06.12.2009
Des universitaires s'indignent de la suppression de l'histoire-géo en Terminale S (Le Monde)
LeMonde.fr - Ils refusent de voir l'histoire-géographie disparaître des programmes des terminales scientifiques et demandent au ministre de l'Education national Luc Chatel de faire marche arrière. Dans le Journal du dimanche du samedi 5 décembre, vingt universitaires, principalement des historiens, jugent "impératif d'annuler" la décision "à courte vue" de rendre optionnelle cette matière en terminale scientifique. Parmi eux, figurent les historiens Jacques Le Goff, Jean-Pierre Azéma, Antony Beevor, Jean-Jacques Becker, André Kaspi, Annette Wieviorka, Benjamin Stora et Jean Tulard mais aussi le philosophe Alain Finkielkraut.
Le projet de réforme des lycées, que Luc Chatel doit présenter jeudi devant le Conseil supérieur de l'Education, prévoit que les lycéens ayant choisi la voie scientifique n'aient plus de cours d'histoire-géographie obligatoires en terminale afin qu'ils puissent se consacrer à leurs matières scientifiques. L'épreuve du baccalauréat serait organisée à la fin de la première pour ces élèves, qui bénéficieraient cette année-là de quatre heures de cours hebdomadaires pour cette matière.
"La décision envisagée par M. le ministre de l'Education nationale, dans le cadre de la réforme des lycées ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle", peut-on lire dans cet appel. "A l'heure de la mondialisation", les auteurs du texte soulignent l'importance de l'histoire et de la géographie pour "se situer dans le monde d'aujourd'hui". Il invoquent également "l'impossibilité d'accéder à certaines formations supérieures de haut niveau" sans la connaissance de ces disciplines.
"Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l'identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires", jugent-ils. En conséquence, les signataires jugent "impératif d'annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l'adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens".
La série scientifique est privilégiée par une majorité de lycéens de la filière générale. La réforme des lycées, que Nicolas Sarkozy qualifie de simples "orientations", devra s'appliquer à partir de la rentrée 2010, a demandé le chef de l'Etat en octobre. Les changements en première entreraient en vigueur en 2011 et ceux de la terminale l'année suivante.
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25.11.2009
Le gouvernement supprime l'histoire-géo en Terminale S...
Rue89.com - La semaine dernière, on annonçait le passage de 2h30 à 4 heures hebdomadaires d'histoire-géographie pour toutes les classes de première -y compris la série scientifique. Tambours, trompettes, certains se réjouissaient d'avance de l'ouverture d'esprit que représenterait cet effort dans le tronc commun. Or un « détail » manquait, et pas des moindres : en terminale S, l'histoire-géo devient facultative, à raison de deux heures par semaine.
En fait, l'idée de cette suppression n'est pas complètement sortie de nulle part puisqu'on l'avait déjà évoquée l'an dernier, alors que Xavier Darcos occupait le poste de Luc Chatel. Mais la mobilisation avait alors eu raison des velléités ministérielles.
Cette année, le projet semble autrement plus abouti puisque le changement figure dans la grille des horaires dévoilée le 19 novembre dernier à l'occasion d'un point presse au ministère. La mesure doit entrer en vigueur en 2012, date retenue pour la réforme de l'année de terminale.
« Chatel s'est fait bourrer le mou par les mathématiciens et les physiciens »
Ce lundi, les profs de la discipline ont commencé à se mobiliser sur le Net contre cette mesure. Dans le secondaire comme dans le supérieur. Jacques Sapir, économiste de formation et directeur de recherches à l'EHESS, est monté au créneau (pour info, son épouse est prof d'histoire-géo et impliquée dans l'associations des enseignants de la discipline). Interviewé par Rue89, l'universitaire dénonce le manque de professionnalisme de Luc Chatel :
« Darcos était un vrai professionnel de l'éducation, il avait compris que ça n'avait pas de sens d'imposer cela. Chatel, lui, n'est même pas un professionnel de la politique : c'est un professionnel du marketing. Si je peux me permettre, il s'est fait bourrer le mou par les mathématiciens et les physiciens. »
L'argument principal, côté ministère, c'est qu'il était temps de revaloriser les filières L (littéraire) et ES (économique et sociale). En rendant l'histoire-géographie facultative en terminale S, on espère dissuader les candidats à des études comme Sciences-Po de passer par la série scientifique sous prétexte qu'elle serait plus réputée. Là encore, Jacques Sapir dénonce l'inconsistance du raisonnement au nom de l'éveil des ouailles :
« Ils ne passeront peut-être plus par la série S pour préparer Sciences-Po mais ils feront quand-même S pour faire HEC ou Polytechnique, où il y a bien des formations en management culturel, que je sache ! Ils ont besoin d'avoir de meilleures bases. »
Un élève sur deux en terminale S
Numériquement, le passage à un enseignement optionnel est loin de concerner une minorité : aujourd'hui, un élève sur deux fait une terminale S. L'objectif du gouvernement est de rééquilibrer pour arriver à un ratio de l'ordre d'un gros tiers -le ratio concerne les filières du bac général, pour précision.
Pour eux, l'histoire-géo sera sanctionnée par une épreuve anticipée au bac qui se passera dès la classe de première. Autant dire que la probabilité qu'un grand nombre d'élèves prennent la matière en option est faible. Pour les services de Luc Chatel, ce n'est pas vraiment un problème dans la mesure où le but explicite est de doper la spécialisation des élèves.
On ignore cependant encore tout de la ventilation des futurs programmes. A ce jour, c'est toute la période après 1945 qui fait l'objet de l'enseignement en terminale.
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23.11.2009
L'éducation nationale en grève mardi (Le Monde)
LeMonde.fr - Le climat dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur – relativement calme depuis la rentrée – est tendu. Principale cause : la réforme de la formation des enseignants, alors que plusieurs syndicats appellent mardi à la grève. La FSU, principale organisation de l'éducation, et la FERC-CGT, fédération enseignement de la CGT, ont appelé les personnels "à participer massivement" au mouvement. Celui-ci pourrait entraîner la mise en place dans certaines écoles primaires du service minimum d'accueil.
Des manifestations seront organisées à Paris et en province. La première organisation étudiante, l'UNEF, a appelé les étudiants à s'y joindre. Dans la capitale, le cortège partira à 14 h 30 de Port-Royal pour Saint-François-Xavier. FSU et FERC-CGT, qui critiquent les "50 000 suppressions" de postes d'enseignants "en cinq ans", réclament "des recrutements à la hauteur des besoins". Ils exigent aussi une "réelle revalorisation" des enseignants, "l'amélioration des conditions de travail" et la titularisation des précaires. "On a fait le choix d'appeler dès octobre à cette grève en sachant la difficulté de mobiliser. Mais les événements sont en train de nous donner raison", sur le lycée et la formation des enseignants, a commenté Gérard Aschieri, le patron de la FSU.
Principal syndicat des professeurs du secondaire, le SNES-FSU a appelé les personnels à "refuser" la réforme du lycée présentée par le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel. Le projet ne suscite guère cette fois d'opposition lycéenne, contrairement à la précédente mouture, retirée fin 2008. L'UNL, première organisation, appelle simplement à des "réunions-débats" sur la réforme et "les lycéens qui le veulent à rejoindre les manifestations" contre les suppressions de postes. Il mécontente en revanche le SNES, opposé à "l'autonomie" donnée aux lycées pour organiser certains horaires, et aux baisses des horaires de certaines disciplines pour placer dans la semaine l'"accompagnement personnalisé".
LA FORMATION DES PROFESSEURS VIVEMENT CRITIQUÉE
La réforme la plus critiquée reste cependant celle de la formation des enseignants, qui vise à recruter les professeurs au niveau master 2 (bac+5) et donne la formation aux universités via des masters.
Luc Chatel et Valérie Pécresse viennent de décider que les concours auront lieu durant l'année de master 2, que les épreuves seront davantage axées sur le savoir disciplinaire que sur la pédagogie et que les masters seront plutôt généralistes, pour permettre aux étudiants ayant raté les concours de se reconvertir plus facilement.
Ces choix ont suscité un tollé et l'UNEF appelle à manifester car elle estime que la seconde année de master, avec concours, mémoire de recherche et stage, sera trop lourde pour les étudiants. Mais au-delà des syndicats, qui ont pu trouver là un motif de remobiliser contre le gouvernement, la Conférence des présidents d'universités (CPU) vient aussi de demander de "revenir sur les schémas proposés", alors que la réforme avait déjà été au cœur de la contestation universitaire du printemps et donc repoussée d'un an.
Opposition sur le fond, ou sentiment de la CPU de ne pas avoir été écoutée ? Au ministère de l'enseignement supérieur, on souligne que le projet actuel est "une ligne médiane, qui permet de concilier les préoccupations, souvent différentes, des uns et des autres".
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18.11.2009
Les étudiants allemands contre la "dégradation" de l'université (Le Monde)
LeMonde.fr - Occupée !" Rédigée en grosses lettres rouges, la banderole est plaquée sur les grilles de l'université Humboldt, en plein coeur de Berlin. A quelques centaines de mètres, mardi 17 novembre, un vaste cortège d'étudiants défile bruyamment dans les rues de la capitale allemande pour dénoncer la "dégradation" de l'enseignement supérieur.
La contestation touche l'ensemble du pays : des dizaines de milliers de jeunes manifestaient mardi à Munich, Hanovre, Francfort, Cologne, Fribourg ou Hambourg. Depuis une semaine, assemblées générales et blocages d'amphithéâtres se sont multipliés dans plus d'une vingtaine d'établissements.
Le monde universitaire avait déjà connu une première poussée de fièvre en juin, avec une grève des étudiants suivie dans 70 villes. Une rare démonstration d'unité dans un pays où l'éducation relève de la compétence des Länder.
Dans leur grande majorité, les protestataires dénoncent une mise en application brutale du processus de Bologne prévoyant une harmonisation des cursus au niveau européen. Leur cible : le bachelor, ce diplôme intermédiaire qu'ils doivent décrocher en trois ans pour avoir une chance d'intégrer ensuite un master. "Pour des têtes bien faites et non bien pleines", proclame l'écriteau brandi par un manifestant berlinois.
Autrefois, les étudiants allemands restaient en moyenne jusqu'à 28-29 ans sur les bancs de la faculté. Ils modulaient librement leur parcours universitaire au gré de leurs envies. Mais pour répondre aux besoins du marché du travail, les trois quarts des filières supérieures outre-Rhin sont passées au système bachelor-master.
La réforme a contracté le temps d'études sans forcément aménager les programmes. "Nos emplois du temps sont surchargés, déplore Michael, grand gaillard en deuxième année de sociologie. A la fin, on n'en sait pas plus, car il n'y a plus de place laissée à la réflexion."
La grogne est attisée par l'engorgement de certaines filières. Pour être admis dans un master, c'est parfois la ruée. Les universités comptent souvent une bonne dizaine de candidatures pour une place. Nombre de recalés du numerus clausus partent pour l'Autriche où gronde aussi la contestation depuis fin octobre.
Le bouleversement des cursus n'est pas la seule cause de mécontentement. Les étudiants dénoncent les frais de scolarité, introduits par plusieurs régions depuis 2005. Et réclament plus d'argent public pour l'enseignement supérieur.
"La grève met le doigt sur de vrais problèmes, mais certaines revendications sont un peu contradictoires", ironise Frank Ziegele, directeur du think tank CHE. "Les universités souffrent d'un sous-financement chronique. Pour le résoudre, il faut plus d'argent du privé - un sacrilège aux yeux de beaucoup d'étudiants - et l'extension des frais de scolarité avec un bon système de bourses pour les plus défavorisés", estime le chercheur.
Outre-Rhin, les déficits du monde universitaire font régulièrement débat. L'Allemagne compte seulement 21 % de diplômés de l'enseignement supérieur pour une classe d'âge, contre une moyenne de 37 % dans l'OCDE. Seuls quatre établissements allemands figurent au palmarès international du Times Higher Education. En tête du peloton, l'université technique de Munich, à la 55e place.
Conscients du besoin de rattrapage, l'Etat fédéral et les Länder ont décidé, en juin, de consacrer quelque 18 milliards d'euros sur dix ans au secteur éducatif. Mais les étudiants les plus mobilisés contestent la répartition des fonds : pas assez pour l'enseignement, trop pour la recherche et la mise en compétition des universités.
Le Parti social-démocrate (SPD), tout juste renvoyé dans l'opposition, s'est engouffré dans la brèche ouverte par le mouvement de protestation. "Il nous manque chaque année 25 milliards d'euros pour être dans la moyenne des autres pays industrialisés", a affirmé le nouveau président du parti, Sigmar Gabriel.
L'Etat fédéral rappelle combien les Länder sont jaloux de leurs prérogatives en matière d'éducation. Les Länder soulignent que les universités ont largement gagné en autonomie ces dernières années.
Les étudiants ne désarment pas. Bénéficiant d'un certain appui dans le corps professoral, ils ont annoncé une nouvelle semaine d'actions pour début décembre.
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09.11.2009
La mutinerie des hussards (Le Monde)
LeMonde.fr - Aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir." Le 6 novembre 2008, Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers, dans la banlieue toulousaine, débute ainsi la lettre qu'il envoie à son inspecteur d'académie. Il est bientôt imité par de nombreux collègues un peu partout en France. Chez les hussards noirs, ces instituteurs chers à Charles Péguy, il y a de la mutinerie dans l'air ! Ils sont 2 835 professeurs des écoles à refuser les réformes les plus récentes du primaire. Un mouvement de protestation comme l'éducation nationale les affectionne ? Pas si simple. Les "désobéisseurs", comme ils se qualifient eux-mêmes, se démarquent des formes classiques de contestation.
Menée en dehors des syndicats, la démarche est atypique. Alain Refalo, militant depuis vingt-cinq ans au Mouvement pour une alternative non violente, et objecteur de conscience à l'époque où le service militaire était encore obligatoire, se réfère au philosophe et poète américain Henry David Thoreau, antiesclavagiste dont la théorie de la désobéissance civile a influencé Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King. En exergue, sur son blog, une citation de Georges Bernanos, "Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre", donne le "la". Sur le site du mouvement, une citation d'André Gide annonce la couleur : "Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des insoumis."
Deux mille huit cent trente-cinq réfractaires, c'est peu, au regard des 367 900 enseignants du premier degré. C'est beaucoup, pour un mouvement qui ne comporte aucune revendication catégorielle mais se cristallise sur la seule relation de l'enseignant à l'élève, et fait courir de vrais risques à ceux qui le suivent. Tous se regroupent autour de trois refus. Celui d'appliquer les nouveaux programmes de 2008, vécus comme un retour à des méthodes directives où les savoirs comptent bien plus que la manière de les transmettre. Celui, pour les directeurs d'école, de refuser de transmettre les données chiffrées de base élèves, un dispositif statistique jugé attentatoire à la vie privée. Celui, enfin, de l'aide personnalisée, mise en place, elle aussi, à la rentrée 2008.
Ce dernier point est le coeur du débat et l'élément déclencheur du mouvement. Conçue pour permettre un soutien scolaire de deux heures hebdomadaires en français et en mathématiques aux élèves en difficulté, elle est jugée beaucoup trop scolaire pour ne pas renforcer les jeunes en échec dans leur rejet du système éducatif. D'autant que, avec l'adoption de la semaine de quatre jours et la fin de la classe le samedi matin, les deux heures alourdissent un emploi du temps déjà important. Les hussards se mutinent mais ne désertent pas : ils prennent les élèves deux heures par semaine, mais sur des activités ludo-éducatives, théâtre ou jeux pédagogiques, plutôt que pour faire des mathématiques et du français.
Leur aversion pour les réformes du primaire traduit un divorce plus ancien entre ces professeurs des écoles, proches des méthodes participatives de Célestin Freinet, et leur ministère de tutelle. De 2006, avec le débat lancé par Gilles de Robien à propos des méthodes d'apprentissage de la lecture, jusqu'à aujourd'hui, le climat n'a cessé de se tendre entre le ministère de l'éducation nationale et les tenants des pédagogies actives, qui estiment que leur espace se réduit au sein de l'éducation nationale. Les désobéisseurs cristallisent ces inquiétudes et les portent sur la place publique. Non sans remous.
Au-delà des questions de fond se pose celle de la légitimité du refus d'obéissance : est-il légitime de rejeter les circulaires et instructions d'un gouvernement issu d'une majorité légitimement élue ? Sans surprise, le ministère répond par la négative. Confirmant les propos de son prédécesseur Xavier Darcos, Luc Chatel, dans une de ses toutes premières déclarations, a asséné : "La désobéissance n'est pas compatible avec les valeurs de l'éducation, avec l'idée que je me fais du métier d'enseignant."
Les dents grincent. Y compris quand Alain Refalo répond à l'invitation du pique-nique annuel "Paroles de résistance", organisé par l'association Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui, en présence de personnalités de la Résistance tels Raymond Aubrac et Stéphane Hessel. Eminemment politique, l'association se donne pour but de "refuser la récupération politicienne des combats et des valeurs de la résistance par le chef de l'Etat ainsi que pour célébrer les valeurs de fraternité et de solidarité du programme du Conseil national de la Résistance". Ce compagnonnage leur vaut de se faire stigmatiser par la droite comme "une passerelle jetée entre la mouvance anarcho-libertaire de la nébuleuse altermondialiste et la gauche institutionnelle qui fait depuis trente ans la pluie et le vilain temps dans l'éducation nationale" (Valeurs actuelles, 30 avril).
La réalité est plus complexe. S'il y a gros à parier que les sarkozystes doivent être fort peu nombreux dans leurs rangs, leur mouvance n'est pas idéologiquement homogène, entre pacifistes, gauchistes, gauche traditionnelle, non-syndiqués, syndiqués... Cette hétérogénéité se retrouve dans le rapport qu'ils entretiennent avec les syndicats. Aux prémices de leur action, ceux-ci ont considéré les trublions avec circonspection."Sud Education nous a immédiatement soutenus, explique Bastien Cazals, professeur des écoles à Saint-Jean-de-Vedas (Hérault). Pour le SGEN-CFDT, le SE-UNSA et le Snuipp, ce sont d'abord les adhérents des sections départementales qui nous défendent. Les directions nationales restent réservées sur nos formes d'action."
Quand elles n'y sont pas hostiles, comme le SE-UNSA : "Nous ne pouvons cautionner l'action individuelle. Seule l'action collective garantit la défense des salariés, explique Christian Chevalier, son secrétaire général. Au SE-UNSA, nous sommes légalistes. Nous considérons qu'en démocratie les fonctionnaires doivent appliquer les lois et les circulaires." Raisonnant à fronts renversés, le syndicaliste voit dans l'attitude des désobéisseurs face au dispositif d'aide personnalisée un possible... cheval de Troie du libéralisme : "Au nom de la liberté pédagogique, les désobéisseurs revendiquent la liberté d'action dans leur classe. Si l'enseignement et les méthodes varient beaucoup d'une classe ou d'un établissement à l'autre, les parents, dans une logique consumériste, vont choisir en fonction de ce que propose l'enseignant aux élèves."
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28.10.2009
La colère s'amplifie dans les IUT bridés par l'autonomie (20 Minutes)
20Minutes.fr - Paradoxalement, la loi sur l'autonomie des universités a réduit celle des instituts universitaires de technologies (IUT). Auparavant bénéficiaires d'une dotation d'Etat, ils doivent désormais négocier leurs moyens avec leur présidence locale. Jean-François Mazoin dirige l'IUT A de Paul-Sabatier, qui compte 5 300 étudiants. En tant que président de l'Assemblée des directeurs d'IUT, il est à la pointe de la contestation et appelle ses homologues à manifester devant l'assemblée nationale le 10 novembre, avant un rendez-vous avec la ministre Valérie Pécresse.
« En France, les IUT fonctionnent en réseau. Avec les mêmes programmes et les mêmes diplômes, donc dans une totale égalité des chances. Le système a fait ses preuves puisque le taux d'insertion de nos étudiants dépasse les 90 %. Avec des projets parfois différents d'un territoire à l'autre, la tutelle locale met à mal ce système », explique-t-il. D'après ses calculs, 59 IUT sur 116 rencontrent d'ores et déjà « des problèmes avec leurs universités de rattachement ». Par exemple, certaines charges salariales, auparavant payées par les universités, incombent désormais aux IUT. « Il est temps de nous donner une réponse politique, s'emporte Jean-François Mazoin, et de nous dire si oui ou non notre réseau est voué à la disparition. » W
H. M.
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"Le Snes contre les étudiants bouche-trous" (Libération) : Le Snes se "mobilise" à Lyon contre l'utilisation d'étudiants comme profs remplaçants
Classes.blogs.liberation.fr (par Véronique Soulé) - L'avantage avec Luc Chatel, c'est qu'il est si discret, si vague dans ses propos, qu'avec lui tout semble résolu. Pourtant il reste encore des sujets brûlants sur la table, comme la réforme de la formation des enseignants. A Lyon, le Snes mobilise contre l'utilisation d'étudiants comme profs remplaçants, résultat, selon lui, de cette réforme.
Le 19 octobre, le syndicat, qui est pourtant favorable à la réforme, a envoyé un courrier à ses membres. Il leur demande de refuser d'assurer l'encadrement des étudiants qui seraient envoyés dans leur établissement dans le cadre de "stages en responsabilité" (en classe seuls face aux élèves). A l'heure où l'on supprime des postes, le Snes y voit une façon détournée de recourir à du personnel précaire pour boucher les trous.
A l'origine du mécontentement, la circulaire du ministère de l'Education le 20 août 2009, portant sur l'organisation des stages des étudiants préparant les métiers de l'enseignement. Elle en prévoit deux sortes. D'abord des stages d'observation et de "pratique accompagnée" qui ne posent pas de problème: ils existaient avant et sont la première approche du terrain.
Le second type de stages - en responsabilité - fait, lui, débat. Avant ils étaient de 6 heures par semaine pour les futurs profs du secondaire. Juste après leur réussite au concours, ils avaient en effet une année de formation en alternance, généralement en IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) - l'apprenti prof discutait de son stage avec ses enseignants, analysait ce qui lui posait problème, etc.
Manif à Lyon, 5 fev 09 (Reuters) Avec la réforme, ces stages peuvent aller jusqu'à 108 heures maximum, payés 3 000 euros. Comme la formation est rallongée d'un an - il faut désormais un master (bac plus cinq) -, il s'agit ainsi, officiellement, de permettre aux étudiants les plus modestes d'avoir une activité rémunérée et de ne pas renoncer devant la longueur des études. Mais en même temps, l'étudiant doit décrocher son master et son concours... Ce qui ne parait pas évident, vue la charge de travail que représentent les cours - préparation, correction, etc - surtout lorsque l'on débute.
"Le rectorat de Lyon envisage de placer l’étudiant 18 heures par semaine devant les classes d’un collègue absent, l’autre possibilité étant de répartir le service d’un collègue entre deux étudiants, écrit le Snes. Il s’agit d’utiliser - certains pourront dire exploiter - des étudiants-stagiaires sous-payés pour assurer des missions de remplacement" alors même que le gouvernement supprime 3000 emplois d’enseignants-remplaçants. S'ils ratent leurs concours, poursuit le syndicat, ces étudiants "seront des candidats tout trouvés pour devenir vacataires ou contractuels."
Le Snes appelle donc ses adhérents à ne pas se porter volontaires pour assurer le tutorat de ces stagiaires, et à signer une pétition qui sera envoyée au Rectorat de Lyon.
La réforme de la formation des enseignants, au coeur de la dernière crise universitaire, reste inachevée et particulièrement confuse. Plus grand monde ne sait où on en est, si ces stages doivent débuter dès cette année ou l'année prochaine, si toutes les académies les mettent en place ou si c'est à la discrétion de chacune...
Le Snes réclamait depuis longtemps le recrutement des professeurs au niveau du master (et non plus de la licence). A ses yeux, c'est la reconnaissance d'un état de fait - la plupart des profs du secondaire faisaient cinq ans d'études. Et cela doit maintenant être suivi par une revalorisation financière.
Crédits photos, Reuters.
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27.10.2009
L'inquiétante démotivation des enseignants du second degré (Les Echos)
LesEchos.fr - Selon une enquête du ministère, 67 % des professeurs de collèges et lycées se sentent concernés par le malaise enseignant. Pis, 27 % d'entre eux songent à quitter l'enseignement du second degré, quitte à aller travailler dans le privé.
Voici des statistiques qui seront certainement étudiées de près par le ministre de l'Education nationale - et ancien directeur des ressources humaines d'une filiale de L'Oréal -, Luc Chatel. Selon une enquête réalisée par la société TMO Régions (1) à la demande du ministère, 93 % des enseignants de collège et lycée pensent qu'il existe un« malaise enseignant ». Surtout, 67 % des enseignants de collège et lycée se sentent « personnellement concernés » par cette problématique, un taux en augmentation de 14 points par rapport à 2005.
A la source de ce mal-être, les enseignants dénoncent une « absence de reconnaissance professionnelle » (citée par 47 % des sondés), devant les « conditions de travail »(33 %) et les « conditions de rémunération » (12 %). Perte de statut au sein de la société, attentes toujours plus fortes de la part des parents, accélération des suppressions de postes, stagnation des rémunérations… « Les professeurs ont l'impression qu'on leur demande toujours plus, sans pour autant qu'il y ait de quelconque reconnaissance »,juge Thierry Cadart, secrétaire général du syndicat d'enseignants SGEN-CFDT. La charge de travail est d'ailleurs particulièrement pointée du doigt. En moyenne, les enseignants à temps complet ont travaillé en 2008 quelque 18,5 heures par semaine, et ont consacré 9 heures à la préparation de leur cours, 5,5 heures à la correction des copies, 2,5 heures en recherche et formations personnelles, 1,5 heure aux échanges avec collègues et 1 heure à l'accompagnement individuel d'élèves. Un emploi du temps qui s'alourdit, selon 76 % des enseignants, du fait notamment de l'« hétérogénéité du niveau des élèves »- qui les oblige à adapter constamment leur enseignement -, du « manque de concentration »des collégiens et lycéens et des réunions croissantes avec les parents.
« Au bout de la chaîne »
Au final, tous ces facteurs aboutissent à une forte démotivation : 27 % des enseignants projettent ainsi d'arrêter d'enseigner en collège ou lycée. Parmi eux, près d'un sur deux souhaite effectuer une mobilité au sein de l'enseignement, en allant par exemple enseigner en université (14 %) ou dans un IUFM (11 %). Une autre petite moitié (43 %) souhaitent carrément quitter l'Education nationale, en allant vers la fonction publique (11 %), mais surtout dans le privé (23 %). « On est au bout de la chaîne : devant les difficultés, les enseignants sont de plus en plus prêts à renoncer à leur métier, à leur vocation », analyse Thierry Cadart.
Pour tenter de changer la donne, les enseignants avancent deux pistes d'action : en premier lieu (citée par 72 % des sondés), la diminution du nombre d'élèves par classe, qui pourrait permettre d'alléger leur charge de travail. Egalement, l'incontournable question des salaires (48 % des enseignants). Alors que le ministère et les syndicats sont actuellement en pleine négociation sur la revalorisation des carrières, Luc Chatel se sait donc attendu au tournant.
M. A., Les Echos
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26.10.2009
Que deviennent les anciens étudiants? (Le Point)
LePoint.fr - Quand les universités reprennent les méthodes des grandes écoles... Le ministère de l'Enseignement supérieur a décidé de mener une enquête inédite auprès des étudiants diplômés en 2007 afin de connaître leur situation sur le marché du travail.
Selon une information révélée par Le Parisien/Aujourd'hui en France , près de 100.000 ex-étudiants doivent recevoir à partir du mois de décembre un appel téléphonique de leur ancienne université afin de répondre à un formulaire de 30 questions, transmis dès lundi aux 83 universités de l'Hexagone. Parmi les questions posées : "Quelle est votre situation professionnelle ?", "Cet emploi est-il le premier depuis l'obtention de votre diplôme en 2007 ?" "Quel est votre type de contrat ?". Les universités devront remettre leurs résultats d'ici au 30 avril prochain. Dès juin, le ministère publiera une synthèse.
"L'objectif est double", assure-t-on au ministère. D'abord informer les étudiants, les lycéens et leurs familles sur l'insertion professionelle des filières universitaires. Puis, évaluer et renseigner sur la performance de l'université. "Les étudiants doivent savoir ce que deviennent sur le marché du travail les anciens de telle ou telle filière", argue Valérie Pécresse. "Aujourd'hui, quand on s'inscrit à l'université, on ne connaît pas le taux d'insertion de la filière choisie, contrairement à ce qui se pratique dans les grandes écoles. Ce manque d'information lisible creuse le fossé entre les initiés et les autres", explique la ministre dans les colonnes du quotidien.
Si elle est nécessaire, la démarche n'en demeure pas moins fastidieuse et onéreuse. Pour réaliser cette étude, des étudiants rémunérés seront mis à contribution, pour un coût global de 750.000 euros.
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Douaisis : une manifestation le 6 novembre à Arras contre le départ de l'IUFM de Douai (L'Observateur du Douaisis)
LObservateurDuDouaisis.fr - Alors que les élus de la Communauté d'agglomération du Douaisis ont voté, à l'unanimité, ce vendredi 23 octobre, leur opposition à la suppression de l'IUFM de Douai, plusieurs élus appellent à manifester le vendredi 6 novembre au matin devant l'Université d'Artois à Arras. Les bus partiront à 8 heures de la place du Barlet et reviendront à 11 heures au plus tard.
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