28.10.2009

JPL en camping-car #1 : Un toit pour moi! (La Télé Libre) (Avril 2009)

Documentaire de John-Paul Lepers et Henry Marquis sur le problème du logement en France. Une partie du docu est consacrée au problème du logement étudiant.

Marche pour l'école du 31 octobre au 2 novembre (23/10/09) (Sauvons l'école pour tous - Strasbourg)

Sept.Strasbourg.free.fr - Nous, parents, enseignants, élus, citoyens, réunis au sein des trois collectifs Sauvons l’Ecole Pour Tous du Haut-Rhin, de Strasbourg et de la Vallée de la Bruche, organisons une marche de protestation contre la politique éducative du gouvernement.

Les « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de la jeunesse.

Les intérêts des enfants sont gravement bafoués dès lors que :

  • les suppressions massives de postes d’enseignants les conduisent à fréquenter des classes aux effectifs toujours plus chargés,
  • la formation pédagogique des enseignants est de plus en plus réduite,
  • la réduction du temps scolaire avec la mise en place de programmes d’apprentissages plus lourds et des aides personnalisées en fin de journée, les conduit, notamment les plus fragiles, à l’épuisement psychologique et intellectuel,
  • la disparition progressive des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficultés, conduit à l’abandon de la prise en charge de la grande difficulté scolaire par l’école publique,
  • l’étranglement financier des associations complémentaires de l’école ne leur permet pas d’accomplir leurs missions.

Notre inquiétude est d’autant plus grande que ces « réformes » s’inscrivent dans une logique plus globale.

 

 

Les gouvernements français successifs ont soutenu et approuvé les directives de libéralisation formulées par la commission européenne. Cette commission, hors de tout contrôle citoyen, participe aux négociations sur l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), dont l’objectif affiché est la « libéralisation de tous les services dans tous les secteurs », y compris dans les domaines jusqu’à présents gérés par le secteur public. En France, cela se traduit aujourd’hui par la « Révision Générale des Politiques Publiques » (ou RGPP), par laquelle le gouvernement accepte de mettre en oeuvre une politique libérale dans la gestion de ses services publics (éducation, mais aussi poste, santé, …), malgré des stratégies de communication délibérément trompeuses. Cette logique vise à la déconstruction progressive de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Il s’agit là de perspectives profondément inégalitaires.

Il y a une grande cohérence entre le culte de l’évaluation et de la performance qui s’abat sur l’école, la suppression de la carte scolaire, la tentation du gouvernement actuel de mise en concurrence des établissements. Nous avons de bonnes raisons de craindre que les « Jardins d’éveils », les « Établissements publics d’Enseignement Primaire » soient des structures destinées à permettre d’accélérer le désengagement de l’état. Avec le vote récent de la loi Carle, le secteur privé obtient de nouvelles faveurs. Cette loi oblige les municipalités à financer, dans certains cas de figures, la scolarité de leurs enfants inscrits dans des écoles privées, y compris en dehors de la commune. En organisant la dégradation de la qualité de l’accueil, le gouvernement condamne l’école publique à perdre toute attractivité au regard du privé.

Nous organisons cette marche parce que nous sommes profondément attachés aux principes de gratuité, d’équité, de laïcité, et parce que nous estimons que l’école doit permettre d’échapper aux déterminismes sociaux.

La marche s’effectuera durant trois jours à travers toute l’Alsace. Chaque collectif définit son itinéraire : le collectif Haut-rhinois partira de Mulhouse, celui de la Vallée de la Bruche partira de Bourg-Bruche. Tout au long du parcours, les marcheurs alerteront la presse et sensibiliseront les populations aux enjeux des réformes du système scolaire français. Les trois collectifs se retrouveront à Strasbourg le lundi 2 novembre, pour défiler à travers la ville et demander des audiences à M. Ries, Maire de Strasbourg et à Mme Lovisi, Rectrice de l’Académie, afin de leur remettre un « cahier de doléances ».

Que vous participiez à toute la marche ou à une partie seulement, votre soutien est précieux !


Descriptif de la marche Bruche
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Descriptif de la marche dans le 68
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La colère s'amplifie dans les IUT bridés par l'autonomie (20 Minutes)

article_2810-TOU03-IUT.jpg20Minutes.fr - Paradoxalement, la loi sur l'autonomie des universités a réduit celle des instituts universitaires de technologies (IUT). Auparavant bénéficiaires d'une dotation d'Etat, ils doivent désormais négocier leurs moyens avec leur présidence locale. Jean-François Mazoin dirige l'IUT A de Paul-Sabatier, qui compte 5 300 étudiants. En tant que président de l'Assemblée des directeurs d'IUT, il est à la pointe de la contestation et appelle ses homologues à manifester devant l'assemblée nationale le 10 novembre, avant un rendez-vous avec la ministre Valérie Pécresse.

« En France, les IUT fonctionnent en réseau. Avec les mêmes programmes et les mêmes diplômes, donc dans une totale égalité des chances. Le système a fait ses preuves puisque le taux d'insertion de nos étudiants dépasse les 90 %. Avec des projets parfois différents d'un territoire à l'autre, la tutelle locale met à mal ce système », explique-t-il. D'après ses calculs, 59 IUT sur 116 rencontrent d'ores et déjà « des problèmes avec leurs universités de rattachement ». Par exemple, certaines charges salariales, auparavant payées par les universités, incombent désormais aux IUT. « Il est temps de nous donner une réponse politique, s'emporte Jean-François Mazoin, et de nous dire si oui ou non notre réseau est voué à la disparition. » W

H. M.

13e Coordination Nationale des Universités (Nanterre - 27 octobre 2009) : CALENDRIER et APPEL

 

SauvonsLUniversite.com

La Coordination Nationale des Universités appelle à des mobilisations locales et à des rassemblements régionaux le 17 novembre 2009, en particulier pour assurer le succès de la journée de grève et de manifestation du 24 novembre 2009.

La CNU soutient l’appel de la Ronde Infinie des Obstiné-e-s (à l’initiative de Paris 8) à se retrouver, à partir du 16 novembre, tous les lundis, de 18h à 20h, Place de l’Hôtel de Ville à Paris.

La CNU lance un appel à la CNFDE, au Forum des sociétés savantes, à la Coordination des BIATOSS, à la Coordination des étudiants, à Ecole en Danger et aux différents collectifs défendant le service public d’enseignement, afin de se réunir en symposium contre la réforme de la mastérisation, le samedi 30 janvier 2010 à Paris I ou Paris IV.

La CNU envisage une prochaine réunion, en fonction de l’actualité, le samedi 5 décembre 2009 dans une université parisienne.

13e Coordination Nationale des Université (Nanterre, 27 octobre 2009) : MOTIONS

SauvonsLUniversite.com

Communiqué de presse

La Coordination Nationale des Universités, réunie ce mardi 27 octobre 2009 à l’université Paris Ouest Nanterre, et représentant vingt établissements, réaffirme son opposition fondamentale aux réformes portées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et par le Ministère de l’Education Nationale.

Elle dénonce dans ces réformes une mise à sac de la recherche et de l’enseignement, de la Maternelle à l’Université, l’instauration d’une logique managériale et l’imposition de l’idéologie du profit financier. Elle dénonce la dégradation programmée des conditions de travail et de vie des étudiants et des personnels.

Elle appelle la communauté universitaire et éducative, les étudiants et les parents d’élèves à entrer en résistance et à tout mettre en oeuvre pour défendre le service public d’enseignement et de recherche.

Motion n°1

La Coordination Nationale des Universités appelle les UFR à s’approprier la motion suivante, comme cela a déjà été fait dans plusieurs établissements :

Nous refusons la mise en place de masters professionnels d’enseignement et nous ne remonterons aucune maquette les concernant, que ce soit au niveau mention, spécialité ou parcours.

Ce nouveau type de master aurait pour conséquence inéluctable la création d’un immense vivier de « reçus-collés » sans aucune perspective professionnelle crédible, et mettrait en cause, à court terme, l’existence même des concours.

Nous dénonçons des mesures transitoires absurdes. Alors que, l’an dernier, le Ministère a accusé les enseignants de vouloir brader les diplômes en validant automatiquement le semestre, il exige maintenant la validation automatique de tout ou partie du M1, y compris pour les étudiants recalés au concours.

Nous ne collaborerons pas à une réforme aussi chaotique.

Motion n°2

La Coordination Nationale des Universités reprend à son compte les motions de la Coordination Nationale de la Formation des Enseignants (CNFDE) du 24 octobre 2009, en particulier son appel à la mobilisation. Comme la CNFDE, la CNU réaffirme que, de la maternelle à l’université, enseigner est un métier qui s’apprend.

Elle exige le retrait des décrets du 28 juillet 2009 et de la circulaire d’organisation des stages du 27 août 2009, qui conduit à ce que des étudiants deviennent des moyens d’enseignement, assumant des responsabilités qui devraient n’être confiées qu’à des fonctionnaires.

Elle dénonce une réforme qui obéit à une logique de réduction des coûts et de sélection sociale en ne rémunérant plus l’année de formation professionnelle. Elle vise à normaliser le recours à des personnels précaires, en dehors du statut de fonctionnaire d’État.

Elle appelle les personnels des IUFM et des UFR à ne pas participer à la mise en place des stages en responsabilité pour les étudiants préparant les concours de recrutement et à tout mettre en oeuvre pour l’empêcher.

Elle appelle les enseignants, dans les écoles et les établissements du second degré, à ne pas participer à l’accueil, l’encadrement et l’évaluation des étudiants dans le cadre de ces stages.

Elle s’associe à l’inquiétude des parents d’élèves et les appelle à dénoncer la mise en place de ces stages.

Elle réaffirme son attachement au service public d’État d’enseignement et à une voie unique de recrutement et d’embauche, les concours nationaux. La formation, pour toute la profession, premier comme second degré, requiert une coopération étroite entre UFR, IUFM et formateurs de terrain.

Elle réaffirme que la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, dite de la « mastérisation », détruit la formation initiale et continue des enseignants et contribue à détruire le service public de l’éducation nationale.

En conséquence, elle appelle les étudiants, stagiaires et collègues et parents d’élèves à se mobiliser dans les écoles, les établissements du second degré, les universités, les IUFM.

En particulier, elle appelle à la journée de mobilisation du 17 novembre et à la grève du 24 novembre.

Motion n°3

La Coordination Nationale des Universités exprime son inquiétude devant les pressions croissantes exercées sur la situation administrative et professionnelle de chercheurs et des enseignants-chercheurs sur des critères qui paraissent principalement « managériaux » et de nature à porter atteinte à l’indépendance de la recherche et de l’enseignement supérieur.

La CNU exige l’arrêt immédiat de cette politique, dont par ailleurs la crise de France Telecom a mis en évidence les effets néfastes dans un contexte de privatisation des services publics analogue à celui actuellement infligé à la recherche publique et aux universités.

La Coordination exige :

- La suspension de l’application de la loi dite « relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique », et l’abrogation rapide de cette loi.

- Le retrait de l’actuel contrat d’objectifs 2009-2013 du CNRS avec l’Etat.

- L’arrêt des interventions de services et directions « des ressources humaines » dans le « suivi » de chercheurs ou d’enseignants-chercheurs.

- La liberté pour les chercheurs et les enseignants chercheurs d’exister en tant qu’individus au sein des laboratoires avec leur propre sujet de recherche original.

Motion n°4

La Coordination Nationale des Universités dénonce la privatisation rampante de l’enseignement et de la recherche qui s’opère par le biais :

- des fondations universitaires ou partenariales de droit privé, visant à justifier le désengagement financier de l’Etat et menaçant l’indépendance du service public ;

- des partenariats public/privé, plaçant les établissements sous le joug des entreprises ;

- d’un budget en trompe-l’oeil : la hausse de 1,8 milliard annoncée par Valérie Pécresse pour les universités recouvre, pour l’essentiel, des primes, et des crédits d’impôt reversés au secteur privé ;

La CNU exige des créations massives de postes statutaires et la résorption de la précarité, ainsi que l’arrêt de la politique contraignant les chercheurs du secteur public à travailler pour le secteur privé, pendant que le secteur privé licencie ses propres chercheurs.

Université : 13 NOVEMBRE 2009 - 10h : Les syndicats appellent à manifester devant l'Assemblée nationale (Nouvel Obs - AP)

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NouvelObs.com (AP) - Les principaux syndicats des enseignants du supérieur appellent à manifester devant l'Assemblée nationale le 13 novembre contre le projet de budget 2010 qui, selon eux, "ne permet en rien de rattraper le retard abyssal de l'enseignement supérieur et de la recherche en France".

"Ce budget traduit une politique gouvernementale qui tourne le dos à une politique publique répondant aux besoins économiques et sociaux", estiment l'organisation étudiante UNEF et les syndicats FSU, UNSA, CGT, CFDT de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans un communiqué commun diffusé mercredi.

"Alors que la ministre se vante d'un bilan du chantier 'carrières' et d'une revalorisation 'historique' des enseignants-chercheurs (...), rien n'est prévu pour la résorption de la précarité, alors que le recours aux CDD ne fait que croître avec la multiplication des financements sur projets", dénoncent notamment les syndicats.

Ils déplorent également que le financement du 10e mois de bourse étudiante annoncé par Nicolas Sarkozy ne figure pas dans le projet de budget 2010.

Les syndicats réclament un plan pluriannuel de recrutements, le "rétablissement de tous les postes supprimés en 2009" ou encore "l'inscription immédiate de 155 millions d'euros supplémentaires dans le budget vie étudiante pour financer le 10e mois de bourse".

Ils appellent à un rassemblement devant l'Assemblée nationale le 13 novembre à 10h, "jour du vote du budget de l'Enseignement supérieur et de la Recherche". AP

"Le Snes contre les étudiants bouche-trous" (Libération) : Le Snes se "mobilise" à Lyon contre l'utilisation d'étudiants comme profs remplaçants

 

 

Classes.blogs.liberation.fr (par Véronique Soulé) - L'avantage avec Luc Chatel, c'est qu'il est si discret, si vague dans ses propos, qu'avec lui tout semble résolu. Pourtant il reste encore des sujets brûlants sur la table, comme la réforme de la formation des enseignants. A Lyon, le Snes mobilise contre l'utilisation d'étudiants comme profs remplaçants, résultat, selon lui, de cette réforme.

6a01053570390d970b0120a6263688970b-300wiLe 19 octobre, le syndicat, qui est pourtant favorable à la réforme, a envoyé un courrier à ses membres. Il leur demande de refuser d'assurer l'encadrement des étudiants qui seraient envoyés dans leur établissement dans le cadre de "stages en responsabilité" (en classe seuls face aux élèves). A l'heure où l'on supprime des postes, le Snes y voit une façon détournée de recourir à du personnel précaire pour boucher les trous.

A l'origine du mécontentement, la circulaire du ministère de l'Education le 20 août 2009, portant sur l'organisation des stages des étudiants préparant les métiers de l'enseignement. Elle en prévoit deux sortes. D'abord des stages d'observation et de "pratique accompagnée" qui ne posent pas de problème: ils existaient avant et sont la première approche du terrain.

Le second type de stages - en responsabilité - fait, lui, débat. Avant ils étaient de 6 heures par semaine pour les futurs profs du secondaire. Juste après leur réussite au concours, ils avaient en effet une année de formation en alternance, généralement en IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) - l'apprenti prof discutait de son stage avec ses enseignants, analysait ce qui lui posait problème, etc.

Manif à Lyon, 5 fev 09 (Reuters) Avec la réforme, ces stages peuvent aller jusqu'à 108 heures maximum, payés 3 000 euros. Comme la formation est rallongée d'un an - il faut désormais un master (bac plus cinq) -, il s'agit ainsi, officiellement, de permettre aux étudiants les plus modestes d'avoir une activité rémunérée et de ne pas renoncer devant la longueur des études. Mais en même temps, l'étudiant doit décrocher son master et son concours... Ce qui ne parait pas évident, vue la charge de travail que représentent les cours - préparation, correction, etc - surtout lorsque l'on débute.

"Le rectorat de Lyon envisage de placer l’étudiant 18 heures par semaine devant les classes d’un collègue absent, l’autre possibilité étant de répartir le service d’un collègue entre deux étudiants, écrit le Snes. Il s’agit d’utiliser - certains pourront dire exploiter - des étudiants-stagiaires sous-payés pour assurer des missions de remplacement" alors même que le gouvernement supprime 3000 emplois d’enseignants-remplaçants. S'ils ratent leurs concours, poursuit le syndicat, ces étudiants "seront des candidats tout trouvés pour devenir vacataires ou contractuels."

Le Snes appelle donc ses adhérents à ne pas se porter volontaires pour assurer le tutorat de ces stagiaires, et à signer une pétition qui sera envoyée au Rectorat de Lyon.

La réforme de la formation des enseignants, au coeur de la dernière crise universitaire, reste inachevée et particulièrement confuse. Plus grand monde ne sait où on en est, si ces stages doivent débuter dès cette année ou l'année prochaine, si toutes les académies les mettent en place ou si c'est à la discrétion de chacune...

Le Snes réclamait depuis longtemps le recrutement des professeurs au niveau du master (et non plus de la licence). A ses yeux, c'est la reconnaissance d'un état de fait - la plupart des profs du secondaire faisaient cinq ans d'études. Et cela doit maintenant être suivi par une revalorisation financière.

Crédits photos, Reuters.

27.10.2009

L'inquiétante démotivation des enseignants du second degré (Les Echos)

LesEchos.fr - Selon une enquête du ministère, 67 % des professeurs de collèges et lycées se sentent concernés par le malaise enseignant. Pis, 27 % d'entre eux songent à quitter l'enseignement du second degré, quitte à aller travailler dans le privé.

Voici des statistiques qui seront certainement étudiées de près par le ministre de l'Education nationale - et ancien directeur des ressources humaines d'une filiale de L'Oréal -, Luc Chatel. Selon une enquête réalisée par la société TMO Régions (1) à la demande du ministère, 93 % des enseignants de collège et lycée pensent qu'il existe un« malaise enseignant ». Surtout, 67 % des enseignants de collège et lycée se sentent « personnellement concernés » par cette problématique, un taux en augmentation de 14 points par rapport à 2005.

A la source de ce mal-être, les enseignants dénoncent une « absence de reconnaissance professionnelle » (citée par 47 % des sondés), devant les « conditions de travail »(33 %) et les « conditions de rémunération » (12 %). Perte de statut au sein de la société, attentes toujours plus fortes de la part des parents, accélération des suppressions de postes, stagnation des rémunérations… « Les professeurs ont l'impression qu'on leur demande toujours plus, sans pour autant qu'il y ait de quelconque reconnaissance »,juge Thierry Cadart, secrétaire général du syndicat d'enseignants SGEN-CFDT. La charge de travail est d'ailleurs particulièrement pointée du doigt. En moyenne, les enseignants à temps complet ont travaillé en 2008 quelque 18,5 heures par semaine, et ont consacré 9 heures à la préparation de leur cours, 5,5 heures à la correction des copies, 2,5 heures en recherche et formations personnelles, 1,5 heure aux échanges avec collègues et 1 heure à l'accompagnement individuel d'élèves. Un emploi du temps qui s'alourdit, selon 76 % des enseignants, du fait notamment de l'« hétérogénéité du niveau des élèves »- qui les oblige à adapter constamment leur enseignement -, du « manque de ­concentration »des collégiens et lycéens et des réunions croissantes avec les parents.

« Au bout de la chaîne »

Au final, tous ces facteurs aboutissent à une forte démotivation : 27 % des enseignants projettent ainsi d'arrêter d'enseigner en collège ou lycée. Parmi eux, près d'un sur deux souhaite effectuer une mobilité au sein de l'enseignement, en allant par exemple enseigner en université (14 %) ou dans un IUFM (11 %). Une autre petite moitié (43 %) souhaitent carrément quitter l'Education nationale, en allant vers la fonction publique (11 %), mais surtout dans le privé (23 %). « On est au bout de la chaîne : devant les difficultés, les enseignants sont de plus en plus prêts à renoncer à leur métier, à leur vocation », analyse Thierry Cadart.

Pour tenter de changer la donne, les enseignants avancent deux pistes d'action : en premier lieu (citée par 72 % des sondés), la diminution du nombre d'élèves par classe, qui pourrait permettre d'alléger leur charge de travail. Egalement, l'incontournable question des salaires (48 % des enseignants). Alors que le ministère et les syndicats sont actuellement en pleine négociation sur la revalorisation des carrières, Luc Chatel se sait donc attendu au tournant.

 

M. A., Les Echos

Où fout le camp le CNRS et où va la recherche française ? Daniel Steinmetz, élu SNTRS-CGT au CNRS

cnrs_02.gifSauvonsLUniversite.com - Ce texte a été envoyé par l’auteur aux listes SLR et Coord. des Labos. Il vient en écho fort au verbatim du colloque des 70 ans du CNRS.

Le 19 novembre, pour les 70 ans du CNRS, la ministre et la direction du CNRS ont signé le Contrat d’objectif. On pouvait croire que cette signature scellait pour deux ou trois ans (pas plus, n’ayons pas d’illusions) la situation du CNRS, pas encore totalement éclaté, pas encore totalement vidé de ses fonctionnaires, bref une situation d’entre deux, une presque armistice obtenue après trois ans de bagarre avec un pouvoir le plus dur et le plus obstiné que nous avions en face de nous depuis très longtemps.

Mais, que se passe t il ? Nous attendions pour la mi-septembre la sortie de deux décrets, celui portant sur les nominations au CA du CNRS et celui sur le statut de l’organisme (le décret cadre). Aucun de ces deux décrets n’est encore publié. Sans personnalités nommées, pas de conseil d’administration. Celui-ci était prévu pour le 29 octobre, on l’a reporté à une date ultérieure, probablement le 4 novembre mais là encore suspense…

Déjà, on annonce aux 4 élus des personnels que le délai de 2 semaines pour convoquer le CA et lui communiquer les dossiers ne sera pas respecté pour clause d’urgence ! On peut faire des hypothèses sur ce retard ; une explication plausible : des désaccords sur la liste des nommés entre le ministère et la direction du CNRS. En tout état de cause, seule certitude : tout sera fait pour mettre en payement la prime d’excellence scientifique dès décembre 2009 au moins pour les médaillés ; il s’agit de ne pas décevoir le ministère.

Le décret cadre n’est lui aussi toujours pas publié. Là aussi une explication quasi certaine : le conseil d’Etat n’a pas accepté la variante dans le type de direction qu’avait proposé la présidence du CNRS : un président à qui on laisse le choix de se nommer lui-même PDG ou bien de rester président en nommant un directeur général. Un tel imbroglio statutaire a été refusé par le Conseil d’Etat qui a imposé un PDG. Mais d’après nos informations, l’équipe en place resterait jusqu’au terme de son mandat c’est-à-dire le 15 janvier 2010 et ne serait pas obligée de laisser sa place à la publication du décret.

Pour le CNRS c’est une situation de quasi vacance du pouvoir. Le seul à être sur de son avenir, c’est le secrétaire général [A. Resplandy-Bernard, note de SLU] qui a été renommé pour trois ans au printemps dernier. Cette situation d’une direction du CNRS sans scientifique mais avec un énarque dévoué à sa tête ne doit pas déplaire au gouvernement.

D’autant plus qu’en ce moment tout s’accélère et se précise. Regardez rapidement sur le site de l’Elysée la vidéo du discours que Sarkozy vient de prononcer ce 26 octobre devant les industries de santé. La recherche publique sera mise à leur service au moyen d’une Alliance dont la gouvernance sera intégrée dès cette année malgré les réticences de certains (suivez le regard, il va vers le CNRS). C’est la mise au service d’un secteur qui surfe en ce moment sur 25% de taux de profit au motif que les années à venir verront la concurrence accrue des génériques. L’Inserm annonce déjà le recrutement conjoint de ses chercheurs avec ceux du CNRS.

Sanofi est très clair, la preuve du concept ( cad la preuve de l’efficacité du médicament) doit être à la charge du secteur public. Regardez l’article Trautman Bodin sur le site de SLR ou la déclaration SNTRS CGT Sanofi sur le site du SNTRS-CGT.

Bref au moment où le CNRS fout le camp, la recherche va dans le sens d’un pouvoir clairement à la solde du grand capital (pour employer une expression consacrée)

D. Steinmetz, élu SNTRS-CGTau CA du CNRS

Motions de la 5e Coordination Nationale de la Formation des Enseignants

Coordination-fde.org - Appel à la mobilisation

La CNFDE, réunie à l’Université Paris 3, le 24 octobre 2009 réaffirme que, de la maternelle à l’université, enseigner est un métier qui s’apprend.

Elle exige le retrait des décrets du 28 juillet 2009 et de la circulaire d’organisation des stages du 27 août 2009, qui conduit à ce que des étudiants deviennent des moyens d’enseignement, assumant des responsabilités qui devraient n’être confiées qu’à des fonctionnaires.

Elle dénonce une réforme qui obéit à une logique de réduction des coûts et de sélection sociale en ne rémunérant plus l’année de formation professionnelle. Elle vise à normaliser le recours à des personnels précaires, en dehors du statut de fonctionnaire d’État.

Elle appelle les personnels des IUFM et des UFR à ne pas participer à la mise en place des stages en responsabilité pour les étudiants préparant les concours de recrutement et à tout mettre en œuvre pour l’empêcher.

Elle appelle les enseignants, dans les écoles et les établissements du second degré, à ne pas participer à l’accueil, l’encadrement et l’évaluation des étudiants dans le cadre de ces stages.

Elle s’associe à l’inquiétude des parents d’élèves et les appelle à dénoncer la mise en place de ces stages.

Elle réaffirme son attachement au service public d’État d’enseignement et à une voie unique de recrutement et d’embauche, les concours nationaux. La formation, pour toute la profession, premier comme second degré, requiert une coopération étroite entre UFR, IUFM et formateurs de terrain.

Elle réaffirme que la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, dite de la « mastérisation », détruit la formation initiale et continue des enseignants et contribue à détruire le service public de l’éducation nationale.

En conséquence, la CNFDE appelle les étudiants, stagiaires et collègues et parents d’élèves à se mobiliser dans les écoles, les établissements du second degré, les universités, les IUFM. En particulier, elle appelle à la journée de mobilisation du 17 novembre et à la grève du 24 novembre.

Motion

La réforme du recrutement et de la formation des enseignants contribue au démantèlement du service public d’État. Le désengagement de l’État se poursuit, avec une explosion des suppressions de postes, avec la fin d’une institution universitaire et laïque assurant une formation unique pour tous les enseignants à l’échelle du territoire national. Désormais, l’Éducation nationale serait la seule fonction publique sans école de formation : la porte est ainsi ouverte aux officines privées qui vendent de la formation d’enseignants.

Cette réforme fait courir de nombreux dangers au service public d’éducation :
- une dégradation de la formation initiale,
- un affaiblissement de la formation continue,
- la suppression de la formation en alternance rémunérée, avec le statut de fonctionnaire stagiaire, suppression qui porte atteinte à la démocratisation du métier d’enseignant,
- la dévolution de l’organisation de la formation post-concours aux seuls Rectorats et/ou Inspections Académiques,
- le renforcement du recrutement d’enseignants hors concours et/ou précaires, qui remet en cause, à terme, le statut de la fonction publique d’État.

La circulaire sur l’« organisation de stages pour les étudiants en master se destinant aux métiers de l’enseignement » :
- prépare la suppression de l’année de formation en alternance des fonctionnaires stagiaires,
- réduit le temps de préparation au concours pour les étudiants et compromet leurs chances de réussite,
- conduit à ce que des étudiants deviennent des moyens d’enseignement, assumant des responsabilités qui devraient n’être confiées qu’à des fonctionnaires,
- introduit 50 000 nouveaux contrats précaires dans l’Éducation nationale,
- sacrifie l’apprentissage des élèves pour pallier les difficultés de remplacement des enseignants et ne garantit pas la sécurité des enfants.

En conséquence, la coordination exige :
- le retrait de la réforme des concours et du recrutement des enseignants,
- le retrait des décrets du 28 juillet 2009,
- le retrait de la circulaire d’organisation des stages,
- le maintien de la formation en alternance rémunérée après le concours, avec - le statut de fonctionnaire stagiaire, et avec une décharge des deux tiers pour la formation didactique et pédagogique,
- le maintien des IUFM, en tant qu’écoles professionnelles, et de leur potentiel de formation et de recherche, en termes de personnels, de moyens et de lieux de formation,
- un recrutement de fonctionnaires statutaires, de la maternelle à l’université, par concours et à la hauteur des besoins, selon un plan pluriannuel de recrutement,
- le maintien d’un cadrage national et de programmes nationaux pour les épreuves des concours.

Elle s’élève contre le passage en force des ministères en demandant :
- le maintien de la formation en alternance avec le statut de fonctionnaire stagiaire pour les lauréats du concours 2010, dans les mêmes conditions que pour les lauréats des concours 2009,
- que tous les étudiants qui passent le concours 2010 puissent se présenter au concours 2011 et devenir fonctionnaires stagiaires.

En conséquence, la CNFDE appelle les étudiants, stagiaires et collègues à se mobiliser dans les écoles, les établissements du second degré, les universités, les IUFM. En particulier, elle appelle à la journée de mobilisation du 17 novembre et à la grève du 24 novembre.

Elle appelle à une nouvelle réunion de la CNFDE le samedi 28 novembre et décide de créer une commission de travail qui élaborera des contre-proposition s, qui seront soumise à la CNFDE lors de la prochaine assemblée générale.

Textes adoptés à l’unanimité.

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