07.05.2009

Connexe : la préfecture dément que des policiers en civil aient provoqué des gendarmes mobiles (?) lors du 1er mai (Le Monde)

h_9_ill_1189811_e66b_paris.jpgLeMonde.fr - La préfecture de police de Paris a démenti, mercredi 6 mai, les allégations du Canard enchaîné du 6 mai, selon lesquelles des policiers en civil ont volontairement provoqué les gendarmes mobiles chargés de disperser la fin du cortège du 1er Mai à Paris, place de la Bastille. "Des allégations mensongères", a réagi Marie Lajus, conseillère technique du préfet de police, à la suite de la publications de l'article du Canard.

Mme Lajus reconnaît que des groupes de "policiers en civil sont présents dans les fins de manifestations pour interpeller les casseurs", une pratique qui s'est d'ailleurs développée depuis 2005. Selon l'article du Canard enchaîné, une demi-douzaine de policiers en civil "encapuchonnés, baskets aux pieds, crânes rasés et bardés d'autocollants 'Casse-toi pauv'con' ou 'Rêve générale'", ont semé le trouble sur les marches de l'Opéra-Bastille. Au final, des interpellations ont eu lieu, sauf concernant "la demi-douzaine de provocateurs qui réussissent à s'évaporer. Et pour cause", conclut Le Canard.

La préfecture de Paris dément également que les policiers en civil aient porté des cagoules, ou même des écharpes pendant la manifestation du 1er Mai. Une pratique qui, si elle est avérée, serait embarrassante pour le gouvernement, qui prépare un décret interdisant le port de cagoule lors d'une manifestation sous peine d'une amende de 1 500 euros.

La préfecture met au défi l'hebdomadaire de publier des preuves montrant que les policiers "pratiquent eux-mêmes des provocations pour susciter des infractions" ou portent des cagoules, se disant "certaine" qu'elles n'existent pas. L'hebdomadaire satirique déclare disposer de photographies de ces "chauffeurs", sortant peu auparavant "deux par deux, de fourgons de police stationnés boulevard Richard-Lenoir".

Les policiers en civil qui écument les manifestations font partie d'une "compagnie de sécurisation", créée officiellement en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, afin de "protéger les manifestants". Depuis, cette compagnie a participé à d'autres manifestations parisiennes, selon la préfecture, qui précise que d'autres agents "spécialisés dans la lutte contre la délinquance sur la voie publique" participent également à ce genre de manifestations. Selon Le Canard enchaîné"il est question de créer d'autres compagnies de sécurisation ailleurs en France".

04.05.2009

Strasbourg : Manif du 1er mai : Provocation policière

Source : DNA

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30.04.2009

Un 1er mai en pleine montée de fièvre sociale (Sud Ouest)

SudOuest.com - Depuis hier, 700 salariés landais de l'entreprise de meubles Capdevielle vivent encore davantage dans l'angoisse d'un éventuel licenciement. « 700 de plus », serait-on tenté de dire. Pas une journée ne passe sans une mauvaise nouvelle supplémentaire sur le front économique. Cette litanie de dépôts de bilan, plans sociaux et suppressions d'emploi va être, à coup sûr, le ferment de ce 1er Mai exceptionnel. Exceptionnel parce que unitaire (lire ci-dessous), mais aussi en raison d'un contexte particulièrement inquiétant qui peut faire craindre une explosion sociale en ce printemps 2009.

1 Tout va très vite dans cette crise

À la différence d'autres crises économiques, celle-ci se caractérise par une montée rapide et massive du chômage. « Il est frappant de constater que l'ajustement sur le marché du travail se fait très vite, explique Bertrand Blancheton, professeur d'économie à l'université de Bordeaux 4. « Les gens perdent leur emploi en quelques jours. Alors que la Bourse continue à progresser. Il existe aujourd'hui un décalage entre la profondeur de cette crise et la réaction des marchés financiers. Le public le perçoit bien. » Le filet de protection sociale français et les organisations syndicales jouent certes un rôle d'apaisement. Mais l'inquiétude est désormais plus profonde. D'autant qu'à un certain niveau de chômage, chaque Français connaît personnellement quelqu'un inscrit à l'ANPE.

2 Peur sur l'emploi : à qui le tour ?

À qui le tour ? La question est maintenant dans la tête de nombreux salariés qui craignent, parfois à juste titre, de subir les retombées d'une crise profonde et durable. « Il faut comprendre que ce pays a le moral dans les chaussettes depuis trente ans. Il porte un sentiment de rupture du contrat social et du modèle d'intégration, souligne François Dubet, professeur de sociologie à l'université de Bordeaux 2. Jusqu'à présent, ce sentiment reposait plus sur l'imaginaire que sur des faits. Cette crise économique lui donne brutalement une réalité. Les gens pensent que leurs enfants n'auront plus de positions garanties, qu'ils ne vivront pas mieux qu'eux. Même ceux qui imaginaient avoir un emploi à vie se mettent à angoisser. Le niveau d'anxiété augmente parce que le monde devient incertain. »

3 Une explosion possible

À cette pesante incertitude du lendemain, s'ajoutent la médiatisation de conflits très durs et la révélation quasi quotidienne de bonus financiers indécents à des dirigeants de grandes entreprises. Mais ce n'est pas tout. La contestation sociale a gagné de vieilles institutions et leurs représentants, que sont les professeurs d'université et les médecins. « C'est une crise d'une tout autre nature que la résistance de ces institutions à des réformes, qu'on les approuve ou non », explique François Dubet.

« Si cette crise rencontre la crise économique, une explosion est possible, ajoute le sociologue. Mais elle viendrait du fait qu'il n'existe plus de mécanisme politique pour la stopper. Entre un président tout- puissant qui agit de manière personnelle et l'extrême gauche, il n'y a plus rien. Il est étonnant de voir que Nicolas Sarkozy gagnerait l'élection présidentielle demain alors que les gens sont majoritairement mécontents. L'explosion sociale peut naître de ce vide politique. »

4 Une reprise pour plus tard

D'autant que le monde politique n'a plus guère de repères économiques. « Beaucoup parlent d'une reprise en 2010. En réalité, personne ne le sait. Et ce scénario me semble très optimiste », tempère Bertrand Blancheton. Le professeur d'économie rappelle à juste titre qu'après une année de croissance négative (2009), elle devrait être autour de zéro en 2010. « Le niveau de chômage devrait donc continuer à augmenter avant une véritable reprise. Les statistiques sur l'investissement sont quand même alarmantes. Et les indices de confiance se sont stabilisés à des niveaux très bas. » Pas de quoi se réjouir en cette veille de 1er Mai.