27.02.2009

La mobilisation faiblit sans plier (20 Minutes)

20Minutes.fr - Ils étaient nettement moins nombreux que lors des précédents défilés. Mais les opposants aux réformes dans l'enseignement supérieur ont gardé toute leur détermination. C'est le message que 800 d'entre eux ont voulu faire passer hier après-midi à Strasbourg. « Notre mouvement est parti pour durer. C'est ce que l'on ressent dans toute la communauté universitaire, assure Daniel Viville, chercheur au CNRS. Là, ce sont les vacances, mais la mobilisation va reprendre de plus belle en mars, avec un appel national à manifester. »

Parmi les manifestants, Patrick, étudiant, est convaincu « qu'un rapport de force est en train de se constituer ». Et l'annonce faite mercredi par le Premier ministre, François Fillon - une réécriture complète du décret relatif au statut des enseignants-chercheurs et des aménagements concernant la réforme de la formation des maîtres - n'a pas gommé le mécontentement. Celui-ci se cristallise autour de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU). Lors d'une assemblée générale qui a réuni hier étudiants, enseignants-chercheurs et autres personnels (Biatos), un appel unitaire à l'abrogation de la loi a été lancé. L'occupation d'un amphithéâtre et du hall de l'institut Le Bel (chimie) a aussi été décidée, alors que le Patio pourrait être débloqué afin de pouvoir y effectuer des travaux pendant les vacances. Enfin, outre les suppressions de postes prévues dans leurs rangs cette année, les personnels Biatos dénoncent une précarisation grandissante. Selon David Romieux, un de leurs représentants, « il y a de moins en moins de titularisations et de plus en plus de contractualisations de courte durée ».

26.02.2009

Entre 17 000 et 23 000 manifestants à Paris et en province (AFP)

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PARIS (AFP) — Entre 17.000 personnes, selon la police, et 33.000, selon les organisateurs, ont défilé jeudi en France pour protester contre les réformes de l'enseignement, selon un décompte non exhaustif des bureaux de l'AFP portant sur 15 villes à 18h00.

A Paris, entre 3.800 (police) et de 10.000 à 12.000 (organisateurs) personnes ont célébré symboliquement un "non-enterrement de l'enseignement supérieur et de la recherche".

Les manifestants, vêtus de noir et bougie à la main, sont partis de Port-Royal vers le Panthéon, en portant deux cercueils en tête de cortège.

Sur l'un était écrit: "RIP, Réformes intolérables de Pécresse" et sur l'autre "Riposte inébranlable Paris XI", parodiant la formule latine "qu'il repose en paix".

D'autres brandissaient une couronne de fleurs sur laquelle était fixé un panneau dédié "au service public d'enseignement supérieur et de recherche, ses fidèles serviteurs".

Dans la manifestation, se trouvaient des enseignants-chercheurs et des étudiants de Paris I, XI, XII, XIII et de Jussieu. Le CNRS, l'ENS Cachan, entre autres étaient également représentés. Parmi les syndicats, figuraient notamment la FSU, la CGT et l'Unef.

A Toulouse, entre 2.800 (police) et 7.000 (organisateurs) enseignants-chercheurs et étudiants ont manifesté. Sur une pancarte, on pouvait lire : "Chercheur CDD = Recherche DCD".

A Lyon, un cortège a rassemblé entre 2.500 et 4.000 étudiants et enseignants-chercheurs. A Grenoble, ils étaient entre 1.050 et 1.800.

A Rennes, un cortège de 1.700 à 3.000 personnes a regroupé des étudiants de Rennes 1 et 2, de l'IEP et des IUT --ces derniers s'étant masqué le visage de blanc-- ainsi que des enseignants-chercheurs.

Sur quelques banderoles, étaient inscrits : "Universitaire cherche remède contre absurdité gouvernementale" ou "Sauvez l'université, yes we can!".

A Nantes, entre 700 et un millier d'étudiants et enseignants ont défilé en organisant une "parodie de manif de droite", avec des slogans ironiques comme "Enseignants = feignants, chercheurs = glandeurs", "Gaucho, salaud, le peuple aura ta peau" ou "Sarkozy président à vie".

A Caen, ils étaient entre 1.200 (police) et 1.500 (organisateurs) manifestants, en majorité des étudiants.

A Montpellier, de 750 à 2.000 personnes ont manifesté, y compris des formateurs des IUFM de Nîmes et de Montpellier.

A Strasbourg, entre 800 et 1.200 personnes ont battu le pavé derrière une banderole : "Non à la casse du service public de l'enseignement". Ils étaient de 350 à 400 à Besançon, de 150 à 500 à Metz, ou 650 au Mans.

A Lille, le public a été convié à célébrer les "noces funèbres" du "mariage de Mlle Université Publique et M. Secteur Privé".

Une manifestation prévue à Boulogne-sur-Mer a été annulée faute de participants. Ils n'étaient qu'une vingtaine à Marseille.

Manifestations dans plusieurs villes (Libération)

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Sciences.Blogs.Liberation.fr - La mobilisation des universités et des laboratoires de recherche se poursuit, malgré les annonces du premier ministre François Fillon hier.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé jeudi à Paris, Rennes, Caen, Lyon ou Toulouse. A Paris, 10.000 à 12.000 personnes selon les organisateurs ont défilé de Port Royal au Panthéon où elles ont procédé à un non-enterrement de l'enseignement supérieur et de la recherche. Georges Debrégeas (Sauvons la Recherche) a pris la parole pour déclarer que les annonces du premier ministre ne peuvent pas satisfaire les manifestants en terme d’emplois pour les universités et la recherche, comme pour la réforme de la formation des enseignants.

Les manifestants, dont nombre d'entre-eux vêtus de noir et bougie en main, ont transporté couronnes de fleurs et cercueils. On pouvait y lire «RIP, Réformes intolérables de Pécresse» et «Riposte inébranlable Paris XI», parodiant la formule latine «requiescat in pace». Dans la manifestation,on pouvait voir des enseignants-chercheurs et des étudiants de Paris I, XI, XII, XIII, de Jussieu. Le CNRS, l'ENS Cachan,  l’Institut Cochin, l’Observatoire de Paris, l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales), entre autres étaient  représentés.

En province d’autres manifestations ont eut lieu. A Toulouse, entre 2.800 (police) et 7.000 (organisateurs) enseignants-chercheurs et étudiants. A Rennes, entre 1.500 (police) et 3.000 (FSU) personnes. Le cortège comprenait des étudiants de Rennes 1, de Rennes 2, de l'IEP de Rennes et aussi des IUT. A Caen, ils étaient entre 1.200 (police) et 1.000 à 1.500 (organisateurs) personnes, en majorité des étudiants. A Mulhouse, une centaine d'enseignants et d'étudiants de l'Université de Haute Alsace ont manifesté avec humour cet après-midi pour l'abrogation des décrets Pecresse et la levée des menaces qui pèsent sur 85 postes.  A Strasbourg, Rouen, Reims, Perpignan, des rassemblements ont eu lieu.

Les annonces de François Fillon, hier, suscitent des réactions contrastées. Le Snesup y voit un signe des «manœuvres en recul du gouvernement face à une mobilisation exceptionnelle du monde universitaire». Sauvons l’Université y lit une «timide ouverture» (lire communiqué intégral ci dessous). L'UNEF estime qu’elles contiennent «des premiers gestes de réponse à la mobilisation mais ils ne sont pas entièrement suffisants à ce stade», tout en soulignant que «ces annonces vont dans le bon sens» et constituent «des reculs qui en appellent d'autres», notamment sur la formation des maîtres. Le syndicat étudiant appelle à manifester le 5 mars. De son côté le Sgen CFDT, assez peu présent dans l’action en cours, y discerne à l’inverse des «gestes significatifs» du gouvernement qui vont permettre à la réunion des syndicats, vendredi avec Valérie Pécresse, de se tenir «dans un climat plus serein».

Par ailleurs, l'Associations QSF, Qualité de la science française vient de publier un communiqué suite à la rencontre hier de son président et de son secrétaire général, Antoine Compagnon et Paolo Tortonese, avec Mme Claire Bazy Malaurie, la médiatrice nommée par Valérie Pécresse.

Communiqué de SLU :

Après des mois de surdité et d’aveuglement, le communiqué de presse du premier Ministre en date du 25 février 2009 marque une reconnaissance, tardive et biaisée, de l’ampleur des revendications de la communauté universitaire. Nous attendons encore que ce nouveau discours donne un contenu explicite aux termes qu’il met en avant : « fonctionnement collégial », « transparence », « équilibre » demeurent pour l’instant des formules incantatoires.

Nous prenons acte de l’engagement de réécriture entière du décret statutaire des enseignants-chercheurs. Nous rappelons cependant que le cadre de négociation exigé par la communauté suppose le retrait de ce projet de décret et de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants ainsi que la restitution des postes supprimés en 2009 et le retrait du projet de contrat doctoral. Nous rappelons également que l’arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche constitue une revendication impérative de la communauté. Nous rappelons enfin que l’adoption d’un nouveau cadre législatif pour l’enseignement supérieur et la recherche permettant un rééquilibrage des pouvoirs au sein des établissements est aujourd’hui une exigence unanime de tous les acteurs de la coordination nationale des universités.

La réforme de la formation et du recrutement des enseignants ne fait ici l’objet que de déclarations vagues : la mise en place d’un « comité de suivi » ne saurait satisfaire la demande réitérée de retrait de la réforme ; le « temps de formation complémentaire pendant l’année de stage » demeure pour l’instant dans le flou le plus total (articulation entre le temps d’enseignement et la « formation complémentaire », rémunération).

L’annonce du gel des suppressions de postes d’enseignants-chercheurs en 2010 et 2011 et de la compensation en heures supplémentaires des postes supprimés en 2009 ne résout pas le problème du sous-encadrement des universités en postes administratifs, techniques et d’enseignants-chercheurs. Bien plus, elle annonce la poursuite des suppressions de postes de chercheurs et d’ITA. Elle laisse entière la question du devenir des emplois et du statut des personnels administratifs et techniques. La mise à disposition de professeurs agrégés du second degré ne peut tenir lieu de plan pluriannuel de création de postes d’enseignants-chercheurs. La question d’un “statut étudiant” ne fait en outre l’objet d’aucune proposition.

Enfin, toute réflexion sur la recherche est absente du communiqué : ni les questions de structures (démantèlement des grands organismes), ni celles de statut (contrat doctoral), ni l’articulation entre enseignement et recherche à l’université dès le premier cycle ne sont mentionnées.

Cette timide ouverture engagée par le premier Ministre doit renforcer la vigueur de la mobilisation universitaire. SLU demande que soient abordé en bloc l’ensemble des revendications et que les négociations soient menées dans un cadre interministériel : c’est tout le service public d’enseignement et de recherche qui est concerné. Tant que ces conditions ne sont pas réunies, toute négociation n’est que simulacre : c’est pourquoi SLU ne se rendra pas au rendez-vous proposé par Valérie Pécresse vendredi 27 février.

AG et manifestation: Étudiants et enseignants toujours mobilisés (DNA)

DNA.fr - La pertinence de l'occupation et du blocage du Patio (effectifs depuis jeudi dernier) étant remis en question par le départ en vacances des étudiants de sciences humaines, la décision a été prise d'étendre le mouvement à l'Institut Le Bel, dont les étudiants reviennent de congé lundi. La prochaine AG des étudiants y aura lieu, mercredi. Une manifestation a ensuite réuni environ un millier de personnes cet après-midi.

Parti du campus universitaire, le cortège a rejoint la place Kléber. Une centaine de personnes ont ensuite poursuivi le circuit en direction du tribunal, avant de rejoindre le quartier universitaire.

Lors de l'AG aussi bien que dans le cortège de manifestants, le scepticisme était de mise quant aux annonces récentes du Premier ministre François Fillon. «Semblant de recul, poudre aux yeux», commentait ainsi une étudiante.