03.04.2009

Sommet de l'OTAN : Strasbourg barricadée (Le Télégramme)

LeTelegramme.fr - Strasbourg accueille le soixantième sommet de l'Otan aujourd'hui et demain, marqué par le retour de la France au sein du commandement intégré de l'organisation. La ville vit en état de siège.

Vingt-huit dirigeants de pays de l'Alliance Atlantique se retrouvent à Strasbourg, Baden Baden et Kehl aujourd'hui. Jusqu'à 50.000 militants anti-Otan venus de toute l'Europe sont attendus dans une ville quadrillée par 9.000 policiers et gendarmes mobilisés.

État de siège

La ville de Strasbourg se change en camp retranché. Des boutiques gardent les rideaux baissés et certaines se sont barricadées, mettant les vitrines à l'abri. Le nombre de cellules de garde à vue a été multiplié sur les deux rives du Rhin, des permanences d'avocats instaurées et les contrôles à la frontière réhabilités. Une cinquantaine de militants ont d'ores et déjà été refoulés à la frontière.

«Équilibre entre la sécurité et la liberté»

Un dispositif jugé «mesuré» par Michèle Alliot-Marie. La ministre de l'Intérieur souligne que «tout Sommet de l'Otan présente des risques sécuritaires sérieux». Douze militants anti-Otan ont été interpellés hier lors d'échauffourées qui ont opposé des centaines de militants à la police.

Un photographe Allemand a été blessé en fin de journée hier.
La ministre estime «essentiel d'assurer un équilibre entre la sécurité et la liberté». Une question qui touche les Strasbourgeois qui s'interrogent sur l'état de leurs libertés après avoir été inquiétés par la police. Objet du délit: afficher les couleurs de la paix sur leurs vêtements, vélos ou balcon. Un trentenaire a été «contrôlé trois fois en 24heures» par la police pour avoir décoré la remorque de son vélo d'un drapeau arc-en-ciel. «Ils ont affirmé que c'était illégal». La police a même visité des domiciles où flottait le drapeau rayé. Michèle Alliot-Marie a reconnu qu'obliger à retirer les drapeaux était «un excès de zèle» des policiers. La ville fortifiée vit au ralenti. L'Université a annulé les cours pour une semaine, la circulation dans le centre est réservée aux porteurs d'un badge et les SDF sont persona non grata. Le plan d'urgence hivernal est prolongé pour éviter la présence de 200 sans-abri dans le centre. La situation inspire un laboratoire de tourisme expérimental qui invite à visiter la «ville en état de siège».

Des rues sans défilés

La voix des militants n'atteindra pas Barack Obama et ses homologues. Les manifestants défileront dans une zone industrielle déserte demain. L'Allemand Reiner Braun de la coordination internationale anti-Otan dénonce ce parcours: «la démocratie vit quand les actions de protestations peuvent se dérouler dans la ville».

02.04.2009

OTAN : La forteresse Strasbourg (Le Point)

39475_une-strasbourg-otan.jpg

Remarque UCR : D'après Le Point, Alain Beretz soupçonne les étudiants en lutte "anarchistes" d'avoir saccagé le bureau de la vie étudiante.

 

Des mesures de sécurité draconiennes ont été déployées dans la capitale alsacienne en prévision du sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril. Pour le plus grand inconfort de ses habitants.


C'est du jamais vu depuis les accords de Schengen : sur le pont de l'Europe, entre Strasbourg et Kehl (Allemagne), une file de voitures ininterrompue attend de passer au filtre des contrôles de la douane, remis en place depuis le 20 mars. Près de 10.000 hommes - policiers, CRS, gendarmes mobiles et personnel de la Garde républicaine, forces spéciales, plongeurs, militaires en hélicoptères - ont été déployés entre la capitale alsacienne et les environs. Hôtels et même... couvents ont été réquisitionnés pour loger tout ce petit monde. Venus de toute la France, certains ont du mal à intégrer leur nouvel environnement : "C'est parfois difficile avec les noms de rues ici", avouent, avec une pointe d'accent lyonnais, deux motards de la police municipale penchés sur une carte du centre-ville. Pas sûr que le GPS, fâché avec la prononciation des noms alsaciens, les aide beaucoup.

Pour les habitants, le sommet est surtout une source de désagréments. Alors que les parents s'organisent pour la garde des enfants le vendredi, premier jour du sommet, en prévision de la fermeture des écoles et des crèches, l'université est fermée pour toute la semaine. "Le danger était réel que l'on soit occupé par les manifestants", remarque Alain Beretz, président de la nouvelle université unique de Strasbourg, devant un campus désert. Si les militants du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), "des gentils", ne lui font pas peur, il redoute les anarchistes, suspectés d'avoir saccagé un bureau dans le patio de l'université en fin de semaine dernière, alors que l'ébullition étudiante contre la loi Pécresse ne s'éteint pas.

Les chasseurs n'iront pas taquiner le gibier

Même les amateurs de pique-nique au soleil doivent avaler leur sandwich au bureau : "Les parcs sont fermés", note Carole, gérante d'un magasin d'alimentation. Son collègue, domicilié à Mundolsheim, a été privé de jogging sur sa colline préférée : "La zone était couverte de barbelés pour y installer des missiles antiaériens." "Nous sommes dans un État de dictature, râle Bernadette Lutz, une enseignante de 60 ans. "S'il y a autant de protection autour des chefs d'État, c'est qu'ils ne doivent pas voir certaines choses." Mais l'agacement provoqué par le déploiement des forces de sécurité ne sert pas forcément les anti-OTAN, dont les "clowns autonomes" qui défilent cet après-midi près de la gare en "parade solidaire contre le cirque sécuritaire". "Je n'ai pas envie de me balader avec 30.000 personnes qui ont la haine, explique Benjamin, 31 ans, longs cheveux bouclés et écolo-pacifiste revendiqué. Obama peut quand même apporter quelque chose de nouveau."

Parmi les victimes insoupçonnées du sommet de l'Otan, on compte les chasseurs du Bas-Rhin, à qui la préfecture a interdit de taquiner le gibier. Les vitriers, comme le personnel hospitalier, sont sur le qui-vive en prévision de casse et de blessés potentiels - des heurts ont déjà eu lieu mardi soir entre les forces de l'ordre et le village des anti-OTAN, au sud de Strasbourg. Seuls les sans-abri, sans doute, se réjouissent : le plan hivernal d'hébergement d'urgence, qui se terminait le 31 mars, a été rallongé au 6 avril.

31.03.2009

Aux étudiant-e-s et enseignant-e-s et BIATOS en lutte (Coordination anti-OTAN Strasbourg)

Sommet-otan-2009.blogspot.com - Aux étudiant-e-s et enseignant-e-s et BIATOS en lutte,

La Coordination Anti-OTAN assure les étudiant-e-s, BIATOS et enseignant-e-s en lutte de Strasbourg de son soutien et de ses encouragements dans les luttes actuelles et à venir.

L'évacuation de force de la faculté s'inscrit dans le cadre de la répression brutale du mouvement étudiant, justifiée par le sommet de l'OTAN. La débauche de moyens sécuritaires et le harcèlement policier dont sontvictimes les militants et militantes ne parviendront pas à arrêter le mouvement, que ce soit à l'université ou contre l'OTAN.

Dans ce contexte de radicalisation des luttes et de durcissement de la répression nous devons faire échec aux tentatives d'intimidation du gouvernement et rester mobilisés, tous et toutes, pour lutter contre sa politique de destruction de l’université et plus généralement de l’éducation.

Nous soutenons également votre volonté d’unifier les luttes sociales, illustré par votre appel à participer à toute la semaine de contre sommet et à manifester du 1er au 4 avril contre l’OTAN.

Salutations militantes