20.03.2009

Entre 11 000 et 35 000 manifestants à Strasbourg (DNA)

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DNA.fr - La manifestation strasbourgeoise a débuté à 15h25. La tête du cortège vient d'arriver Place Broglie, le terminus. Le cortège, extrêmement étiré, prouve combien la mobilisation est plus forte que le 29 janvier dernier.

A 19h10, la situation semble se détendre quelque peu entre la centaine d'étudiants et les forces de l'ordre. Les étudiants sont rentrés dans leur campus alors que les forces d'ordre les suivent, de loin.

 

 

A 19h, Face-à-face tendu à hauteur de la place de l'université entre une centaine d'étudiants et les forces de l'ordre. Un important dispositif policier est en place.

 

A 18h30, le cortège de manifestants s'est dirigé vers la place Kléber avant de partir vers le pont du Corbeau. Alors que les rangs s'éclaircissent, ils sont encore une bonne centaine à rejoindre leurs facs et notamment le palais universitaire. Pour cela, ils empruntent le quai Saint-Nicolas et bloquent la circulation.

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A 18h15, le groupe de manifestants est posté place de l'Homme de Fer. Suivis par un important cortège de voitures de la police, certains étudiants se placent sur les voies de tram et gênent ainsi la circulation. La circulation étant bloquée, la confusion règne place de l'Homme de Fer. Selon notre journaliste sur place, personne ne connait la suite du programme.

 

A 18h, un millier d'étudiants jouent au chat et à la souris avec les forces de l'ordre. Dans le quartier de la gare, l'ambiance est tendue, les commerçants rangeant le mobilier. Aucun contact entre étudiants et forces de l'ordre n'est à signalé. Les forces de l'ordre ont bloqué la rue du Maire-Kuss empêchant les étudiants d'y passer. Ces derniers gagnaient la place Kléber et le centre-ville.

 

Les étudiants poursuivent leur chemin Quelques centaines d'étudiants, 200 à 300 selon notre journaliste, ne se sont pas dirigés vers la place Broglie où la manifestation se termine, mais ont continué sur les quais, vers la place des Halles et le quartier de la Gare à Strasbourg. Certains étudiants, masqués d'un foulard ou portant des lunettes de natation s'apprêtent à croiser sur leur chemin les forces de l'ordre. Il y a quelques jours, les gendarmes mobiles ont dispersé une manifestation rue du Maire-Kuss, aux abords de la place de la Gare, en faisant usage de gaz lacrymogène.

 

17h30 : La police donne son chiffre : 11.000. La police vient de donner son chiffre sur la participation à la manifestation. Elle évalue à 11.000 (contre 8.000 le 29 janvier) le nombre de personnes qui ont défilé à Strasbourg.

 

16h55: nouvelle estimation, 35.000. Selon une nouvelle estimation, celle de la CFDT, un des syndicats qui appelaient à manifester, ce sont quelque 35.000 personnes qui ont défilé à Strasbourg. La manifestation vient de se terminer, la fin du cortège vient d'arriver place Broglie au centre ville.

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16h50 : 20.000 manifestants selon les organisateurs. La police ne donne pas pour l'heure d'estimation du nombre de personnes qui défilent à Strasbourg. La préfecture communiquera ultérieurement sur ce sujet. Selon les organisateurs, ce sont quelque 20.000 personnes qui défilent dans les rues de Strasbourg.

 

A 16h30, le début du cortège strasbourgeois arrive aux abords de la place Broglie où doit se terminer la manifestation, alors que les derniers manifestants viennent à peine de quitter la place de Lattre de Tassigny, près de la salle de la Bourse. Ce sont donc bien plus de manifestants qui défilent à Strasbourg que le 29 janvier dernier. On ne déplore aucun incident. Les forces de l'ordre sont très discrètes.

 

A 15h25, le cortège prend son départ . Le cortège des manifestants vient de prendre son départ à Strasbourg. Selon les premières estimations faites sur place par un de nos journalistes, il est plus important que le 29 janvier dernier. En tête du cortège, une banderolle avec les sigles de tous les syndicats qui ont appelé à manifester affirme : "Emploi, pouvoir d'achat, protection sociale, service public, ce n'est pas aux salariés de payer la crise".

 

A 15h15, le cortège des manifestants strasbourgeois n'a pas encore pris son départ, mais occupe toute la rue des Orphelins et jusqu'à la place de Lattre de Tassigny dans le quartier de la Bourse à Strasbourg, sur près d'un kilomètre. "Ras le bol de la politique Sarko", "Actionnaires prioritaires, salaires de misère, ça suffit", "Emplois supprimés, salariés licenciés, ça suffit" disent les banderolles. Le départ du cortège qui semble plus important que le 29 janvier (15.000 manifestants à Strasbourg) est imminent.

 

A 15h , les manifestants se sont regroupés en nombre entre la place d'Austerlitz, la place de Zurich et la place de Lattre de Tassigny à Strasbourg. Plusieurs milliers de personnes sont rassemblées. Le dispositif policier n'est pas visible pour l'heure. De nombreuses entreprises alsaciennes sont représentées. Les étudiants sont venus en nombre, ils seraient déjà au nombre de 3000 personnes.

Plus d'un million de manifestants interpellent Sarkozy (Nouvel Obs)

NouvelObs.com - Une mobilisation plus forte que le 29 janvier. Entre 1,2 million et 3 millions de personnes ont cessé le travail et manifesté jeudi une nouvelle fois à travers toute la France pour exiger de Nicolas Sarkozy et du gouvernement une autre politique face à la crise.

La police a recensé 1,2 million de manifestants, les syndicats 3 millions, soit plus que lors de la première journée nationale interprofessionnelle de manifestations du 29 janvier, au cours de laquelle entre 1 et 2,5 millions de personnes s'étaient mobilisées.

A Paris, un impressionnant cortège de 85.000 personnes selon la police, 350.000 selon les syndicats, s'est étiré en deux itinéraires différents sur un parcours total de quelque 7km entre la place de la République et celle de la Nation.

Dans la capitale, on comptait entre 20.000 et 50.000 manifestants de plus que le 29 janvier en fonction des sources. Les syndicats, qui exigent toujours des "gestes forts" en matière de salaires, d'emplois et de services publics, se rencontrent vendredi matin à Paris pour décider des suites.

Les grèves ont peu perturbé les transports et ont été moyennement suivies dans le secteur public avec notamment 21,1% de grévistes à l'échelle des trois Fonctions publiques, selon Bercy. A l'Education nationale, entre 30% et 60% des enseignants étaient en grève, selon les sources.

Mais c'est surtout la forte présence dans les cortèges des salariés du privé, en premier lieu ceux des entreprises touchées par des plans sociaux, qui a été remarquée.

En province, comme à Paris, les manifestants sont descendus par dizaines de milliers dans les rues, comme le 29 janvier. On comptait ainsi 80.000 personnes selon la police, 320.000 selon les syndicats dans les rues de Marseille, la plus grosse manifestation de la journée après Paris.

En Bretagne, les syndicats ont revendiqué plus de 215.000 manifestants répartis dans le Finistère, les Côtes d'Armor, le Morbihan et l'Ille-et-Vilaine.

A Toulouse, on comptait entre 41.000 et 110.000 manifestants, selon les sources. Parmi le flot des manifestants, marchaient en nombre les salariés du secteur privé, dont ceux de Microturbo, filiale du groupe Safran, de Sanofi-Aventis, d'Altran, d'Airbus et d'EADS Astrium et de l'équipementier Latécoère. On en recensait entre 36.000 et 100.000 à Bordeaux, selon les sources

A Grenoble, où entre 34.000 et 60.000 personnes ont manifesté selon les source, les salariés de Caterpillar où 733 emplois sont en cours de suppression avaient pris la tête du cortège. Ailleurs en France, on comptait entre 40.000 et 70.000 personnes à Nantes, entre 25.000 et 70.000 à Clermont-Ferrand, entre 24.000 et 45.000 à Lyon, 21.000 et 45.000 à Montpellier et, selon la police, 19.000 à Nancy, 11.000 à Strasbourg et Metz, 10.000 à Besançon.

A Paris, le cortège a quitté une place de la République noire de monde vers 14h. Salariés d'Air France, de Total ou encore une forte délégation de la métallurgie côtoyaient dans le cortège des personnels hospitaliers, des postiers, des cheminots, des étudiants, des enseignants ou encore des sans-papiers.

"Y'en a assez de cette société-là! Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, ça ne peut plus durer!" ou encore "Emplois supprimés, salaires bloqués, retraites comprimées, ça va péter!", scandaient les manifestants.

"On ne peut pas imaginer qu'une mobilisation de cette ampleur n'appelle pas une réponse nouvelle de la part du gouvernement", a lancé le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. "Laisser une telle mobilisation sans réponse, ce serait vouloir prendre des risques".

"Si le gouvernement ne veut pas bouger et qu'il y a des mouvements durs dans les entreprises, il en portera l'entière responsabilité", a prévenu de son côté le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly qui réclame des mesures pour les salaires et l'emploi, "une question de justice et de dignité". AP

Grève : mobilisation record! (M6)

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M6Info.fr - La journée d'action intersyndicale de ce jeudi a battu de nouveaux records de participation. Entre 1,2 et 3 millions de personnes sont descendus dans les rues de France. Un grand écart habituel, mais syndicats et préfecture sont d'accord sur une chose : il y avait plus de monde que le 29 janvier dernier. Au total, 213 manifestations ont eu lieu à travers tout le pays pour réclamer de nouvelles mesures contre la crise. Salariés du public ou du privé, étudiants, enseignants, retraités... tous ont exigé un nouveau plan de relance axé sur la consommation. Une option rejetée jusqu'à présent par Nicolas Sarkozy, qui préfère maintenir le cap sur l'investissement.
A Paris, les syndicats ont compté 350.000 manifestants, soit 50.000 de plus que le 29 janvier dernier. La police, elle, a recensé 85.000 personnes entre la place de la République et celle de la Nation, contre 65.000 lors du dernier rassemblement.
En province, si la participation était en baisse à Rennes (14.000 à 35.000) ou quasiment équivalente à Lyon (24.000 à 50.000) et Toulouse (45.000 à 90.000), les manifestants étaient, partout ailleurs, plus nombreux. Exemples : la manifestation marseillaise, qui a donné le ton jeudi matin, a réuni entre 320.000 et 80.000 personnes ; à Bordeaux, ils étaient de 36.000 à plus de 100.000 manifestants.
Dans les différents cortèges, une banderole revenait souvent : "La crise c'est eux, la solution c'est nous". Sur d'autres pancartes, on pouvait lire : "Prolo vs. Sarko" , "Je serai le président de MON pouvoir d'achat" ou encore "200 euros pour tous, tout de suite".
Pour les syndicats, il n'y aucun doute : cette journée est une nouvelle démonstration de force que le gouvernement ne peut ignorer. Et si cette deuxième journée d'action ne suffit pas à le faire plier, les syndicats ont d'ores et déjà prévenu : le 1er mai sera très agité...
Transports : plus de peur...
Ce mouvement de grève n'a finalement provoqué que peu de perturbations dans les transports en commun. Le trafic était quasi-normal dans le métro parsien, les bus, tramways et RER. Les usagers ont donc été plutôt agréablement supris en se rendant au travail. A la SNCF, 45% des trains express régionaux et 60% des TGV pour la France et l'international sont en circulation. La fin de la grève est prévue pour vendredi, 8 heures.
Dans les airs non plus, ce n'était pas la grosse pagaille : 30% des vols ont été annulés à Paris-Orly, où l'on comptait 50 minutes de retard en moyenne, et 10% à Roissy-Charles-de-Gaulle, avec des retards de 30 minutes environ. Huit syndicats d'Air France appelaient à la grève.
En province, les plus grosses difficultés dans les réseaux de transports en commun ont été enregistrées à Nice, Montpellier, Clermont-Ferrand, Dunkerque, Reims, Lorient, Cannes, Lyon, Bordeaux et Strasbourg.
Enfin, dans l'Education nationale, on a enregistré entre 35 et 60% de grévistes. Le service minimum a été appliqué par la plupart des mairies pour accueillir les élèves privés d'enseignants.

Plus de manifestants que le 29 janvier dans les grandes villes (Le Matin)

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LeMatin.ch - Il y a globalement eu davantage de manifestants que le 29 janvier dans les grandes villes jeudi, selon des chiffres concordants, la police livrant pour Rennes et Montpellier des chiffres de participation égale ou en baisse, contredits par les syndicats. (Photo : Toulouse)

AFP - le 19 mars 2009, 19h46

. Dans le Nord, à Lille, la manifestation a presque doublé son score selon les organisateurs avec 60.000 personnes (25.000 à 35.000 le 29 janvier). La police, après avoir confirmé une hausse de la mobilisation, a ensuite fait état de difficultés de comptage.

Le cortège a tourné à la démonstration de force de la CGT, massivement représentée dans tous les secteurs professionnels. Lycéens et étudiants étaient massivement présents.

. Dans le Sud-Ouest, à Bordeaux, 36.000 à plus de 100.000 personnes ont manifesté (34.000 à 80.000 oplllllllllllllllle 29 janvier). Des salariés du privé, nombreux, Carrefour, Dassault, Air France, faisaient banderole commune avec des enseignants, étudiants, universitaires : "La crise c'est eux, la solution c'est nous". Un manifestant déguisé en vache brandissait une pancarte "Parisot tête de veau".

. A Toulouse, 41.000 à 110.000 personnes ont défilé l'après-midi (56.000 à 90.000 le 29 janvier) au cri de "Augmenter les salaires, arrêter les licenciements" ou avec des pancartes : "Bientôt 50 ans et toujours pas de Rolex" ou "Proxénétisme du Medef, prostitution du gouvernement(eur)".

La manifestation a débuté par une parodie de procès du "roi Sarkoval" place du Capitole. Les Molex, entreprise sous-traitance automobile qui va fermer, étaient venus, déguisés en Gaulois, pour clamer sur une banderole "résister aux prédateurs".

. Dans l'Est, 11.000 à 35.000 personnes ont manifesté à Strasbourg (8.000 à 20.000 le 29 janvier) des slogans trahissant l'impatience : "Nous sommes tous des Guadeloupéens", "Travailler plus pour gagner plus, jusqu'à la mort et avec le sourire". Des salariés d'Alcatel et de Kronenbourg, des professeurs, des retraités côtoyaient chercheurs, chauffeurs routiers, travailleurs sociaux.

. La mobilisation était égale à celle du 29 janvier à Clermont-Ferrand et Grenoble.

. Dans l'Ouest, à Rennes, la police a annoncé une participation en baisse avec 14.000 personnes selon elle, contre 40.000 d'après les organisateurs (20.000 à 35.000 le 29 janvier). Le chiffre de police à Rennes étonne cependant les observateurs.

Mis à part Brest ou Le Mans, dans de nombreuses villes en Normandie (Caen, Alençon, Lisieux), Bretagne (Lorient, Vannes) ou région Centre (Orléans, Châteauroux, Tours), la police a noté une mobilisation en hausse sensible.

A Rouen, 23.000 à 50.000 personnes ont défilé (21.000 à 40.000 le 29 janvier). Selon des observateurs, il faut remonter aux grèves de 1995 pour trouver des manifestations plus importantes. Des incidents se sont produits au passage du cortège devant le siège local du Medef où des jeunes ont jeté des oeufs sur la façade, forcé les grilles et cassé quelques vitres.

A Nantes, l'imposante manifestation, qui a rassemblé de 42.000 à 75.000 personnes (35.000 à 55.000), a été marquée par des incidents entre l'intersyndicale et des syndicats anarchistes (CNT) ou étudiants (Sud).

. Dans le Sud, à Montpellier, 21.000 à 50.000 personnes ont protesté (30.000 à 40.000 le 29 janvier).

Toujours plus nombreux (DNA)

 

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DNA.fr - Environ 30 000 à Strasbourg, 8 à 10 000 à Mulhouse et 1 800 à Colmar selon des estimations « moyennes » : les manifestants alsaciens ont été encore plus nombreux qu'en janvier pour demander au gouvernement de changer de politique face à la crise.

Le parcours du cortège strasbourgeois avait été rallongé et ça n'a pas suffi. Quand la banderole de tête affirmant « Ce n'est pas aux salariés de payer la crise » est arrivée place Broglie, après avoir contourné le centre ville via la place de la République, la fin du défilé ne s'était pas encore ébranlée de la place de la Bourse.
Ils étaient 11 000 selon la préfecture et entre 22 000 et 35 000 selon les syndicats. C'est-à-dire nettement plus que le 29 janvier où les chiffres allaient de 8 000 selon la police à 20 000 pour les organisations syndicales.

De nombreux salariés
du privé étaient présents
dans les cortèges

La mobilisation d'hier à l'appel de l'intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA-CFE-CGC a effacé celle du 1er mai 2002 contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle (20 000 personnes). Elle est à classer parmi les deux ou trois plus importantes de ces cinquante dernières années, après la grande mobilisation de 1997 contre la tenue du congrès du FN (50 000 personnes) et Mai 68.
Même tonalité à Colmar où, avec près de 1 800 participants à la manifestation, on a dépassé le seuil du 29 janvier (1 350 manifestants). Et à Mulhouse où le cortège regroupait 6 000 personnes selon la police et de 8 à 10 000 selon les organisateurs. Deux autres petites manifestations ont eu lieu à Molsheim et Sélestat.
Les cortèges ont été renforcés par la présence plus importante qu'en janvier de nombreux salariés du privé. Les cortèges égrenaient la longue liste des entreprises touchées par la crise. Schaeffer, General Motors, Clestra, Knorr, Kronenbourg, Alcatel, Lohr, Behr, Mark IV, Ricoh, Liebherr, Timken, Peugeot, Faurecia, Novartis...
« Je suis en colère, expliquait Omar, salarié de General Motors Strasbourg défilant sous la bannière CGT. Ils me prennent mon argent et me mettent au chômage partiel. Depuis décembre 2008, nous avons eu une vingtaine de jours de chômage, pourtant il y a du travail. J'ai une famille à nourrir, une maison à payer et les actionnaires s'en mettent plein les poches. »
A ces délégations s'ajoutaient les composantes de la fonction publique, des enseignants, étudiants, retraités. Très forte présence également des travailleurs du secteur social qui s'opposent aux orientations de la réforme de leur convention collective (la convention 1966). « Nous avons un métier difficile. Nous travaillons avec des enfants polyhandicapés, expliquait ce groupe d'éducatrices employées d'un Institut médico-pédagogique. S'ils nous suppriment la convention de 66, on n'a plus rien, déjà qu'on n'est pas beaucoup payés ».

« Travailler plus
mais où et pour qui ? »

« Ça dépasse le mécontentement, c'est de l'exaspération, résumait Evelyne Isinger, secrétaire générale de la CFTC67 en tête de cortège. Nous maîtrisons encore la situation, mais de plus en plus les salariés vont se radicaliser ».
Pour Bernard Marx (CFDT), cette mobilisation réussie doit faire en sorte que le « gouvernement entende et mette fin au bouclier fiscal et au dédain social ».
Des propos relayés par les banderoles, autocollants et pancartes « Travailler plus mais où et pour qui ? », « Qui sème la misère récolte la colère », « Et demain, on mange quoi ? », « Actionnaires prioritaires, salaires de misère, ça suffit », « Sarko, tu mets la France à mal ». Il y avait aussi le désormais classique « Casse-toi pauv' con ! » et le plus récent « Nous sommes tous des Guadeloupéens ».

Olivier Claudonavec les agences

Le front syndical uni que le pavé (20 Minutes)

20Minutes.fr - Un cortège imposant. Le défilé interprofessionnel organisé hier après-midi à Strasbourg a rassemblé 11 000 personnes selon la préfecture, 35 000 selon les organisateurs. En tête, on retrouvait l'ensemble des syndicats derrière une banderole proclamant « Emplois, pouvoir d'achat, protection sociale, service public, ce n'est pas aux salariés de payer la crise ». Pour Bernard Marx, secrétaire de la CFDT Alsace, les travailleurs ont répondu en nombre, « car ils sont très inquiets. Dans certaines entreprises, le volume des carnets de commande a diminué de 30 à 40 %. » Son homologue de la CGT, Claude Leclerc, renchérit : « Alors que les plans sociaux se succèdent, la réponse du gouvernement est une politique entièrement tournée vers les entreprises. Il faudrait aussi soutenir le pouvoir d'achat. »

Très présent dans le cortège, le monde de l'éducation critique, lui, la méthode. « Nous voulons qu'il y ait un véritable dialogue pour les réformes, et pas un dictat », revendique Stéphane Untersinger, psychologue-clinicien et doctorant en psychologie à Strasbourg. Shannon, étudiant en lettres, se félicite pour sa part « de la convergence des mouvements sociaux actuels » et d'un cortège multigénérationnel. Et d'ajouter : « Je crois qu'il y a beaucoup de dysfonctionnements et plus de réels contre-pouvoirs dans notre pays. Aujourd'hui, c'est la rue qui remplit ce rôle. » Cependant, si la mobilisation sur le pavé s'est accrue par rapport à la manifestation du 29 janvier, il y a eu moins de grévistes dans les établissements scolaires (19,43 % contre 22,38 %, du 1er degré au lycée, selon le rectorat).