberration, de grossièreté, inconvenante entre gens de bonne compagnie soucieux de l’avenir de la science et de sa transmission. Ensuite, l’usage impensé d’un faisceau de notions constitutives d’une nouvelle doxa, en particulier ministérielle : « autonomie », « gouvernance », « professionnalisation », « compétition », « classements, » « responsabilité », « société de la connaissance », « compétences », « évaluation », « excellence », « modernisation », « innovation »… Généralisés de façon insidieuse, ces concepts forment un système de valeurs qui, quasiment naturalisé, finit par relever d’un état de fait excluant l’hypothèse et le débat. Le refus de généraliser dans un cas et l’adhésion à une généralisation abusive dans l’autre contribuent depuis longtemps, chacun à leur place, à la dépolitisation du discours sur l’enseignement supérieur et sur ses réformes éventuelles.
Dès lors, la méfiance à l’égard du « politique » ainsi conçu tend à faire de la réflexion sur l’université l’affaire des seuls spécialistes de l’administration, voire - pire ! – à la restreindre à la gestion de la vie universitaire, dans laquelle dominent le discours de l’expertise et l’apparente neutralité technique du constat froid et indiscutable, ne tolérant aucune élaboration collective. L’apparente rigueur des chiffres remplace ainsi la pensée critique, le « bon sens » et les bons sentiments se substituent à l’analyse contradictoire, la morgue des certitudes solitaires à la délibération, trop lente au goût des gouvernants. La réalité doit être simple : il faut faire croire que rien n’est politique dans cette affaire, que tout relève du seul souci de la bonne utilisation des deniers publics, de l’efficacité et du classement légitime des compétences.
C’est justement cet édifice prétendument naturel qu’a remis en cause le mouvement dans les universités du premier semestre 2009. Et il l’a fait d’une façon doublement inattendue : par le nombre des interventions et par leurs formes. On voulait présenter la « fronde » ou la « grogne » (selon deux termes péjoratifs, récurrents dans les articles de presse pour qualifier tout mouvement social) comme un caprice de privilégiés ne se souciant que de leurs avantages acquis, un mouvement opposant des « décideurs » responsables, soucieux du bon fonctionnement de l’institution, à une corporation brouillonne, unie par l’agrégat de ses intérêts individuels. En réalité, des pages d’analyses, des discussions continues, des échanges nourris ont précisé toujours plus de quoi il retournait. Des milliers d’universitaires ont commencé à parler d’autres choses que de la répartition de leurs enseignements, du niveau des étudiants ou de la nature de leurs recherches en cours. Au gré de ces échanges, le caractère politique des « réformes » a été plus nettement affirmé. Compte tenu de la syndicalisation très minoritaire dans le milieu universitaire, une telle réaction a trouvé en tâtonnant ses propres formes, souvent inédites : des expressions collectives – éphémères, mais régulières - de la communauté et, simultanément, une profusion d’interventions individuelles nourries par une inventivité rare. Ces formes ont, non sans quelque paradoxe, proclamé une aspiration légitime à une certaine radicalité (arrêter le fonctionnement de l’université, bloquer tel ou tel lieu public, lancer des happenings en direction des rectorats, des gares ou des péages d’autoroute) et admis dans un même temps son impossibilité (elle eût été contraire à l’unité large du mouvement mais aussi – et c’est un point qui mérite d’être questionné – à l’idée que nombre de ses participants se font d’eux-mêmes).
Dans ce mouvement, on a donc beaucoup créé, pensé, écrit, envoyé, reçu, lu, critiqué, marché,... tourné. Nous sommes incapables aujourd’hui de dire quelles idées fortes resteront ; nous ne savons pas encore comment penser l’articulation entre ces idées et les actions futures. Il n’en demeure pas moins que cette production foisonnante a sans doute changé les données de la situation. Beaucoup d’entre nous, dans l’inexpérience même d’un mouvement qui n’avait pas de précédent, ont appris de leurs hésitations et de leurs erreurs mêmes : c’est d’ailleurs là sans doute la première des réponses à donner à ceux qui s’interrogent sur ce qui restera de ce « printemps des universités ». Très vite, les débats ont dépassé la simple question statutaire, contrairement à la présentation univoque faite d’emblée dans de nombreux media - et peut-être aussi, il faut l’admettre, contrairement aux premières motivations de certains participants au mouvement. Ces débats se sont élargis à l’université en général, ils ont inscrit les « réformes » du moment dans une histoire longue, ils les ont confrontées à des bouleversements analogues touchant d’autres secteurs (l’éducation nationale, l’hôpital, la justice, la poste). A côté du statut des enseignants-chercheurs se sont imposés d’autres dossiers et, contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, cet élargissement du débat n’a pas pris la forme d’un catalogue de revendications infinies. Il a précisé le récit politique dans lequel l’épisode statutaire devait s’inscrire. Quelques idées force ont été reprises par ce mouvement de manière plutôt consensuelle. Une interprétation globale des événements s’est dégagée, dont découlait une conclusion alarmante : l’université était aussi l’un des lieux où se déployait une politique plus générale et polymorphe de destruction programmée de la tradition républicaine de service public. Si cette explication donnait sens à ce qui se passait, elle rendait symétriquement le conflit plus aigu.
Prémisses à de nouvelles analyses
La réaction du monde universitaire, qui a pu être taxée de corporatiste, renvoie d’abord, chronologiquement, à la prise de conscience de l’existence d’une crise sociale profonde dans l’université, liée aux conditions de travail et de rétribution – la perte de leur pouvoir d’achat - autant qu’à la fonction symbolique des universitaires. La rupture de ce pacte républicain suivant lequel, en échange de l’acceptation de conditions salariales et matérielles peu favorables, la liberté de recherche et d’enseignement était garantie, a renforcé des positions plus radicalement politiques, au sens premier du terme renvoyant à l’inscription du propos dans l’analyse des nécessités, des droits et des devoirs liés à l’appartenance à une communauté civique. Au passage, on a commencé à revenir sur des causalités que l’on avait refusé de prendre en compte jusqu’alors. Il a été ainsi admis que la source de ce que nous refusions se trouvait dans les logiques mises en place dès le Pacte pour la Recherche puis dans la loi LRU (Libertés et responsabilités des universités). On a mieux compris en outre que la LOLF (Loi d’orientation relative aux lois de finance), appliquée depuis 2006, avait largement contribué à imposer des processus de gestion administrative délétères, renforçant des logiques d’arbitrages budgétaires et de concentration des systèmes d’information et de décision qui nourrissent la compétition entre les individus. Ainsi ont pu être lues ou relues différemment les injonctions de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), les préconisations du processus de Bologne (1999) et de la stratégie de Lisbonne (2000). Il est apparu du même coup que l’ensemble de ces textes et de ces dispositifs avaient une part essentielle dans la gestion ministérielle de l’université française, qui consiste à appliquer les critères d’évaluation de la valeur marchande immédiate à un domaine qui ne produit à court terme que des biens immatériels. Le remodelage hâtif d’une partie du système français d’enseignement supérieur et de recherche à partir de références contradictoires, relevant de cultures et d’expériences radicalement hétérogènes, n’a en fin de compte abouti qu’à produire des structures et des pratiques hybrides, bien moins efficaces que celles qui prévalaient auparavant. En outre, probablement parce qu’elles concernent simultanément l’enseignement supérieur, la recherche, et l’éducation nationale, depuis la maternelle jusqu’au lycée, les « réformes » ont fait apparaître plus nettement que jamais la nécessité de penser la formation des élèves et des étudiants comme un tout.
L’ensemble de ces analyses ne s’est pas pour l’essentiel développé à partir d’a priori empruntés à des questionnements portant sur d’autres objets : il a été construit à partir des textes et de la mise en série critique des données publiques sur l’université dont nous disposions. Du même coup, loin d’être arraché à son espace originel (l’université), le mouvement de mobilisation a fait émerger une synthèse qui montre le système idéologique à l’œuvre dans ces « réformes » et le caractère irréductible de ce même système aux valeurs que nous entendons défendre et promouvoir. Cette prise de conscience interdisait sur le plan tactique d’accepter la discussion de chaque dossier au cas par cas (puisque rien ne servait d’en régler un si les autres restaient en jachère) mais, surtout, elle battait en brèche le consensus mou portant l’idée de la « nécessaire réforme » de l’université. Par là même, le discours polymorphe du mouvement se substituait, sans que cela ait été prévu, ni pensé (et donc sans que quiconque y fût prêt...) au discours en définitive inexistant de l’opposition politique officielle au gouvernement en place.
Une des ambivalences et une des faiblesses de notre mouvement a sans doute tenu à cette repolitisation brutale, donc lacunaire et partielle, qui a dû se passer de relais politiques classiques et qui s’est construite hors d’une pratique organisationnelle de type syndical forte. Mais cette faiblesse peut être aussi la nouveauté de ce mouvement et son éventuel avenir. Les universitaires ne peuvent prétendre à un monopole de la réflexion sur eux-mêmes et l’université, mais ils ont contribué à dévoiler les motivations du gouvernement et ont donné une place à ce sujet dans l’agenda de la politique française.
Penser la représentation
Au travers de ce qui s’est passé ces derniers mois dans l’enseignement supérieur et la recherche (à quoi on peut ajouter les réactions de nombreux collègues de l’enseignement primaire à la brutalité des différentes réformes voulues par Xavier Darcos), il est clair que, pour la première fois depuis longtemps, la droite française met en œuvre son projet de restructuration radicale de l’ensemble du système d’enseignement en France. Ainsi, l’un des vrais acquis de notre combat a été de faire apparaître le caractère central de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré. En s’attaquant aux sciences fondamentales, aux lettres et sciences humaines et aux IUFM, ce projet entend non seulement éliminer des « maillons faibles » du système éducatif, mais surtout retrancher de la fonction publique les enseignants – qui en constituent la majeure partie, mais ne sont pas une des clientèles électorales traditionnelles de la droite française. S’appuyant sur la double dualité de notre système d’enseignement supérieur – universités / grandes écoles, public / privé – qu’il renforce, le gouvernement est animé par une forme de mépris à l’égard de la culture et donc de pans entiers, non productifs à ses yeux, de l’université (La Princesse de Clèves en étant devenue la métaphore inattendue), il utilise le discours réformiste pour attaquer de front les disciplines critiques que sont les sciences humaines et sociales, et il favorise activement la croissance du secteur privé, catholique ou non, dans l’enseignement supérieur.
Pour le gouvernement, la « réforme » n’est donc en réalité pas, contrairement à ce qu’il claironne, une nécessité administrative et le changement ne relève pas simplement d’une décision de « bon sens » et de retour à une rationalité de bon aloi. Le président de la République le dit très bien lui-même quand il fait de cette « réforme » la plus importante de son quinquennat, une priorité absolue et une urgence tellement impérieuse qu’elle a pu justifier toutes les précipitations et tous les raccourcis législatifs. Aucun état des lieux n’a été fait, qui eût replacé l’université dans les systèmes français et européen de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui eût posé à l’ensemble de la société la question de la place et des objectifs assignés aux universités, notamment à l’égard du monde du travail.
Mais les réflexions produites pendant ce mouvement ont rendu impensable pour les principaux intéressés, les membres de la communauté universitaire, que les « réformes » s’appliquent sans qu’ils soient consultés et consentants : ce serait là abdiquer leur fonction essentielle d’analyse de ce qu’ils font et de ce que l’on fait au système d’enseignement supérieur français. La méthode du gouvernement (faire tout en même temps, très vite et sans poser les termes collectifs du problème, ni négocier quoi que ce soit) a contribué ainsi à délégitimer gravement l’ensemble de l’édifice législatif récent et à faire d’une négociation globale l’exigence collective d’une profession, pour partie révulsée par la nature des bouleversements que l’on fait subir à l’université, pour partie indignée de la façon dont elle est traitée. Seule cette négociation globale pourrait rendre légitime une réforme de l’université, elle pourrait seule faire cesser cette lente dérive vers une « douce tyrannie ».
Cette exigence de négociations nous a confrontés au problème de la représentation du mouvement. Nous avons souffert des faiblesses de nos forces – un mouvement ample, protéiforme, sans base syndicale large, unie et solide - tout autant que de la détermination de notre adversaire. Comme l’ensemble de la société, l’université et ses organisations représentatives sont prises dans la tendance à donner la primeur aux individus et à la protection de leurs carrières plutôt qu’à une conception collective de leurs fonctions sociales analogues comme membre du même corps. De ce point de vue, pas plus les syndicats que les associations ou les tenants du discours sur la « dignité » blessée des universitaires n’étaient en mesure de construire l’efficacité politique d’une action collective.
L’amertume, les interrogations, la rage et les espoirs de ces derniers mois ne visaient pas, par un réflexe conservateur, à sauver la vieille université, qui n’existe plus depuis longtemps. Le mouvement a pris conscience de ce qu’est l’université aujourd’hui et a tenté d’ouvrir des pistes permettant de penser son futur et celui de la fonction sociale des universitaires. La massification de l’université a eu lieu ; elle a transformé profondément sa réalité matérielle mais aussi nos pratiques, nos analyses et parfois, malheureusement, notre perception du bien fondé d’un accès large à l’enseignement supérieur. Cette réaction ambivalente tient à ce que les conséquences de la hausse du nombre d’étudiants et de l’évolution de leurs caractéristiques n’ont pas été pensées collectivement. Or, la question qui émerge peu à peu de la réflexion que les universitaires ont débutée au printemps ne porte pas sur le fait de savoir si l’université accueillerait trop de jeunes gens mais sur les conditions nécessaires pour qu’elle continue de le faire en demeurant l’université. L’université doit permettre un accès encore élargi de groupes sociaux nouveaux à l’enseignement supérieur, et accomplir par là les promesses de sa démocratisation inachevée. Cela passe, entre autres, par le développement de pratiques démocratiques dans les relations entre ses acteurs et par un engagement à repenser collectivement la production et la transmission du savoir et des connaissances dans la société.
Ces longs mois ont donc permis d’engager un processus de réflexion sur ce que pourrait être une autre université. C’est en partie dans cette nouveauté et cette altérité que réside l’enjeu de la repolitisation du dossier qui est ici notre propos. Il n’y aura pas de véritable réflexion sur les moyens de réformer l’université sans prise en charge du caractère nécessairement politique d’une telle réflexion. Pas plus qu’on ne saurait réduire l’action politique à la manifestation ou à la rue, on ne peut réserver la réflexion à la sphère purement intellectuelle, séparée des mouvements sociaux, pour la proposer ensuite comme discours d’expertise à ceux qui seraient les véritables acteurs de la réforme – le pouvoir exécutif, l’administration. De même que le discours d’expertise ne peut être réservé à quelques sommités plus ou moins proches des réalités universitaires, le discours de l’action politique ne saurait être capté par les rhéteurs de la radicalisation. Toute polarisation des lieux, des formes et des organisateurs du débat continuerait à laisser à l’extérieur de celui-ci la majorité des acteurs de la mobilisation.
Redonner sens au politique, sur la foi de la prise de conscience qui s’est opérée, c’est réinvestir tous les moments et lieux de la vie universitaire et sociale. C’est continuer sans relâche d’offrir une pensée critique aux étudiants. C’est enfin, tirant les leçons des mouvements de ces dernières années, réfléchir au rapport entre la réflexion sur l’université et ce à quoi elle sert, de manière à ne pas laisser au seul pouvoir exécutif la responsabilité de traduire en termes politiques les problèmes de l’enseignement supérieur et de la recherche, et plus généralement du système d’éducation publique en France. Cela impose donc non seulement de construire la force politique d’une réflexion collective, mais aussi de prendre constamment en charge les propositions, les lieux d’où elles viennent et les usages qui en sont faits.
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Universités: la répartition des moyens doit être "plus juste" (Sénat) (VousNousIls.fr)
| VousNousIls.fr - Le système d'allocation des moyens aux universités, dit "Sympa", déjà critiqué par certaines d'entre elles, doit être "amélioré pour 2010" afin de devenir "plus juste" et d'être "mieux accepté", selon un rapport d'information sénatorial rendu public mercredi. "La répartition opérée par Sympa nécessite d'être améliorée pour 2010 afin de rendre le système plus juste et mieux accepté par les universités", selon une note de presse du rapport d'information des sénateurs Philippe Adnot (non inscrit) et Jean-Léonce Dupont (Union centriste). Concernant le volet "activité" de cette répartition, il faudra "mieux comptabiliser les étudiants accueillis par les universités, en particulier les doctorants, les étudiants en médecine, les étudiants des IUFM", prônent-ils. Mais aussi "mieux appréhender les coûts de formation au regard de l'environnement (les coûts fixes sont plus élevés pour des universités de petite taille) ou des caractéristiques de leur cursus (la pondération des étudiants en IUT nécessite d'être revue, le modèle actuel conduisant à une diminution sensible des moyens)", ajoutent-ils. Le volet "performance" doit connaître une "accélération de la construction et de la mise en place des critères relatifs à l'insertion professionnelle des étudiants", afin de pouvoir "comparer objectivement les données produites". S'agissant de la recherche, les sénateurs jugent que "le débat sur l'efficience des universités en matière de recherche, lancé notamment par la CPU" (Conférence des présidents d'universités) est "légitime". "Compte tenu des différences d'encadrement qui existent entre les universités, ces dernières n'ont pas les mêmes capacités de recherche. Il serait donc pertinent d'examiner les résultats des universités en matière de recherche au regard des moyens dont elles disposent", estiment-ils. Enfin, s'agissant des enveloppes nationales de crédits, ils écrivent qu'un "rééquilibrage se révèle nécessaire entre les niveaux licence et master". La première année de mise en place de Sympa "a retenu des crédits identiques, ce qui est contestable, compte tenu du coût a priori plus élevé du niveau licence qui comprend plus d'étudiants et une année de plus de formation que le master. Un rééquilibrage doit être négocié pour 2010", selon le texte. |
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Les facs françaises mal notées par la Banque mondiale (Le Figaro)
LeFigaro.fr - L'organisme attribue notamment ces mauvais résultats à l'absence de sélection des étudiants et au faible niveau de la dépense publique pour l'enseignement supérieur.
La banque mondiale vient d'étudier les systèmes universitaires à travers le monde. Parmi eux, la France affiche une médiocre performance dans les classements internationaux. Selon l'institution internationale, le niveau de dépense constitue l'un des principaux déterminants des performances d'un pays.
Ainsi, les universités américaines se classent parmi les meilleures du monde mais, aux États-Unis, les dépenses totales pour l'enseignement supérieur représentent 3,3 % du produit intérieur brut contre seulement 1,3 % dans les 25 pays de l'Union européenne.
Cependant, le Royaume-Uni et la Suisse ont des universités relativement bien financées et atteignent des scores élevés alors que la France, l'Allemagne et le sud de l'Europe occupent des rangs inférieurs. En France et en Allemagne, les dépenses publiques par étudiant sont en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE et correspondent à la moitié du niveau de celles des universités américaines.
Autre facteur pour faire la course en tête : le niveau des étudiants. En 2008, les meilleures universités française (Paris-VI) et allemande (Munich) n'étaient placées qu'aux 42e et 55e rangs, pour une raison évidente selon la Banque mondiale : «Il n'y a presque pas de sélection des étudiants qui entrent dans l'enseignement supérieur.»
«Dispersion des ressources humaines et financières»
Pour créer des universités de rang mondial, il faut leur assurer des «éléments d'autonomie», affirme encore le rapport. La présence à la tête des établissements de dirigeants possédant «un grand charisme et une forte vision stratégique» compte beaucoup. L'«absence absolue de compétition» entre les universités rend «difficile la mise en place de centres d'excellence», ajoute la Banque mondiale.
Dans le cas de la France, deux autres caractéristiques compliquent la situation. La division entre grandes écoles et universités est l'une des principales raisons pour lesquelles les universités françaises «ne sont pas compétitives à l'échelle internationale».
La plupart des étudiants en doctorat ne sont pas les meilleurs «parce que les grandes écoles qui sont des établissements d'élite pour la formation de hauts cadres font très peu de recherche».
Enfin, la séparation entre les instituts de recherches affiliés au CNRS et ceux des universités entraîne une «dispersion des ressources humaines et financières». Or, la force des universités de rang mondial réside dans le fait que la recherche est le plus souvent intégrée à tous les niveaux.
Malgré les importantes réformes de ces dernières années (dont la loi Pécresse sur l'autonomie des universités) la France aurait donc encore des efforts à fournir pour se hisser dans la cour des grands.
13:46 Publié dans Presse écrite Divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Réflexions sur la crise universitaire 2009 (Libération)
Sciences.blogs.liberation.fr - Les animateurs du mouvement Sauvons l'université viennent de publier une réflexion sur la crise qui a secoué les universités cette année.
Ce retour sur des événements historiques - la dernière grève longue et massive des universitaires remonte à 1976 ! - mérite le détour.
Ses auteurs sont en effet parmi ceux qui ont le plus contribué à lancer ce mouvement, même si personne ni aucune organisation comme SLR , ni syndicale (même la principale, le Snesup FSU) ne peut véritablement revendiquer la responsabilité pleine et entière de son déclenchement et, surtout, de sa durée.
Ce qui ressort d'une première lecture de ce texte, c'est que les acteurs même de ce mouvement ont du mal à en cerner les contours, les véritables raisons et donc les perspectives possibles. Cela n'a rien d'étonnant.
Ainsi, le 2 février, le premier jour de cette grève, j'ai publié sur ce blog une longue interview de Jean-Louis Fournel, porte parole de SLU. On y lisait en particulier ceci : «Elles (les raisons de cette grève) sont multiples et bien loin d’une réaction corporatiste à la seule réforme de nos statuts, réforme qui constitue la goutte d’eau qui a fait déborder un vase rempli d’abord par les décisions gouvernementales...».
Autrement dit, si le vase n'avait pas été rempli, la goutte d'eau se serait écrasée au fond. Ce n'est d'ailleurs pas trahir un secret que d'affirmer qu'au moment même où ils lancent ce mouvement, la plupart des ses animateurs principaux ne savent pas du tout vers quoi ils se dirigent. La plupart d'entre eux sont persuadés qu'il va s'agir d'un "blitzkrieg" de deux ou trois semaines maximum. Et qu'à cette échéance, soit le gouvernement cèdera, soit les universitaires reprendront le chemin des amhis.
Mais la profondeur de la colère, de la crise de confiance vis à vis du monde politique (et pas seulement de la droite au gouvernement), du sentiment de "déclassement" (concept à la mode...) des universitaires va aboutir à une dynamique de groupe ou, d'A-G en A-G, le mouvement sera reconduit sur une longue durée, imprévue par ses acteurs. La manière différente dont, selon les UFR et en particulier une nette dichotomie entre sciences de la nature et sciences de l'homme, cette action a été conduite ne doit pas faire illusion. La contestation est vive partout, même s'il est évident que la ministre reçoit aussi des soutiens dans le monde universitaire et pas seulement de présidents d'universités.
Cette analyse des raisons profondes et multiples de ce mouvement, que l'on retrouve dans le texte de SLU, s'oppose radicalement à la vision qu'en développe David Bonneau, ancien conseiller juridique de Valérie Pécresse. Dans un document de la Fondation pour l'innovation politique, il développe le point de vue selon lequel c'est la défense stricte du "statut" des Enseignant-chercheurs, selon l'argumentaire présenté par Olivier Beaud, qui explique cette crise. Une vision bien naïve... qu'Olivier Beaud lui même aurait bien du mal à suivre.
A l'occasion d'un débat organisé à Libération avec le D-G du groupe HEC ne lâchait-il pas soudain «on aurait du faire ça (la grève) depuis longtemps...». Autrement dit, même l'un des principaux hérault de cette argumentaire "juridiste" sait bien que les raisons profondes de la mise en mouvement de milliers d'universitaires n'étaient pas là, ou du moins ni exclusivement ni même principalement. D'ailleurs, lors des discussions avec les psychologues, historiens, sociologues et autres géographes, physiciens, biologistes ou chimistes que j'ai rencontré dans les manifestations et A-G, la mise en avant de ce type d'argument était plutôt rare.
Le simple fait que l'ex-conseiller juridique de Valérie Pécresse ne soit pas capable de se rendre compte que ce n'est pas la modulation de service en soi qui a mis les universitaires dans la rue mais le croisement de ce principe avec les chiffres (nombre d'enseigants chercheurs, nombre d'heures de cours en croissance) et donc leur conviction que la modulation serait à la hausse pour la plupart d'entre eux sans aucun rapport avec l'intensité de leurs recherches, relève peut-être de sa formation de juriste. Il serait étonnant qu'une telle vision ait été celle de la ministre elle même.
De même, l'incapacité de cette analyse à prendre en compte le caractère global de la protestation et du lien avec les autres dossiers (mastérisation, LRU, transformation des organismes de recherche, discours présidentiel...) la frappe d'une sorte d'aveuglement politique, la rend muette devant le caractère très large de la contestation (Qualité de la Science Française, Autonome Sup, certaines prises de position de la CPU, de présidents d'université).
Curieusement, cette analyse entre en résonnance avec la gestion de la crise par le gouvernement. gestion caractérisée par le refus catégorique de toute négociation globale et par le refus de valoriser les concessions finalement faites en termes de résultats de négociations avec les universitaires en action. Cette gestion a été accusée, ici même, de poursuivre une "politique du pire", crispant au maximum la situation. Quelles sont les parts respectives de la volonté de démontrer une "fermeté" devant la contestation (voir le cri du coeur de Fillon à cet égard : "je dirige le seul gouvernement à avoir résisté à un mouvement des universités", ce qui dénote de sa part une singulière cécité puisqu'il confond un mouvement étudiant et un mouvement des universitaires...), du manque d'expérience sociale de la ministre et de son cabinet et de l'erreur d'analyse du mouvement... il est difficile de le savoir. Surtout que la fin (provisoire ?) de l'histoire permet au gouvernement de "choisir" la version qu'il préfère, c'est le privilège des vainqueurs après la bataille...
voici le début du texte de SLU
Et si c’était maintenant que ça commençait ?
Réflexions de Sauvons l’Université ! sur le printemps 2009 des universités
Le 10 août 2007 est promulguée la loi LRU (Libertés et responsabilités des universités), adoptée à la sauvette le 1er août : prenant en charge cette élaboration hâtive, Madame Pécresse a pu croire longtemps que la rupture du paradigme universitaire qu’elle promouvait ainsi allait passer sans trop de difficultés. Certes, en octobre 2007, les étudiants engagent un mouvement dans une bonne moitié des universités françaises ; certes, ils sont soutenus çà et là par des universitaires et des collègues du personnel administratif ; certes, un vrai débat est lancé dans certains des syndicats et certaines des associations de l’enseignement supérieur et de la recherche dont l’une, SLU, voit justement le jour à cette occasion ; certes, le débat - et le combat - connaissent une nouvelle étape au printemps 2008 avec le mouvement lié à la remise en cause des organismes publics de recherche. Reste toutefois qu’il y a un an et demi, le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche ne s’était pas massivement saisi des questions posées par cette nouvelle loi. Pas plus qu’il ne s’était vraiment emparé l’année précédente des conséquences du Pacte pour la Recherche ou de la création des deux agences nationales (ANR et AERES), dont on allait vite percevoir le rôle essentiel dans le nouveau dispositif voulu par le gouvernement. Toutes celles et tous ceux qui avaient tenté de mobiliser leurs collègues durant cette période partagent sans doute ce constat.
Le premier semestre 2009 nous met devant une situation de nature profondément différente. On pourrait l’expliquer en posant que les acteurs de ce mouvement ont agi à la fois parce qu’ils étaient touchés en tant que personnes et parce qu’ils étaient atteints en tant que membres d’un corps. Du même coup, les conditions commençaient à être réunies pour que le dossier devienne politique aux yeux d’une bonne part des collègues concernés : comme dans tout agir politique, s’y sont croisés ethos individuel, conscience des droits et devoirs d’un groupe constitué et réinscription de l’université dans le champ social et politique. Pour beaucoup, et ce n’est pas un hasard, la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré a joué un rôle essentiel dans cette prise de conscience, parce qu’elle touche au cœur de la fonction sociale des universités, parce que s’y noue de manière évidente l’ensemble de ces dimensions. Dans un milieu éminemment individualiste, où toute explication des dynamiques et de l’idéologie mises en œuvre dans l’université est souvent perçue avec suspicion ou incrédulité et où la tension vers la recherche d’une « vérité scientifique » tend à gommer toute analyse politique du monde et de nos pratiques, ce regain d’action collective est riche de perspectives à moyen terme. Il pourrait déboucher sur une repolitisation du milieu universitaire. Il a d’ores et déjà refait de l’université un objet politique.
La suite du texte est ici.
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Des professeurs à bac+5 (Sud Ouest)
SudOuest.com - ENSEIGNEMENT. William Marois et Daniel Filâtre rendent aujourd'hui leur rapport sur la formation des maîtres. Mais la réforme de la mastérisation est déjà enclenchée.
Un rapport commandé par un ministre, rendu à un autre ministre. Hasard du calendrier, William Marois, recteur de l'académie de Bordeaux, et Daniel Filâtre, président de l'université Toulouse Le Mirail, remettent aujourd'hui à Luc Chatel les premières conclusions d'une commission nationale créée par Xavier Darcos.
1 Un rapport sur un sujet très polémique
En quelques semaines, cette commission a multiplié les consultations afin de mettre noir sur blanc des propositions sur l'organisation de la formation des maîtres et de leur recrutement au niveau master (bac + 5). Un sujet pour le moins sensible puisque ce projet de réforme avait poussé dans la rue nombre d'étudiants et d'universitaires entre février et mai. Les conclusions de ce rapport devraient être assez générales. Le principe de la mastérisation est de toute façon acquis. Il s'agit en fait, avec cette commission, de la mettre en musique. Un enjeu de taille puisque, chaque année, 120 000 étudiants se présentent aux épreuves.
2 Ce que doit changer cette réforme
Pour devenir professeur aujourd'hui, il faut d'abord obtenir une licence (bac + 3). On peut alors s'inscrire en première année à l'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) pour se préparer au concours de professeur (premier ou second degré). Ce qui correspond à un niveau master 1 (bac + 4) avant de passer le concours. Si on a la chance d'être reçu, une deuxième année de formation se fait en alternance à l'IUFM et dans un établissement scolaire. La carrière d'enseignant commence par cette première année de fonctionnaire stagiaire rémunérée. Ce que l'on appelle la mastérisation consiste à demander aux étudiants d'obtenir un master à l'université pour se présenter au concours. En contrepartie, l'année de stage via l'IUFM est supprimée.
3 Les points qui posent problème
La première conséquence est l'allongement d'un an de la durée des études avant de devenir professeur. La deuxième est d'en faire une formation plus théorique et moins pratique, puisqu'elle ne comprend plus l'année de stage en IUFM, une fois reçu au concours. Mais la commission tiendra peut-être compte, dans ses préconisations, de cette nécessité d'être confronté au réel avant d'enseigner. La dernière conséquence est de rémunérer les futurs enseignants un an plus tard. Cela permettrait au gouvernement de réaliser d'importantes économies. Ainsi, sur les 16 000 suppressions de postes annoncées pour la rentrée 2010, la moitié correspondrait à la disparition progressive de la rémunération de ces enseignants stagiaires d'IUFM, en tenant compte du recul du gouvernement pour l'année 2010.
4 Un contexte tendu, des décrets rédigés
On comprend, dès lors, l'empressement du ministère à avancer sur ce projet de mastérisation. Le travail de la commission Marois-Filâtre a d'ailleurs été perturbé par la publication de décrets qui l'organisent... avant ses conclusions. Le principe d'un accès au concours au niveau master est bel et bien entériné. Le gouvernement a simplement accepté de ne modifier les conditions d'accès au concours qu'à partir de 2011. Durant cette période transitoire, les consultations vont se poursuivre. Les préconisations Marois-Filâtre, rendues aujourd'hui, devraient permettre de lever un premier voile sur le contenu de cette nouvelle formation. Les futurs enseignants savent au moins qu'ils pourront bientôt afficher un master sur leur CV, ce qui devrait entraîner, selon Luc Chatel, une augmentation de leurs salaires. Une autre façon de contenir les contestations tous azimuts sur cette réforme.
b.beziat@sudouest.com
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13.07.2009
Luc Chatel et Valérie Pécresse précisent leur "méthode de concertation et de travail sur la mastérisation"
EnseignementSup-recherche.gouv.fr - Luc CHATEL et Valérie PECRESSE ont reçu ensemble des organisations syndicales représentatives, le bureau de la Conférence des présidents d'Université,et les deux co-présidents de la Commission nationale de concertation sur la réforme du recrutement et de la formation des maîtres. A cette occasion, les ministres ont précisé leur méthode de concertation et de travail sur la mastérisation
Luc CHATEL, ministre de l'Education nationale, porte-parole du Gouvernement, et Valérie PECRESSE, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ont reçu ensemble des organisations syndicales représentatives (FSU - SGEN CFDT- CSEN Autonomes - UNSA), le bureau de la Conférence des présidents d'Université, Daniel FILÂTRE, président de l'université de Toulouse II et William MAROIS, Recteur de l'Académie de Bordeaux, les deux co-présidents de la Commission nationale de concertation sur la réforme du recrutement et de la formation des maîtres.
Les ministres ont indiqué que les décrets relatifs à la mastérisation seront publiés fin juillet après qu'ils auront pris connaissance, de façon détaillée, des travaux menés par la Commission dans son ensemble, représentant la communauté universitaire et la communauté éducative. William MAROIS et Daniel FILÂTRE présenteront aux deux ministres les conclusions et recommandations de la commission dans les jours à venir. Les conclusions des groupes de travail auxquels ont participé les organisations syndicales seront naturellement également prises en compte dans la réflexion.
Plusieurs points tels que les maquettes de concours, l'articulation concours-master, tenant compte des spécificités disciplinaires, ou encore le contenu de la formation continuée, restent encore à approfondir. C'est pourquoi, un travail sera lancé dès la rentrée dans le cadre de groupes de proposition associant les représentants des deux ministères et des experts issus de la communauté de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur.
Ces groupes tiendront compte des conclusions de la commission et de celles des groupes de travail ayant associé les organisations syndicales.
Ces groupes de proposition pourront recevoir les organisations syndicales, par ailleurs associées à la réflexion par un contact étroit avec chacun des ministères avec des points d'étape réguliers. Ces groupes formuleront des propositions sur les maquettes de concours, les maquettes de diplômes et la nature de la formation continuée par type de concours, agrégation, capes, professorat des écoles, enseignement technologique et professionnel, dans le respect d'un cadre commun. Ces travaux devraient être finalisés pour le mois de novembre 2009.
Au cours du mois de décembre, les deux ministres recevront ensemble à nouveau les différents partenaires avant de procéder à l'arbitrage sur les maquettes de concours et de masters. Le cadrage national des maquettes de master fera également l'objet d'une discussion en CNESER. Les universités pourront dès lors, et jusqu'à mi-avril, transmettre leur offre et maquettes de formation qui feront ensuite l'objet d'une séance du CNESER.
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Non à la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires français!
UniversitesEnLutte.wordpress.com - Le 11 juillet, la Coordination Nationale des Universités a diffusé une déclaration dénonçant : i) la loi en cours d’adoption sur la « mobilité » des fonctionnaires français qui dans la pratique « permettra d’aller encore plus loin que le licenciement » par l’absence d’une véritable procédure et d’allocations de chômage ; ii) la loi Bachelot qui « instaurera une médecine à deux vitesses » ; iii) les décrets en préparation sur la formation et le recrutement des enseignants qu’il est prévu de publier « en plein milieu de l’été ». Il en sera d’ailleurs de même de la loi sur les fonctionnaires qui risque d’être définitivement adoptée fin juillet, et qui permettra dès la rentrée une vaste campagne de licenciements de fait dans la fonction publique : notamment, au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) qui se trouve placé dans une situation de restructuration globale par son contrat d’objectifs, et dans les universités dont la situation est analogue. Le communiqué de la Coordination Nationale des Universités dénonce également les « répressions et manoeuvres d’intimidation » qui accompagnent les « passages en force » de la période récente.
[la suite, sur le blog http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/... ]
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12.07.2009
Luc Chatel : "La désobéissance n'est pas compatible avec le métier d'enseignant"
MASTERISATION : "Aligner la formation sur ce qui se fait ailleurs en Europe."
SUPPRESSIONS DE POSTES : "Revalorisation du métier d'enseignant."
Luc Chatel reste sourd devant les syndicats et veut absolument "expliquer" sa réforme aux Français.
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10.07.2009
Titularisation des stagiaires PLC2. Des pratiques révoltantes. Communiqué de la FSU Midi-Pyrénées (9 juillet 2009)
Nous avons appris la convocation tardive et urgente d’une trentaine de stagiaires IUFM (14 du second degré et 16 du premier) pour un entretien avec des membres du jury académique de qualification professionnelle vendredi 3 et lundi 6 juillet.
Cette convocation est habituellement réservée à quelques situations très particulières de collègues en grandes difficultés d’adaptation professionnelle, et pour lesquels la titularisation peut poser problème. Elle revêt ici un caractère inédit et exceptionnel par le nombre de stagiaires concernés, sa mise en oeuvre dans des délais raccourcis (72h), et surtout son motif : la convocation est liée à la rédaction, par les intéressés, de compte- rendus de formation jugés politiquement incorrects, produits durant une semaine perturbée sur la plupart des sites de l’IUFM (blocages, grèves et manifestations).
Précisons que, bien que joints au dossier, par habitude, ces types de production ne font pas partie des pièces que la réglementation impose pour la titularisation.
Ces collègues ont bien respecté le devoir de réserve des fonctionnaires, puisqu’ils n’ont pas diffusé ces documents hors du cadre de l’IUFM. Non seulement ces collègues ont été convoqués abusivement, mais encore la plupart d’entre eux ont dû subir un entretien « musclé » de la part de membres du jury académique.
Le SNES et le SNUIpp ne pourraient accepter que ces collègues ne soient pas titularisés dès cette année, alors que par ailleurs toutes les autres évaluations ont été positives (IPR, Conseillers pédagogiques, Chefs d’établissement, Iufm),
Le SNES et le SNUIpp – tant au plan académique que national - suivent avec la plus grande vigilance l’évolution de la situation. Ils ne resteraient pas sans réagir face à toute décision négative concernant ces stagiaires,
Dans l’immédiat, nous demandons une audience au Recteur et au Ministre.
Nous alertons l’ensemble de la profession.
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Connexe : Mobilisation pour et contre le lycéen "bloqueur" (AFP)
PARIS (AFP) — Des centaines de personnes ont manifesté vendredi à Paris pour soutenir le lycéen "bloqueur", dont l'inscription en terminale est conditionnée à un engagement écrit de ne plus bloquer le lycée, tandis qu'une "contre-manifestation virtuelle" était organisée sur Facebook.
Des centaines de membres du "comité de soutien pour la réinscription sans condition de Tristan Sadeghi" ont répondu vendredi devant le rectorat de Paris, à l'appel de l'organisation lycéenne Fidl, a constaté une journaliste l'AFP.
L'inscription en terminale, au lycée Maurice-Ravel, dans le XXe arrondissement, du lycéen "bloqueur" a été conditionnée par son proviseur à un engagement écrit qu'il n'organiserait plus de blocages. Selon la Fidl, Tristan Sadeghi devait être reçu vendredi après-midi par le proviseur, qui a reçu le soutien du ministre de l'Education nationale Luc Chatel.
La Fédération indépendante démocratique et lycéenne (Fidl), qui avait déjà organisé une manifestation le 6 juillet, a "condamné fermement cette inscription sous condition". "Je ne céderai pas", a dit Tristan Sadeghi qui "ne veut pas attendre la rentrée pour savoir où il fera sa terminale".
"Il s'agit d'une mesure illégale et discriminatoire", a protesté Danielle Simonnet, conseillère de Paris, élue du Parti de Gauche.
De son côté, l'organisation lycéenne "Réformons nos lycées" a créé un groupe via le réseau social Facebook pour mobiliser les lycéens "contre les blocages et les bloqueurs" et soutenir le proviseur. RNL-Réformons Nos Lycées, une organisation rassemblant quelques milliers de lycéens favorables à la réforme du lycée, a créé un groupe dénommé "Pour que Tristan le +bloqueur de lycées+ reste bloqué hors de son lycée!", qui rassemblait vendredi 231 membres.
Ce groupe se veut une "contre-manifestation virtuelle". "Nous estimons que ce débat, bien que précoce et au début des vacances scolaires, est très important et démontre l'envie d'en découdre de la part des syndicats lycéens idéologues et poussiéreux", indique dans un communiqué RNL, qui ne veut pas que la réforme des lycées soit "otage des bloqueurs".
L'élève de première ES, Tristan Sadeghi, considéré par le proviseur comme l'un des principaux organisateurs du blocage du lycée ces deux dernières années, doit intégrer une classe de terminale ES à la rentrée prochaine.
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