24.04.2009

Lyon : L'UMP fait une mayonnaise de trois oeufs sur sa caravane (Rue 89)

« 200 jeunes cagoulés caillassent depuis une heure la caravane UMP qui se trouve dans un petit village près de Lyon. » L'information est donnée ce jeudi en milieu d'après-midi par RTL, qui dit la tenir du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand. Une heure plus tard, l'article est retiré du site Internet de la radio.

Copie d'écran du site de RTL réalisée par LePost.fr

Contacté par Rue89, Benjamin Lancar, le président des Jeunes UMP, donne une version plus exacte et moins dramatique des évènements, tout en avançant un chiffre d'« environ 500 manifestants ». La scène s'est en fait déroulée en plein centre de Lyon :

« Environ 500 manifestants étudiants ont bloqué notre caravane place Bellecour à Lyon, dans les heures de midi. Nos deux jeunes caravaniers et leur chauffeur commençaient à s'installer quand ces étudiants ont commencé à leur lancer des insultes, des oeufs et des crachats.

« Certains étaient cagoulés. Trois contre cinq cents, ce n'est pas très courageux… Heureusement, les CRS sont arrivés au bout de trois quarts d'heure. »

« La démocratie et le débat selon l'extrême gauche »

« Nous condamnons fermement cette agression et nous appelons tous les mouvements politiques de jeunes à le faire également », ajoute Benjamin Lancar. Car l'exploitation politique ne tarde pas. Sur le compte Dailymotion de la caravane UMP, une vidéo est postée, avec ce commentaire :

« Place Bellecour, à Lyon, nos caravaniers se sont fait bloquer par des manifestants… Preuve en vidéo de ce que représentent la démocratie et le débat selon l'extrême gauche. » (Voir la vidéo)

 


Partenaire de Rue89, Lyon Capitale ne voit pas exactement la même chose. Son journaliste présent sur place écrit que si les manifestants sont 1500, seules une ou deux centaines ont traversé la place Bellecour vers 15 heures pour se rendre aux abords de la caravane et lancer des « Y'en a marre de ce camion, on lui dit casse-toi pov » con ».

« Quelques noms d'oiseaux, mais aucun caillassage »

Et « l'affaire » se dégonfle un peu plus encore quand la préfecture du Rhône donne sa version des faits à Rue89 :

« Il s'agissait d'une manifestation autorisée d'étudiants contre la réforme universitaire qui arrivait place Bellecour, et d'une caravane de Jeunes UMP également autorisée à s'installer sur la même place.

« Il y a eu quelques échanges de noms d'oiseaux, mais aucun caillassage. Nous n'avons retrouvé que la trace de trois oeufs. Certains étudiants portaient des cagoules, mais c'était plus en réaction à l'interdiction du port des cagoules prononcée hier par Nicolas Sarkozy que pour se cacher.

« Après, peut-être que les jeunes dans la caravane ont eu peur… C'est certainement pour ça qu'ils en ont rapidement informé Paris… »

Ce qui n'empêche le député-maire de Caluire et président de l'UMP du Rhône, Philippe Cochet, de donner une conférence de presse en fin d'après-midi : « Nous demandons solennellement à Marie-George Buffet et Olivier Besancenot de présenter des excuses pour ses événements. » Selon lui, ce sont des jeunes portant des autocollants du PCF et du NPA qui s'en seraient pris à la caravane.

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► Mis à jour le 23/04/2009 à 20h19, avec les précisions de Lyon Capitale.

Illustration : copie d'écran du site de RTL réalisée par LePost.fr.


Lyon : Avec deux oeufs, l'UMP intoxique la presse (LyonCapitale.fr)

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Vidéo : CLIQUEZ ICI

LyonCapitale.fr - L'habituelle manifestation des étudiants et enseignants-chercheurs du jeudi a connu une tournure nettement politique. En mal d'action originale, les 1500 manifestants ont eu la chance de rencontrer sur leur route, place Bellecour, la caravane de l'UMP. Chants, slogans et deux œufs lancés. L'UMP crie au scandale dans un grand numéro de désinformation. Reportage au coeur de l'“affaire”.

Il est environ 15h. La tête de la manifestation contre les réformes Pécresse et Darcos arrive de la place des Terreaux. Là, une centaine de manifestants traversent la place Bellecour pour se rendre directement à la caravane UMP, stationnée de l'autre côté.

Une dizaine de CRS sont déjà stationnés. Rapidement, le gros de la manifestation arrive à proximité de la caravane. Des étudiants ont le visage masqué pour protester contre le projet de décret visant à interdire le port de cagoules lors de manifestations. Des chants, des cris et des slogans fusent. “Bourgeois, on vous pendra...”, lance un militant communiste. Certains reprennent un “Y en a marre de ce camion, on lui dit casse toi pauv' con”. Puis le classique “Éducation, gratuite, publique et populaire” est lancé.

Derrière le cordon de CRS, le représentant local de l'UNI (la droite universitaire) commente calmement : “C'est la campagne européenne. On est là pour soutenir notre tête de liste Françoise Grossetête. Eux, ce sont l'extrême-gauche, la FSE (fédération syndicale étudiante, ndlr), ils mélangent tout. Ils ne sont pas contre une loi en particulier mais contre Sarkozy”.

Un autre militant UMP lance à la commissaire en charge de la manifestation : “Ils ont l'air calme”. Elle est moins affirmative.

Xavier Elbaz, le responsable Jeune populaire de la caravane a l'air surpris de cette confrontation : “On a été prévenu au dernier moment de cette manifestation. Nous n'avons pas la même notion de la démocratie. Je vois beaucoup d'autocollants PC”. Un militant plus aguerri relativise la situation, “no stress”, affirme-t-il.

La confrontation dure une demi-heure. Bernard Tessier, du SNASUB (syndicat des personnels BIATOS affilié à la FSU) passe dans les rangs avec le mégaphone : “montrons que nous sommes pacifiques. Allons-nous en”. Le gros du cortège se met en branle rapidement. Restent environ deux cents étudiants qui continuent à lancer des slogans. Il faut l'intervention des clowns de la “brigade du désordre” pour que tout le monde parte. C'est à ce moment-là que deux œufs sont lancés. Rien de plus.

Philippe Cochet au micro
Alors que la manifestation continue tranquillement jusqu'aux berges, le député-maire de Caluire et président de l'UMP du Rhône, Philippe Cochet, se répand sur les ondes des radios et dans les médias lyonnais. Il parle de “200 jeunes cagoulés qui ont caillassé la caravane”. Joint par téléphone, il déclare : “les étudiants qui manifestaient place des Terreaux, ont migré vers la place Bellecour, pour exprimer leur colère à travers des jets de pierre et d'oeufs. Des heurts à coups de pied de biche se sont également produits”.

L'UMP fait remonter son information jusqu'à Paris. Sur RTL, Xavier Bertrand déclare que “200 jeunes cagoulés auraient caillassé la caravane UMP pour les européennes à Caluire”. Une heure après, l'"information" a été retiré des ondes et du site Internet de la radio.

Contacté en fin d'après-midi, le responsable de la caravane parle désormais “d'une clé pour bornes incendie” qui aurait été lancée, de “crachats” et de “jets de canettes”. Alors qu'il n'en avait pas fait mention dans l'après-midi même. Ni la préfecture, ni la police ne font mention de ces incidents et d'aucune arrestation.

Le soir, lors d'une conférence de presse, Philippe Cochet change de version et reprend les propos du responsable de la caravane. Et il demande même "solennellement" à Marie-George Buffet et Olivier Besancenot des excuses pour ces "événements”. Selon lui, ce sont des jeunes portant les autocollants du NPA et du PCF qui s'en seraient pris à la caravane.

Bref, un grand numéro d'intoxication médiatique.

Lyon : l'UMP monte en épingle un prétendu caillassage (Le Figaro)

4ce7b91e-3039-11de-8e4c-74e0c74910a7.jpgLeFigaro.fr - Alors que Xavier Bertrand a annoncé jeudi après-midi un caillassage du bus de l'UMP «par 200 jeunes cagoulés», la préfecture du Rhône a démenti l'information et assuré n'avoir «retrouvé que la trace de trois œufs».

Xavier Bertrand a-t-il été mal renseigné par des militants UMP ou a-t-il joué un coup d'intox ? Toujours est-il qu'en confiant jeudi après-midi aux journalistes de RTL que «200 jeunes cagoulés ont caillaissé la caravane pour les européennes (…) dans un petit village près de Lyon», le secrétaire général de l'UMP a vraisemblablement commis une erreur.

Sur Rue89, le président des Jeunes UMP, Benjamin Lancar, donne une version des faits moins dramatique, et précise que la scène s'est déroulée en plein centre de Lyon. «Environ 500 manifestants étudiants ont bloqué notre caravane place Bellecour, dans les heures du midi. Nos deux jeunes caravaniers et leur chauffeur commençaient à s'installer quand ces étudiants ont commencé à leur lancer des insultes, des œufs et des crachats. Certains étaient cagoulés. Heureusement, les CRS sont arrivés au bout de trois quarts d'heure.» Selon l'AFP, seule une centaine de manifestants a encerclé la caravane.

 

Une manif et la caravane de l'UMP autorisées au même endroit

Pour la préfecture du Rhône, contactée par Rue89 et Europe 1, «il s'agissait d'une manifestation autorisée d'étudiants contre la réforme universitaire (...) et d'une caravane de Jeunes UMP également autorisée à s'installer sur la même place. Il y a eu quelques échanges de noms d'oiseaux, mais aucun caillassage. Nous n'avons retrouvé que la trace de trois oeufs. Certains étudiants portaient des cagoules, mais c'était plus en réaction à l'interdiction du port des cagoules prononcée par Nicolas Sarkozy que pour se cacher. Après, peut-être que les jeunes dans la caravane ont eu peur… C'est certainement pour ça qu'ils en ont rapidement informé Paris…».

Les Jeunes UMP ont malgré tout posté une vidéo de la scène sur Dailymotion, sur laquelle on voit plusieurs dizaines de manifestants et un cordon de CRS protégeant la caravane. Une «preuve de ce que représentent la démocratie et le débat selon l'extrême gauche», estiment les Jeunes Populaires. Et le député-maire UMP de Caluire Philippe Cochet, présent lors des incidents, d'accuser Olivier Besancenot sur Mag2Lyon.com «d'encourager une vision violente du débat démocratique qui se fait avec des jets de canettes». Selon l'AFP, Philippe Cochet compte porter plainte pour «volonté de dégradation et violences envers autrui».

Lyon : 1200 personnes dans la rue et des examens bricolés (Le Progrès)

get.aspx?iMedia=5372918LeProgres.fr - « On fait cela de manière totalement artisanale. C'est du bricolage ». Ce chargé de cours à l'Ecole normale supérieure lettres décrit la manière dont sera validé le deuxième trimestre dans sa filière. « On va proposer aux élèves d'assister à des journées d'études puis on les interrogera, soit par écrit soit par oral sur l'une de ces journées. On ne voulait pas pénaliser les grévistes, ni faire de validation automatique. Du coup on a trouvé ce compromis ».

Ailleurs, le bras de fer est plus dur. « Ce sont les enseignants qui décident. Et le rectorat n'a aucun moyen de vérifier ce qu'on fait. Il ne sait même pas qui est gréviste et qui ne l'est pas ! » assure ce professeur de mathématiques à Lyon 1. Dans cette filière, comme en biologie et en informatique, l'assemblée générale des grévistes a réclamé la validation automatique du semestre. « Lorsque 80 % des connaissances n'ont pas été transmises, nous ne pouvons faire autre chose que de valider les modules. Il est hors de question que les étudiants grévistes subissent une double peine ».

Dans la filière études sportives, également fortement touchée par le mouvement, une enseignante indique qu'elle organise une épreuve finale. Laquelle ? Le sujet portera sur les deux premières heures de cours du semestre, à savoir les seules qu'elle a données. « Et même ceux qui ne réussissent pas auront dix » précise-t-elle.

A Lyon 2 aussi, des discussions ont eu lieu au sein des filières sur la validation du semestre et chaque gréviste recherche la solution la moins pénalisante. En histoire, une enseignante indique avoir mis en place un suivi individualisé et validera des travaux demandés aux étudiants. En musicologie, une étudiante indique qu'une assemblée générale a demandé que la licence soit calculée sur cinq semestres seulement ». « Nous faisons en fonction de la situation » résume un enseignant. Lui-même a animé un ateliers « chansons de manifestation » pendant le mouvement. Il validera donc l'année des grévistes sur l'écriture « d'une petite chanson » et notera les non grévistes sur le programme du premier semestre. Toujours à Lyon 2 en sciences politiques, on s'oriente vers des partiels « rapetissés » selon un étudiant en licence. A l'Institut de sciences politiques, les examens devraient être repoussés d'une semaine avec un contenu normal, malgré la soustraction d'un mois de cours. En droit et en science économiques, Auriane et Justine s'attendent aussi à des épreuves normales. Ce qui provoque quelques inquiétudes. « Nous avons été une minorité à faire grève et des cours se sont déroulés dans des autres salles pendant le blocage des quais » explique Auriane. « Certains profs ne tiennent pas compte de nous. C'est anormal mais au pire on aura sacrifié un semestre » soupire Justine, qui compte bien participer encore à la prochaine manifestation.

Lyon : Quand une manifestation universitaire rencontre un bus des jeunes UMP

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